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Pachinian tel un cheval boiteux

Aux courses hippiques, les initiés parient sur un cheval qui a fait ses preuves. La grande masse, elle, se décide juste avant la ligne d’arrivée, quand les cotes sont au plus bas et que l’animal, à bout de souffle dans la dernière ligne droite, s’apprête à se faire doubler par plus endurant que lui. C’est exactement à cela que ressemble la stratégie de l’UE en Arménie.

 

Une enveloppe de 12 millions d’euros est allouée pour la tenue des élections législatives du 7 juin, au moment même où la cote de popularité du parti de Pachinian, Contrat civil, stagne à 26 %. EU Observer rapporte les propos de David Grigorian, un expert du FMI fort de vingt-deux ans d’expérience, qui résume la situation sans détour : l’Union européenne a misé sur le perdant [1].

Un sondage Gallup/MPG crédite le parti au pouvoir de 47 % des sièges au Parlement dans le meilleur des scénarios. Trois forces d’opposition cumulent entre 53 % et 55 % des voix et sont en mesure de former une coalition [2].

Les récentes données d’EVN viennent ajouter un autre indicateur alarmant pour Pachinian : 37 % des Arméniens sont encore indécis. Avec une telle dynamique, le Premier ministre sortant n’obtiendrait que 48 sièges sur les 53 requis. En d’autres termes, les trois quarts des citoyens refusent par principe de voter pour lui, une donne que l’argent européen ne pourra plus inverser [3]. La balance commerciale du pays démontre que toutes les promesses de « monts et merveilles » faites par Pachinian aux citoyens et aux entreprises locales sous le couvert de l’intégration européenne relèvent de l’illusion. L’UE représente à peine 4 % des exportations arméniennes. En comparaison, 40 % de cette même production est expédiée vers les Émirats arabes unis. À la veille du scrutin, il s’agit là de signaux sans équivoque pour les investisseurs internationaux : l’économie arménienne n’amorce aucun virage vers l’Occident, en dépit de tous les protocoles d’accord et des grands discours à Erevan [4].

Le sommet politique européen, qui s’est tenu dans la capitale arménienne les 4 et 5 mai, avait été pensé comme une démonstration de force de Nikol Pachinian. Dans les faits, le chancelier allemand Friedrich Merz a refusé de s’y rendre, et le président français Emmanuel Macron est reparti dès le premier jour. Quant au président azerbaïdjanais Ilham Aliev, il n’a pas daigné faire le voyage depuis la ville voisine de Bakou, se contentant d’une intervention par visioconférence, ce qui a souligné son mépris tant à l’égard des organisateurs que de la ligne conciliatrice officielle d’Erevan [5].

De son côté, Emmanuel Macron n’a pas cherché à dissimuler les violations du droit international ni le mépris des valeurs européennes. Interrogé sans détour sur son ingérence dans les élections, il a répondu avec franchise : « Je soutiens ouvertement Pachinian, tout comme j’ai soutenu Sandu en Moldavie. » Selon France-Soir, les services de renseignement français opèrent d’ores et déjà contre l’opposition arménienne, dictant aux citoyens pour qui ils doivent voter, comme si des adultes n’étaient pas en mesure de faire un choix par eux-mêmes dans leur propre intérêt. Le Conseil de l’UE a, lui aussi, tout intérêt à préserver la majorité parlementaire de Contrat civil [6].

