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Les autrices ont vaincu le festival de BD patriarcale d’Angoulême

Le journal Libération a participé à l’opération d’éradication du Festival international de la BD d’Angoulême, et il n’est pas peu fier. Il a relayé la révolte des femmes esclaves et toutes (les journalistes sont des femmes) ont eu raison de l’organisation patriarcale et rendu le pouvoir aux fameuses autrices.

 

Depuis, c’est la fête chez les gauchistes féministes antifascistes, la sororité a vaincu le Démon. Mais quand on tourne la glorieuse page, on trouve la précarité durable, l’horizon sombre, la culture mercantile, la surproduction endémique, le sous-paiement des albums, la pulvérisation du public, et, surtout, l’idéologie maboule.

On vous a concocté un florilège des témoignages de celles qui ont accompagné ou participé à la révolte féministe, une illustration parfaite de comment se tirer une balle dans le pied : notre façon de voir les choses conditionne notre comportement, nos actions, et une idéologie, valorisante pour beaucoup de femmes, peut leur être aussi nuisible. La liberté totale est un leurre dans lequel beaucoup se perdent.

On commence par un constat : le festival est mort, maintenant, on fait quoi, ce week-end par exemple ? Eh bien de la coordination, de l’autogestion et de l’interconnexion.

Le Festival d’Angoulême n’a pas lieu cette année, mis au tapis par les autrices et auteurs excédés de ne pas être entendus dans leur colère. Et après le déluge ? Certain·es imaginent déjà d’autres formes, se coordonnent au sein des Fêtes interconnectées de la bande dessinée qui ont lieu tout ce week-end, de façon décentralisée et autogérée, dans une douzaine de villes françaises, ainsi qu’à Barcelone, Bruxelles et Mons (Belgique).

Avant toute chose, on ne veut pas de remarque désobligeante trop facile en commentaires. Merci de retenir vos chiens.

Emilie Gleason, autrice : « Je rêve de prix dotés, d’expos moins bondées et plus variées, que l’alcoolisme des hommes du milieu ne soit plus une fatalité (de me sentir d’ailleurs en sécurité auprès eux) ; d’une gratuité d’entrée, et qu’on mette la rentabilité derrière l’humain, car c’est pour moi le cœur de la BD. »
Et ce week-end ? « Je me baladerai aux FIBD au Ground Control et à la Maison des métallos (XIIe et XIe arrondissements de Paris) où racisme, sexisme et validisme ne sont pas les bienvenus. »

Émilie donne le ton. On est censés parler BD, soudain, on se retrouve dans une AG contre le racisme, le sexisme et le validisme (les gauchistes s’inventent toujours des discriminations). Étrange glissement.

Aurélie William Levaux, autrice : « Tout ce qui est d’avant-garde et loin des autoroutes commerciales serait absolument mis en avant. Idéalement, les auteurs “alternos” seraient logés décemment, comme l’étaient les auteurs commerciaux qui dessinent des femmes aux gros nichons et des noirs avec des grosses lèvres. Idéalement, les auteurs seraient payés parce que, bon, on aime bien la BD mais faut pas exagérer.
Et ce week-end ? « Je serai en train de réfléchir à comment diable ne plus être fauchée. »

On aborde la chose fondamentale, même pour les gauchasses : le pognon. Vous allez voir que dans d’autres témoignages, on retrouve ce même désir d’être subventionné(es). Paradoxal ? Évidemment.

Delphine Panique, autrice : « Le festival idéal, pour moi, ça serait un événement qui saurait sortir de l’entre-soi pour aller voir à l’hôpital, en psychiatrie. Je sais bien que cela suppose qu’il y ait de l’argent pour la culture, le social, les prisons, mais vous m’avez demandé un idéal ! »
Et ce week-end ? « Je serai du GirlxCott [nom de la “collective” née du boycott du FIBD, NDLR] de Toulouse, ravie de m’impliquer à fond dans l’organisation. »

Et voilà, encore une demande de pognon gratuit tombé du ciel, c’est-à-dire des salauds de droite qui bossent et qui sont majoritairement des hommes. Dégueuler sur les mecs d’un côté et leur taper du fric via la Culture, c’est-à-dire l’État, voilà un noble programme.

