Jean-Baptiste Rivoire de Off Investigation passe son grand oral chez Thinkerview
11 mai 19:15, par Atchoum BabyOn travaille sur des hypothèses et des probabilités pour livrer un récit qui tient la route, avec un but annexe : éviter d’être par la suite contredit par le bombardement de faits qu’on appelle grossièrement l’actu.
Mille récits peuvent tenir la route qui ne seront pas le récit des événements réels. C’est pourquoi votre absence de méthode et de formation à la méthode est casse-gueule. Travaillez La nature et la portée de la méthode scientifique (Vrin) d’Emile Simard, c’est la base quand on fait des recherches dans quelque domaine que ce soit. Le but principal d’une enquête est de coller à la réalité, pas à la vraisemblance : à la réalité, c’est-à-dire qu’il faut des preuves, il faut un matériel empirique, une expérience, un témoignage, un document, une empreinte digitale ou ADN... La vraisemblance ne suffit pas. La vraisemblance, c’est très bien pour une fiction artistique, mais pas pour une enquête policière ou journalistique. Il y a mille vraisemblances possibles, mille suspects, et mille romans différents à écrire trouvant mille coupables différents.
Le journaliste d’enquête n’est pas celui qui conçoit des vraisemblances, c’est celui qui va chercher la preuve matérielle. C’est ce que faisait le regretté E. Ratier avec Faits & Documents, il ne publiait aucune "hypothèse", aucun "récit qui tient la route", seulement des faits et des documents. Et donc, non...
"éviter d’être par la suite contredit par le bombardement de faits qu’on appelle grossièrement l’actu."
Ce n’est pas par "l’actu" qu’il faut éviter d’être contredit, mais par la réalité. Sinon, c’est juste une propagande contre une propagande, une fiction contre une fiction (et tu perds à tous les coups si t’as pas les 4 milliards de l’audiovisuel public ou les centaines de milliards d’Hollywood)...
Quand Salamé dit qu’elle se fout de la vérité et qu’elle cherche un "moment", elle explique précisément qu’elle cherche à sortir du "bombardement de faits qu’on appelle grossièrement l’actu".
Et au final, le peuple n’est pas si con, il fait semblant d’être con pour avoir la paix, mais il voit bien qu’on essaie de lui fourguer du "récit qui tient la route" au lieu de lui dire la vérité, il sait très bien faire la différence. Ou bien non ? Le peuple est si con qu’il ne verra pas la différence, allons-y, jetons-lui du "récit qui tient la route"... Hein ?
Alain Soral et E&R
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