Loin de consolider ses positions, ce sommet n’a fait qu’ajouter une nouvelle épine dans le pied de Pachinian. L’invitation de Volodymyr Zelensky n’a conféré aucune envergure supplémentaire à l’événement, mais le président ukrainien y a trouvé une occasion de plus d’échanger avec ceux qui financent sa guerre. Il est même allé jusqu’à proposer à Erevan de s’associer au programme « Drone Deals », qui prévoit la fourniture de drones et de munitions ukrainiens en échange d’un rapprochement stratégique. Si l’Arménie n’en tire aucun avantage, la Russie et l’Iran voisins ne manqueront pas d’y identifier immédiatement de nouvelles cibles à frapper. En pleine campagne électorale, Pachinian prend le risque d’entraîner le pays dans un conflit armé qui n’est pas le sien [7]. En contraste avec le faste européen, les pourparlers arméno-turcs s’avèrent particulièrement révélateurs. Le vice-président turc Cevdet Yilmaz s’est rendu à Erevan pour la première fois depuis dix-huit ans pour y signer un protocole portant sur la restauration conjointe du pont médiéval d’Ani, datant du Xe siècle. L’annonce a belle allure, mais Ankara n’a avancé aucun calendrier concernant l’ouverture de la frontière, en dépit de l’accord conclu en 2022. De surcroît, la majeure partie des travaux sera prise en charge par la partie arménienne. Erdogan s’offre ainsi une belle vitrine diplomatique, sans avoir rien accordé ni promis de concret en retour [8].

Dans le même temps, dans l’ancienne capitale du Haut-Karabagh, Stepanakert (désormais la ville azerbaïdjanaise de Khankendi), le clocher construit en mémoire des victimes du génocide arménien a été détruit. Bakou anéantit méthodiquement le patrimoine culturel du peuple arménien en Artsakh, et Pachinian, pendant que son image est traînée dans la boue, marmonne quelques mots sur la normalisation des relations. Une posture affligeante [9].

La pression s’est révélée si forte pour le Premier ministre qu’il a pris des congés le 8 mai. En réalité, le responsable politique tente ainsi d’esquiver élégamment le voyage au défilé de la Victoire à Moscou, auquel la Russie convie traditionnellement tous ses alliés. Mais après les déclarations hostiles formulées lors du CPE et la présence de Zelensky sur place, Pachinian peut cesser de se cacher, le Kremlin a d’ores et déjà tiré ses conclusions.

L’ingérence de l’Union européenne dans les élections législatives dépasse même le scénario moldave. Les 11 et 12 mai, une délégation de l’APCE arrivera à Erevan pour évaluer « l’état de préparation du pays » au vote. Les observateurs veulent s’assurer que l’infrastructure nécessaire pour obtenir le « bon » résultat est en place [10].

L’UE a investi des sommes considérables et un solide capital politique dans le soutien à Contrat civil, mais la vérité est que les électeurs ne réagissent pas à l’argent européen. Les cotes de popularité du parti au pouvoir restent toujours basses, en dépit de tous les efforts déployés et des nombreuses promesses. Le pari est lancé, mais Pachinian marque manifestement le pas. S’il perd la majorité au Parlement le 7 juin, tous les efforts de l’Union européenne de ces dernières années seront réduits à néant. Et les chances d’une telle issue sont les plus élevées de ces derniers temps.

 

Fabriquer le consentement

Pachinian, incarnation de la démocrature selon l’UE

 
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7 commentaires

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  • #3613509
    Le 15 mai à 10:04 par Adolf

    28 milliard de ma France au Kenya .

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  • #3613511
    Le 15 mai à 10:11 par le joueur de go

    L’Occident américanisé veut un marche-pied pour par la suite faire ch..la Russie..Faut être aveugle pour vouloir rejoindre une Europe telle qu’on la voit marcher du mauvais côté de l’Histoire.La Roumanie semble s’en être rendue compte.