Elsa Abderhamani, autrice : « Puisqu’apparemment la bande dessinée, c’est le temple de la liberté d’expression, allons-y gaiement : je veux y voir des pénis de violeurs coupés, d’énormes vulves, du sang de règles, des noms d’agresseurs dessinés sur les bâtiments officiels. »
Et ce week-end ? « Je serai aux Fêtes interconnectées du Girlxcott Paris-93 où on va hurler, rire et parler fort. »

Marie Bardiaux-Vaïente, scénariste : « Ce festival idéal serait centré sur les auteur·ices. Il garantirait une rémunération des expositions, sans oublier les autres métiers de la BD – scénaristes, coloristes, traducteurs. On ne nous demanderait plus d’avancer des frais de déplacement ou de dormir chez l’habitant, parce qu’on n’ose pas dire que ça nous embête. Et quand ce n’est pas possible de faire autrement, il serait capable de réserver les rares chambres d’hôtel aux autrices. Ce festival aurait des organisateurs formés aux violences et harcèlements sexistes et sexuels. Et il offrirait des coupes-files aux artistes pour que nous aussi on puisse voir les expos. »
Et ce week-end ? « Je serai à Paris au Ground Control où je donnerai une table ronde sur les VHSS [violences et harcèlement sexistes et sexuels]. »

On va arrêter là parce qu’on a trouvé nos deux invariants : le fric, et le rejet des mecs. Conclusion : la Culture devrait nous donner du fric parce que les mecs sont des agresseurs. Salomé Lahoche, une autre autrice, le dit sans ambages :

« Mon festival rêvé serait gratuit pour le public, payé avec l’argent du ministère de la Culture. (...) Et les gens de l’organisation essaieraient pas de se violer entre eux. »

Tout n’est que viol et désir de fric. La précarité existe, et elle est d’abord due à un métier artistique, forcément risqué. Tout le monde ne fait pas du Astérix, et dans un autre article, une des filles (peu connue) avoue qu’une BD est aujourd’hui payée 6 000 euros par un éditeur (qui ne reversera pas un sou de plus en cas de ventes), que si elle bosse un an dessus elle ne gagne rien, donc elle la torche en 6 mois, d’où la multitude de BD « moi je » mal finies, plus en rough qu’en dessin réaliste.

 

 

La concurrence est rude, la survie incertaine : les hommes ne sont pas à l’origine de la crise de la BD. Si on était salauds, on dirait que c’est l’arrivée des autrices, survendues par les médias progressistes, qui a déséquilibré le marché de la BD. Mais on va être gentils et on va dire que pour les mecs, c’est aussi dur. Ils font moins dans l’introspection féministe ou cochonne, ils s’adressent à un public plus général...

 

 

Toutes les zotrisses interrogées ne sont pas aussi caricaturales (avec leur girlcott à la con) que ces cinq-là, mais toutes souffrent d’une idéologie commune qui n’arrange pas les choses. C’est même parfois plus une pathologie qu’une idéologie, quand elle est aussi en butte avec le réel. Faut pas se tromper de cible, les filles : le Système, il est dur avec tout le monde, et il est asexué. Tout est une question de seuil de souffrance. Et de talent. Le pire, c’est qu’elles n’en manquent pas !

 

L’autogestion des gauchistes, c’est quelque chose

 
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62 commentaires

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  • Fut un temps ou le nombre de cases était de 10/12 par planches et là quand tu vois, par exemple, la miss Dupré de la Tour (bon elle fait sa mise en couleur en aquarelle, quand même), on passe du 2 à 6.

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  • #3591407

    Ce n’est plus de la BD, c’est du manifeste woke. Aux oubliettes de l’histoire. Du bon Wolinski, ça c’est indémodable et du Fuck you qui tâche !!!

