Crans-Montana : quand Léa Salamé tente de relancer son JT avec la détresse des familles
6 janvier 14:52, par ScreenagerJeune déjà, j’avais été marqué par le manque de pudeur dont les journalistes faisaient preuve lorsque des drames se produisaient. On filmait des familles en larmes, des gens sur le point de mourir de faim, avec complaisance, non pas pour le but d’informer (quel rapport ?) mais de tirer les larmes des quidams ayant les yeux rivés sur leur écran.
Emotion à géométrie variable d’ailleurs, afin de manipuler l’opinion dans certains cas : on va faire une montagne d’émotions pour l’attaque du 07/10/2023 avec témoignages poignants et images terribles. Mais on ne va pas aller filmer la souffrance des palestiniens : pour eux, rien à signaler.
Je ne parle même pas du pouvoir de sidération par les images, le 11/09 est un cas d’école.
Les Inconnus ont immortalisé cette course à l’indécence dans deux sketchs d’anthologie : « infos jeux » et un autre ou deux journalistes rivalisent pour faire de l’audimat jusqu’à ce que l’un d’eux pousse la folie jusqu’à se suicider en direct.
Les journalistes sont peut-être sans vergogne, mais si leur voyeurisme fait des audiences, c’est qu’il y a un marché. Beaucoup de gens ont cette fascination pour la souffrance des autres, qui n’est en rien de la compassion, mais une sorte de spectacle morbide qu’ils aiment à regarder, tant qu’ils ne sont pas concernés, et qui permet d’alimenter les discussions au travail ou au restaurant.
Il n’y nul besoin de visualiser un gros plan sur les larmes de personnes éplorées pour partager leur détresse. On compare les journalistes des grands médias à des prostituées, mais les secondes ont bien plus d’humanité que les premiers, dont l’indécence et l’absence totale de scrupule est décidément à vomir.
Alain Soral et E&R
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