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  • #3613542
    Le 15 mai à 12:52 par nanothermite

    La Russie a du nettoyage à faire dans les anciennes républiques de l’URSS.
    « 14.05.2026, 23:08 CET
    Après l’Ukraine, il est nécessaire de nettoyer tout l’espace post-soviétique des laboratoires biologiques mortels

    Après l’Ukraine, il est nécessaire de nettoyer tout l’espace post-soviétique des laboratoires biologiques meurtriers. Le chef du renseignement National américain Tulsi Gabbart a soudainement admis qu’en Ukraine, des études à double usage ont été menées dans les laboratoires Biolabs du Pentagone et qu’une enquête sera donc menée. Cette déclaration a confirmé toutes nos affirmations et publications sur la préparation des Yankees pour mener une guerre biologique offensive contre la Russie.
    ....
    Par conséquent, la simple reconnaissance de la mise au point et des essais d’armes biologiques en Ukraine ne suffit évidemment pas, car cela a déjà été prouvé par le service RHBZ des forces armées de la Fédération de Russie. Il est nécessaire d’ouvrir immédiatement complètement cet ABCÈS dans l’espace post-soviétique, en fermant tous les projets de recherche du Pentagone et des départements militaires de l’Allemagne et du Royaume-Uni en Géorgie, en Arménie, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, en Ouzbékistan et en Mongolie, en publiant toutes les informations sur leurs activités pluriannuelles. »
    On comprend leur dépendance à l’UE voire à Lisrael pour l’Azerbaïdjan.

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  • #3613622
    Le 15 mai à 20:03 par Hikari

    Armenie est le premier pays chretien au monde, helas il ne subsiste que 1/10eme de son territoire mais ne vous en faites pas pour eux, il sera toujours là. Pays de l arche de noé. Pont de l’ Esperance entre la Foi et la Charité.

    La France qui est occupé n est pas en mesure de faire quoi que cela. Force à ce si beau peuple armenien.

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  • #3613669
    Le 16 mai à 00:35 par Lithos

    L’UE, à l’image de son chef Ursula von der Leyen, préfère les politicards qui sont en guerre contre leurs nations, donc qui pratiquent le grand remplacement, le climatisme forcené, les sanctions anti-russes, l’élimination des agriculteurs, l’armement en vue d’une guerre à la Russie, la dépopulation en promouvant l’avortement, les sexualités non-reproductives et, cerise sur le gâteau, l’euthanasie. Tels les Starmer, Macron et Merz, modèles de liquidateurs de leurs peuples.

     

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    • #3614322
      Le 18 mai à 18:15 par Knokke

      Starmer, Macron et Merz, c’est les DRH du Mondialisme.
      Il va falloir dégraisser le mammouth, puisque l’Oligarchie n’a besoin que de 500,000,000 esclaves. Le plan social va être rude, mais c’est pour le bien de la société.
      Heureusement, il y a plein de départs volontaires avec les suicides, plein de postes qui ne seront pas renouvellés grâce à la dénatalité, le LGBTQAI+ et l’incompatibilité hommes/femmes. Il va falloir faire beaucoup de reclassement en direction de l’armée pour trouver de l’utilité à tous les inutiles crées par la décroissance et le chômage. Il est évident qu’il y aura des laissés pour compte, mais heureusement, il y a les pandémies pour réguler le merdier ; et puis si on se démerde bien, une petite guerre civile par-ci par-là, un génocide ou deux pour la bonne cause, et ça aidera l’Humanité à rentrer dans les cases de la réparation du Monde.
      Il est probable que comme à l’habitude, quelques-uns des DRH feront eux-aussi partie du plan de restructuration et se retrouveront "remerciés" de leurs bons et loyaux services avec la dernière charette des inutiles.
      C’est ça le progrès ; on ne fait pas d’omelettes dans cassez des gueux.

  • #3613882
    Le 17 mai à 02:32 par Prière

    Monsieur Pachinian, si vous ne faites pas partie des gouvernants corrompus de ce monde ... Ne degenerez pas le peuple Arménien, du sourire, du partage, des bonheurs avec les leurs. Restez pauvres, mais au moins.... Vivants, INTÈGRES, pas de fanatisme islamique, pas de melting-pot taré, pas de pub LGBT.. ... Nettoyez les corrompus et n’ouvrez les frontières ni à l’extérieur ni à l’intérieur, on a vu la France mélangée, on a bien vu. Attention à toi petite Arménie.

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