Et si le vrai clivage n’était pas celui qu’on croit ?
27 juin 19:28, par JeanBourrinJe suis d’accord que le seul clivage civilisationnel, c’est celui entre civilisation de l’écriture et civilisation de l’oralité. Ces deux types de civilisations sont fondés sur deux façons de pensées diamétralement opposées. La maîtrise de l’écriture, issue d’un lent processus d’alphabétisation, confère un recul sur la parole qui débouche sur la littérature, la philosophie, la science, l’état civil, le droit, la logique, la critique, l’analyse. À l’inverse, l’oralité demeure au niveau pré-logique et sacralise la parole en en faisant un agent immédiat et effectif capable d’influer sur le cours du monde, d’où les prières, les imprécations, les bénédictions, les malédictions, les invocations à des divinités, les formules rituelles, les interdits religieux.
Si l’islam provoque le rejet qu’on connaît, c’est que contrairement à toutes les autres, c’est la seule civilisation qui n’est jamais réellement passée à l’écriture. Elle était et demeure une religion orale. L’islam appelle même les juifs et les chrétiens les "gens du Livre", en s’excluant de cette catégorie. En effet, les sourates ne formaient pas un livre à l’origine, mais une récitation, et encore aujourd’hui, le Coran n’est pas lu pour être compris ou analysé, mais pour être récité, lu phonème par phonème. Le prophète de l’islam était lui-même un illettré notoire. Comparée aux autres civilisations, le monde musulman est celui où le taux d’alphabétisation est le plus faible et où la production littéraire est quasiment inexistante. Plus proche de nous, on peut constater à quel point l’immigration musulmane en France conserve un faible taux d’alphabétisation malgré sa scolarisation, et préfère les formules stéréotypées typiques d’une culture incantatoire pré-logique (wallah, starfoulah) à la construction d’une pensée complexe qu’on retrouve dans les autres groupes. Observons aussi que la plupart des conversions en Occident concerne des populations illettrées qui sont restées dans un univers mental pré-logique, où la parole a moins valeur de concept ou d’hypothèse, que celle de création fantasmatique magique.
Par conséquent, l’opposition me semble indépassable. Il n’y a pas de compromis possible entre l’écrit et l’oral, entre le logique et le pré-logique, entre une culture lettrée et une culture illettrée.
Alain Soral et E&R
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