Ce 1er mars 2026, la presse française applaudit l’élimination physique de dirigeants iraniens par les assassins israéliens, il n’y a pas d’autre mot. Khamenei, le guide suprême, Ahmadinejad [1], un ancien président, le chef d’état-major, le ministre de la Défense... La manchette du Figaro est écœurante :
Que diraient ces journaux si un drone visait Emmanuel et Brigitte directement à l’Élysée, ou au fort de Brégançon ? On imagine l’effroi, la stupeur, l’émotion, l’indignation. Pire, si le missile iranien de 2025 avait réduit le boucher Netanyahou et son vulgaire boudin de femme en cendres, dans leur baraque... En géopolitique, il y a deux poids, deux mesures, et ce n’est pas près de changer. À 17 h 27 dans son direct, Le Monde écrit :
L’armée israélienne a annoncé dans un communiqué qu’elle se préparait à accueillir « environ 100 000 réservistes » pour « renforcer son état de préparation » dans le cadre de l’opération « Rugissement du Lion » contre l’Iran. En se renforçant, l’armée « concentre ses efforts sur des activités offensives visant à contrecarrer le terrorisme ». Les forces de défense à la frontière est du pays seront renforcées, ainsi que les unités d’intervention rapide, précise-t-elle.
On dirait le communiqué d’un porte-parole de Tsahal. Oser reprendre le terme de « terrorisme » pour un pays agressé...
Pour Gilles Kepel, dans Le Figaro, une page de l’histoire ouverte en 1979 vient de se tourner en Iran. Genre ouf, la démocratie a gagné. Les connards qui disaient ça lors de l’intervention américaine de 2003 en Irak s’en sont mordu les doigts. Aujourd’hui, d’ailleurs, ce sont les démocrates aux États-Unis qui critiquent la décision de Trump, ô combien dangereuse. Car là, il risque d’y avoir du vrai terrorisme, d’État à État, sur les intérêts américains dans le monde, et ne parlons pas des intérêts israéliens, avec toute leur diaspora un peu partout…
Nous voulons le cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient. Les “guerres préventives” n’existent pas.
Lorsque les premières bombes font déjà plus de cent morts dans une école en Iran, nous disons : assez !
Nos positions sont les mêmes que celles portées par le collectif Roja :… pic.twitter.com/VNcFltibNt
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) March 1, 2026
Le choc venu des États-Unis s’organise sous nos yeux, avec la guerre au Moyen-Orient, avec le génocide des Palestiniens.
Il amplifie le néolibéralisme qui détruit nos sociétés. Cela pousse à choisir entre la loi du plus fort et le collectivisme.
Mais grâce à vous, la France… pic.twitter.com/FnpFmtIo1I
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) March 1, 2026
La guerre, comme dirait l’autre, on sait quand ça commence, on ne sait jamais quand ça finit. On le voit avec l’anniversaire d’une quatrième année de guerre en Ukraine, avec l’Europe qui se saigne – au sens figuré – pour que l’Ukraine se saigne – au sens propre – et saigne la Russie, au sens propre et au sens figuré. C’est-à-dire que les citoyens européens se font racketter par Leyen, Macron et Merz (Macron est la tranche de jambon en sandwich entre les deux tranches de pain allemand, du Bauernbrot) pour que les Ukrainiens continuent à se faire massacrer, histoire d’affaiblir une Russie qui n’a pas l’air déstabilisée. Un calcul foireux, sanglant, dévastateur pour tout le monde.
Le seul moment divertissant, à part les rédactions franco-sionardes qui sablent le champagne pour la mort des dirigeants iraniens, c’est le sort des influenceurs qui ont fait dans leur froc à Dubaï, au passage des missiles iraniens. Maeva, Kim (Glow) nous ont offert un grand moment de ravissement.
Les Influenceurs tous parti à #Dubai , d’un coup aime la #France pic.twitter.com/gxIqBAwGMi
— AlexNoMatrixé (@AlexSofamous) February 28, 2026
Macron, lui, cette espèce d’influenceur mais que pour les médias français aux ordres, est étrangement absent dans ce Grand Jeu. Quand les choses deviennent sérieuses, il n’existe plus, et la France avec lui : clairement, il n’a pas le niveau. Alors d’autres s’en chargent comme Mélenchon, qui est le plus droit dans cette nouvelle guerre juive. Heureusement, un drone iranien est venu secouer la flotte française basée à Abu Dhabi, cela va lui donner l’occasion d’entrer en guerre, puisqu’il aime tellement ça. Mais entre dire et faire, il y a un monde, surtout pour un velléitaire.