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  • #3591411

    Ceci dit les Angoumoisins ont pu, cette année, apprécier l’ambiance du festival " Grand Off". Pas de stars internationales mais cependant 70 lieux d’exposition et beaucoup de jeunes auteurs pas portés par les grandes maisons d’édition...Au lieu de l’envahissement hyper commercial, des interviews à l’espace Franquin imposées dans la rue par des hauts parleurs plein -pot, les vieux adolescents gaucho bobos quadragénaires débarqués du T.G.V en provenance de Paris ou Bordeaux ayant les moyens, un mois après Noël de s’offrir 3 ou 4 jours en location et les bras chargés de B.D dédicacées, un public régional plus jeune, moins friqué et bien plus frais rappelant, pour ceux qui les ont connues les années artisanales de ce festival où l’entrée des différentes "bulles" était gratuite...

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  • La dernière bd valable que j’ai lue c étais celle de Zeon, Soral et dieudo,trop rare à notre époque ce genre de bd..

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  • #3591505
    Le 4 février à 03:05 par Hepschtine, j’ai froid

    La bd comme le cinoche c’est un peu dépassé, à part peut être Wunderwaffen que je feuilletais en supermarché. Les mangas, je n’accroche pas, j’ai d’ailleurs eu du mal à les relier avec le Japon vu les dessins représentant des blancs. Et alors les histoires...
    Subventionner ça, c’est comme la politique ou les fonctionnaires en trop, de la dette inutile.

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  • #3591522

    Les seules BD que j’ai lues, c’était quelques tintins. Le trésor de Rakham le Rouge, ma première BD.
    Figurez-vous que les tintin sont passionnants : il n’y a pas de femme embêtante tout le long de ses aventures.

     

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  • #3591587
    Le 4 février à 13:41 par Palm Beach Post : "Cult !"

    Daniel Clowes

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  • #3591636

    Elles ont un avantage sur les auteurs, les autrices de BD, comme les actrices ont un avantage sur les acteurs. Elles peuvent toujours sucer le proxénète de leur maison d’édition, pour avoir encore le droit de faire le trottoir pour lui. A moins qu’elle se montent en bordel auto-géré, ou chacune serait à la fois sa propre autrice, éditrice, et cliente.
    Et si vendre son cul pour continuer à faire des bédés sur le sexisme, le féminisme, le trans-genrisme n’est plus un créneau assez porteur, il y a toujours moyen d’être édité si on fait un nouvel album sur la Shoah, ou les malheurs de Moshé qui ne peut pas génocider tranquillement à cause de l’antisémitisme ; peut importe que ça ne se vende pas, ça sera toujours subventionné par le ministère de l’inculture et acheté par les bibliothèques. Ou alors aussi, il y a peut-être un album ou deux (à défaut d’un billet) à faire, pour dénoncer le patriarchat Russe.

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  • #3591694

    Ok donc j’ai été voir ce que ces madames dessinent et bon Dieu, le niveau est spectaculairement affligeant. Et ce n’est pas un jugement de valeur : c’est juste un constat objectif. Même dnas le registre décalé, minimaliste ou avant-gardiste, c’est pauvre.
    Le problème n’est pas qu’elles soient des femmes.
    Le problème est qu’elle n’ont aucune rigueur, aucun génie, aucune réelle créativité. Ca se regarde le nombril, ça le dessine avec les pieds et ça pense que ça vaut quelque chose auprès des gens qui n’ont pas été décérébrés.
    L’industrie a chassé les vrais talents pour ne garder que des Nabillas - là aussi je le dis sans mysogynie.

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  • #3591818
    Le 5 février à 19:12 par géörgÿ schwàrtzµÿ

    à finkiejoli, malgré tous ces avertissements, il a osé consulter leurs pauvres oeuvrettes.
    Je trouve l’ensemble de la BD (actuelle) sinistre.
    Là il y a en plus un concept, des dessins (moches, à côté Bretécher c’est Rembrandt) torchés par des coincées entre fin quadra -début quinqua...
    Euh ben si elles font des petits, vous ne m’en garderez aucun hein.

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