Une semaine sur Twitter S04E18
3 mai 18:35, par nono31Alain Soral, ce bougre d’énergumène, ce type qui refusait de fermer sa gueule quand tout le monde rampait la langue bien propre et le cul bien serré.
L’époque hurlait : tais-toi, obéis, dénonce, aime la bonne haine officielle, lèche le bon cul du moment. Lui, il a continué à causer. Pas en saint, pas en génie sans tache – le bonhomme avait ses vices, ses outrances, ses contradictions de voyou lettré –, mais avec cette sale manie de ne pas mentir quand le mensonge était devenu la monnaie courante.
Guerre en Ukraine, Palestine en charpie, sionisme triomphant, Epstein et sa bande de suceurs de pouvoir, l’Iran dans le viseur, la France qui se suicide en souriant… Il a tout pris dans la tronche, l’exil, les procès, la prison, la Suisse, la Russie, les chiens qui aboyaient après lui. Pas pour plaire. Pas pour être aimé. Juste parce qu’il ne supportait plus le grand mensonge mou du siècle.
L’écrivain, l’artiste, l’intellectuel digne de ce nom, quand son époque exige le silence ou la prostitution, il a qu’un seul putain de devoir : parler quand même. Même si ça isole. Même si ça ruine. Même si on le traite de monstre. Parce que la lucidité, la vraie, celle qui brûle, elle n’est jamais confortable. Elle pue la solitude et le soufre.
Soral n’était pas un gentil. Il était un emmerdeur. Un emmerdeur qui rappelait que la paix n’est pas une posture de salon, que la vérité coûte cher, et que certaines voix, on ne les comprend vraiment que quand le vacarme de la foire aux vanités s’est enfin tu… et que les cadavres commencent à puer trop fort pour qu’on puisse encore faire semblant.
C’est ça son truc : il a gueulé dans le brouhaha. Et l’Histoire, cette vieille salope, finira peut-être par dire s’il avait raison ou s’il déconnait.
Mais au moins, lui, il n’a pas courbé l’échine.
C’est déjà ça. Dans ce siècle de lâches bien peignés.
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