Erwan, c’est un Breton hyperactif, ou HPI, qui a réussi à créer un environnement dans lequel épanouir et exercer son handicap : une cuisine de restaurant. Il a sept ou huit bras, comme la déesse hindoue Gamelle, ou Gamesh, on n’est pas spécialistes (chercher sur Google IA on n’a même pas le temps), ou le bonhomme de Léonard de Vinci, l’ancêtre des autoroutes.
Erwan se démultiplie, il fait en même temps les entrées, les foies gras, les desserts, les viandes, les truites, ce qui demande une coordination formidable, et tout ça, sans grand personnel, à part Kevin en salle.
Il parle beaucoup, mais c’est à la fois pour traduire et évacuer le stress, comme la fumée de la locomotive. C’est à ce prix que son resto marche à mort, avec en plus l’aide de YouTube et des réseaux sociaux : on sait à qui on a affaire. La preuve, un couple de Belges descendu à Paris a fait un écart jusqu’en Bretagne rien que pour manger chez Erwan.
Le sens de tout ça ? La confiance. Aller dans un nouveau resto présente tellement de risque, quand on n’est pas fortuné, que la présentation en vidéo – pas grossièrement publicitaire – de la cuisine et du cuistot, ça rassure.
Le terroir ne ment pas
Ce que veulent les clients aujourd’hui, ce n’est pas seulement de la vidéo et de la proximité, mais de l’authenticité, et ça, ça ne s’invente pas. Erwan ne passe pas par une agence de com’ pour sa promo : si c’était le cas, il se couperait les tifs et parlerait moins : il se ferait formater. Des fois il drague un peu les clientes. Attention, la France n’est pas sortie du wokisme.
Cette France bénie existe toujours, elle aura du mal à mourir, fort heureusement. Elle passera les guerres, les Macron, et toutes ces sa, sa, saperlipopetteries. Erwan a l’intelligence de mettre des tableaux pas dégueulasses aux murs, un échange de bons procédés entre artistes de la fourchette et du pinceau. En plus ce dingo a mille références de pinards, ce qui signe le niveau de qualité de la maison. On en connaît chez nous qui planteraient la tente dans la cave.
« Si on boit qu’un verre, on sort boiteux, tandis qu’avec un deuxième, on se rétablit. » (Un client)
On précise qu’on n’y a pas bouffé, mais vu l’affluence, ça n’a pas l’air repoussant. Quand on passera en Bretagne, un pays coincé entre la France et l’Amérique, on ira chez Erwan avec l’article sous le bras. Si on peut gratter un petit 10 %... Eh, oh, faut bien bouffer !
La recette d’Erwan est simple : une cuisine de brasserie familiale, certes, mais avec des bons produits du coin, on dit du terroir. À l’arrivée, ça ne peut pas être mauvais, à moins de louper les cuissons ou les dosages, mais avec l’expérience, c’est rare.
Message aux jeunes qui nous regardent : le vin c’est très bon, mais en petites quantités. Si vous en buvez trop, par exemple si vous avez des problèmes, eh bien vous allez dérailler, et votre vie sociale sera foutue. Sachez qu’à la place d’un gramme de cocaïne, pour un prix de 70 à 80 euros, vous pouvez vous offrir soit une très bonne bouteille, soit deux ou trois correctes, et les boire en plusieurs fois avec vos amis, si vous en avez. On appelle ça la convivialité, c’est ce qui ressort de la vidéo d’Erwan.
Ensuite, essayez d’adapter la bouffe au pinard, c’est mieux, sinon ça jure dans la bouche. Enfin, le vin est généralement français, et ça fait vivre nos vignerons, alors que la coke fait vivre de bien vilains Colombiens ou Boliviens qui tuent des gens (mais ça on s’en fout) et qui font surtout du mal à notre balance commerciale. Nous, quand on boit du vin, c’est surtout pour résorber le déficit.
Pinard et cinoche


et
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