Qui est Caroline Yadan ?
À l’origine de la proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », dite loi Yadan, retirée le 16 avril suite à une pétition ayant recueilli plus de 700 000 signatures, Caroline Yadan-Pesah est née en 1968 à Boulogne-Billancourt d’un père juif tunisien et d’une mère d’origine juive polonaise. Elle a vécu toute son enfance dans le XVe arrondissement de Paris, où ses parents tenaient un magasin de prêt-à-porter de vêtements pour enfants. Durant sa jeunesse, Caroline Yadan fait partie des Éclaireuses et Éclaireurs israélites de France (EEIF) et est animatrice et directrice de colonies de vacances au Yaniv (mouvement de jeunesse juif) pendant plus de dix ans.
Avocate en droit de la famille, elle est associée depuis 2024 dans le cabinet Yadan & Benghozi Avocats qu’elle a cofondé avec Sarah Benghozi Tellouk, actuelle vice-présidente du Consistoire de Paris. Elle dirige un temps le pôle antisémitisme de la Licra, avant de toquer à la porte d’En marche en 2017. En juin 2022, elle est élue suppléante de Stanislas Guérini aux élections législatives et le remplace le 23 juillet quand celui-ci entre au gouvernement. Elle devient alors vice-présidente du groupe d’études sur l’antisémitisme et secrétaire générale du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale en février 2023. Une dizaine de jours après les attentats du 7 octobre 2023, elle fait partie de la délégation française qui se rend en Israël sur invitation du lobby pro-israélien ELNET.
Après la dissolution de juin 2024, on lui propose de se présenter dans la 8e circonscription des Français de l’étranger, jusque-là chasse gardée de Meyer Habib. Elle est élue au second tour en bénéficiant d’un report des voix de gauche de la candidate Yaël Lerer. Faisant partie des « faucons de la majorité opposés à la diplomatie française », considérés comme « principales courroies de l’influence israélienne » (Mediapart, 21/10/2023), Caroline Yadan siège comme députée apparentée au groupe Ensemble pour la République (EPR, ex-groupe Renaissance), et non plus comme membre plein, depuis fin juillet 2025 et l’annonce d’Emmanuel Macron sur la reconnaissance de l’État palestinien.
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Terroriste anti-terroriste
Le 14 avril 2026, l’ONG israélienne Shurat HaDin a saisi la Cour pénale internationale, l’exhortant à examiner d’éventuelles poursuites visant le Premier ministre Pedro Sánchez pour complicité de « crime de guerre ». Shurat HaDin (Israël Law Center), spécialisée dans les actions en justice contre le terrorisme et la défense des intérêts israéliens et juifs, accuse l’Espagne d’avoir fourni à l’Iran des composants à double usage, tels que des détonateurs et des matériaux liés aux explosifs, susceptibles d’être employés, selon elle, à des fins militaires.
Fondée en 2003, Shurat HaDin affirme mener une stratégie de « guerre juridique » ciblant les réseaux de financement de groupes armés, d’États et d’entreprises accusés de soutenir des activités hostiles à Israël. L’organisation non gouvernementale est présidée par l’avocate israélienne d’origine iranienne Nitsana Darshan-Leitner, connue pour ses nombreuses actions judiciaires en Israël et à l’étranger. Elle évoque également, dans son ouvrage Harpoon, une coopération entre Shurat HaDin et le Mossad.
Nitsana Darshan-Leitner est mariée à l’Israélo-Américain Craig Arthur « Avi » Leitner (il a désormais choisi de se prénommer Aviel), ancien membre du groupe israélien dissous Terror Neged Terror, « Terreur contre le terrorisme ». En 1984, Aviel Leitner a été condamné, avec quatre autres colons juifs américains, pour une attaque armée sur un bus de travailleurs arabes en Cisjordanie, faisant six blessés, ainsi que pour des faits d’incendie criminel et de violences. Extradé des États-Unis vers Israël en 1986 pour y purger sa peine, il milite aujourd’hui au sein de Shurat HaDin.
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Panthéonisations
Des soupçons de corruption pèsent sur les conditions d’attribution des appels d’offres pour l’organisation des cérémonies de panthéonisation. L’analyse des contrats révèle des montants particulièrement élevés (2 millions d’euros par cérémonie), de possibles ententes préalables. Des informations auraient été transmises en dehors du cadre légal par le Centre des monuments nationaux (CMN), le ministère de la Culture et même l’Élysée.
L’entreprise au cœur de ces soupçons est Shortcut Events, détenue à 70 % par la société CPLL (dirigée par Christophe Pinguet et Lionel Laval) et à 30 % par Havas Participation. Elle a remporté tous les marchés publics pour les cérémonies de panthéonisation de 2002 à 2024 (de Dumas à Manouchian), chacune facturée autour de 2 millions d’euros en moyenne.
Une information judiciaire a été ouverte le 2 octobre 2025 par le parquet national financier pour favoritisme, prise illégale d’intérêts, corruption et trafic d’influence. Une perquisition devait être menée mardi 14 avril à l’Élysée, mais l’accès a été refusé au nom de l’article 67 de la Constitution, qui protège l’inviolabilité du président de la République. Des ordinateurs ont tout de même été remis aux enquêteurs.


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