N’importe quel militant E&R est dix fois plus informé, honnête et cohérent que l’agent gauchiste moyen qui occupe les médias en meute. S’il y a un remplacement des élites, il est bien là, et en cours : Johan Faerber incarne la gauche qui, malgré sa dénonciation des crimes israéliens, fascise tout ce qui bouge, transformant une simple droitiste en Eva Braun.
Plus besoin de passer par les médiations ou les amalgames habituels fournis par le CRIF, on fascise, un point c’est tout. C’est l’histoire du pigeon qui joue aux échecs, qui sent le mat arriver et qui fait valdinguer toutes les pièces en décrétant qu’il a gagné. Cette attitude infantile est la marque de la gauche aujourd’hui, qui n’a plus personne de sérieux à opposer à la montée du patriotisme indépendant, et on insiste bien sur indépendant. Parce qu’il y a un patriotisme dépendant... d’un autre patriotisme.
Des gens comme Lordon ou Bégaudeau pensent plus juste, mais eux ne confondent pas le vrai et le faux fascisme. Ils savent qui détient le pouvoir, ils le disent parfois de façon alambiquée (la peur du shit storm déclenché par une paléogauche paranoïaque et vigilante), mais on peut les détacher (et les délivrer) de la masse des Faerber, enchaînés à des dogmes qui sont autant de poids, et qui font couler la gauche entière au fond de l’océan.
C’est triste pour le débat : personne ici n’a envie de ferrailler avec les larbins gauchistes de médias mainstream, qui sont des abrutis pathologiques, et encore moins avec des Enthoven ou des Fourest, qui sont des menteurs pathologiques. Et à propos de Lordon, qui s’attaque au vrai pouvoir, il nous prédit (dans Le Monde diplomatique), comme Jova, un méga crash bancaire cette année, quelque chose de plus gros que 2008. Marins, à vos rambardes ! Survivalistes, à vos potagers !
Une cocotte-minute enfouie dans les bas-fonds de la finance dérégulée menace d’exploser. À l’abri des regards, le brouet du « private credit » y bouillonne depuis des années. Or les créanciers commencent à paniquer. Une crise dans ce secteur provoquerait une réaction en chaîne dévastatrice pour une économie déjà fragilisée par la hausse des prix de l’énergie.
La vague scélérate, on aime le concept, ça nous rappelle En pleine tempête, un grand film sur le libéralisme économique et la mort programmée des marins pêcheurs, couler pour survivre, en quelque sorte... Nous sommes tous des marins pêcheurs.
Les marins de haute mer l’appellent la « vague scélérate ». C’est une singularité monstrueuse de la mécanique des fluides océanique, une énormité qui sort du lot au milieu d’une mer pourtant déchaînée. Rien ne passe la vague scélérate, même les tankers ou les plus lourds porte-conteneurs la redoutent. Si la conjonction de tendances aussi bien financières qu’économiques actuellement à l’œuvre se confirme, nous en connaîtrons peut-être bientôt un équivalent. Les crises financières précédentes venaient d’un unique compartiment, bien identifié : les crédits hypothécaires titrisés dans le cas de la crise des subprime en 2007-2008, les actions des entreprises dotcom dans celui du krach Internet en 2000-2001. Ici l’alarme sonne aux quatre coins du tableau simultanément. Cependant qu’aux États-Unis un pouvoir politique dérangé fabrique de toutes pièces une gigantesque crise pétrolière dans le détroit d’Ormuz, d’où résultera une combinaison particulièrement violente de récession globale et d’inflation. On cherche pareil alignement de planètes pour le pire dans l’histoire du capitalisme — sans trouver.
Les crimes d’Eugénie Bastié par le juge Faerber, dit le Shérif
Passons aux travaux pratiques avec l’intervention de Faerber sur Blast. Faerber incarne bien la gauche LFI d’aujourd’hui, qui associe le tort et la raison, un ménage qui renforce le tort et affaiblit la raison.
« L’audiovisuel public, il faut le dire, a un problème. Il y a beaucoup trop d’éditorialistes qui sont à droite. Moi je ne connais pas, dans l’audiovisuel public, d’éditorialiste qui prendrait la parole pour dire, pour essayer d’analyser pourquoi il y aurait la possibilité d’un génocide à Gaza. Pourquoi, en fait, tant d’étidorialistes ne posent jamais la question de l’écologie. L’éditorialiste en France, et notamment dans l’audiovisuel public, c’est un éditorialisme de centre droit. Y a pas d’éditorialiste de gauche et encore moins d’extrême gauche.
Et donc depuis quelques jours on a appris qu’une figure de l’extrême droite, Eugénie Bastié, a été recrutée pour l’émission de rentrée, une sorte de rampe de lancement pour la présidentielle, L’Heure de vérité, et Eugénie Bastié, c’est quand même une égérie de la Manif pour tous, c’est-à-dire un mouvement homophobe, donc c’est une personne qui en fait n’est pas journaliste, c’est une personne qui est éditorialiste et qui confond les faits et les opinions.
Et son déplacement, en fait, le fait qu’elle soit recrutée, c’est comme pour donner un gage, en fait, comme si l’audiovisuel public donnait un gage, regardez, on vous a entendus, on recrute une éditorialiste fascisante pour poser des questions. Mais, le problème c’est que, pourquoi pas recruter Eugénie Bastié, mais pourquoi n’y a-t-il pas un face une, un ou une, éditorialiste d’extrême gauche ? Donc on voit bien que la balance elle se fait du côté en fait de la droite extrême et avec Eugénie Bastié, de l’extrême droite. »
"L'Audiovisuel public a un problème : Il y a beaucoup trop d'éditorialistes qui sont à droite"
"La fascisation du débat public, c'est quelque chose qui doit être au cœur des préoccupations de l'audiovisuel public. Parce que l'audiovisuel public n'a… pic.twitter.com/ic403WNzdN
— BLAST, Le souffle de l'info (@blast_france) May 12, 2026
Ces juges, roses, quels comiques ! Mais Faerber nous a vraiment faire rire quand il a sorti cette vanne : « L’audiovisuel public n’a pas vocation à représenter les délinquants. » Il devrait peut-être lire le rapport Alloncle et revoir ses propos, toute la délinquance de gauche en col (roulé) blanc s’est donnée rendez-vous sur le SPA pendant quarante ans.
Voilà, c’était la gauche empêtrée dans ses contradictions, qui veut plus de gauchistes dans les médias et moins de fascistes, alors qu’il y en a zéro (Pascal Praud est juste un fasciste centriste). Ou alors il faut s’entendre sur de nouvelles définitions de la droite et de la gauche, non pas fondées sur le pouvoir visible, mais sur le pouvoir profond. Là, ça change tout. Mais il n’est pas certain que la gauche Faerber suive...


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