ALERTE INFO - La base navale française à Abu Dhabi a été touchée par un drone kamikaze iranien. pic.twitter.com/IUjC0j3ztM
— Mediavenir (@Mediavenir) March 1, 2026
Cependant, soyons honnêtes, nous qui sommes généralement malhonnêtes (c’est Gros Rudy qui le dit) : Le Monde, soucieux d’un certain équilibre, malgré son tropisme israélo-américain (mais à gauche), et quand même largement anti-iranien, a diffusé une tribune sur les limites du trumpisme et de l’interventionnisme en matière militaire. On le sait tous, mais c’est bon de le rappeler. Le type s’appelle Justin Vaïsse, il est inconnu au bataillon, et il prévient.
Avec le déclenchement de l’offensive militaire contre l’Iran samedi 28 février, le président américain, Donald Trump, joue un coup de poker et se place définitivement dans la lignée des présidents interventionnistes, à rebours de ses paroles et de son premier mandat, et à l’encontre des préférences isolationnistes de sa base électorale MAGA [Make America Great Again]. Ce faisant, il rouvre la grande question des interventions militaires extérieures qu’on croyait dépassée. Pourquoi intervenir ? Comment ? Et avec quels résultats finaux, et donc, ici, quels scénarios pour l’Iran et le monde ? [...]
Deuxième question : comment intervenir pour assurer la stabilité politique ? Toutes les configurations semblent avoir été testées sans grand succès. Qu’on en juge : avec des troupes d’occupation et la reconstruction d’un Etat (Afghanistan, Irak en 2003), ou bien sans (Serbie, Libye), avec le droit international de son côté (Irak en 1991, Afghanistan, Libye) ou sans base légale solide (Serbie, Irak en 2003, Venezuela). Dans tous les cas, c’est une forme ou une autre de chaos qui a prévalu, sauf quand le régime autoritaire est resté en place au moins un temps, comme en Serbie et au Venezuela.
Résumé : le regime change sans troupes au sol, c’est mort. Le regime change avec troupes au sol, c’est mort(s) aussi. Bref, le regime change, ça ne marche pas, sauf, et ça l’auteur n’en fait pas l’hypothèse, si l’intérêt de l’Amérique – elle l’a prouvé à maintes reprises – est d’installer un chaos, c’est-à-dire un affaiblissement intérieur durable. Pour des raisons de domination économique et politique, au grand bénéfice du Grand Israël. Mais on ne voit pas l’Amérique faire la police en Iran, pour près de cent millions d’habitants, et soumettre toute une nation au sionisme. Imaginez, un faux pays de huit millions d’habitants (qui en perd régulièrement à chaque conflit) et qui n’a même pas cent ans, face à un pays vieux de plus de 5 000 ans, avec une civilisation, un art, une histoire...
On souhaite bonne chance aux assassins et aux exportateurs de chaos, la guerre, Mélenchon l’a dit, ne résoudra rien, c’est juste un fantasme de dictateur, entre Netanyahou et Trump, qui a perdu son aura de pacificateur. Sauf si, comme pour Qassem Soleimani, Trump compte sur un simple changement de tête au pouvoir iranien... Ce qui voudrait dire qu’il va siffler très vite la fin de la récré, puisque le pouvoir a été décapité. Il négociera alors avec la tendance réformiste. Et les trois millions de gardiens de la révolution ?
Pour Mélenchon, après l’Iran, la Chine
Les États-Unis ont perdu leur leadership sur le monde. Ils se préparent méthodiquement à leur guerre avec la Chine.
Selon eux, aucune solution de marché n'existe dans la compétition avec ce pays.
La guerre en Iran leur permet de couper la route alimentant la Chine, notamment en… pic.twitter.com/BCTrlhWoof
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) March 1, 2026
Post-scriptum 1 : attention, ce n’est pas parce que nous avons diffusé trois extraits du discours de Mélenchon devant 2 000 personnes à Perpignan ce 1er mars 2026 que nous sommes forcément antisémistes ou antisionites, hein !
Post-scriptum 2 : la photo de une vient de Loiseau, chef de file de l’apéro-européisme.
Tant qu'à poster des images, je préfère celle-ci : pic.twitter.com/DTPC4cC3nl
— h16 (@_h16) March 1, 2026


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