Le bon populo est surtout conditionné à être choqué dès qu’il s’agit d’Islam, au lieu d’être instruit. À en croire certains discours médiatiques, mes voisins seraient des violeurs de femmes, égorgeurs de bestioles innocentes (forcément dans des baignoires), abêtis par leurs dogmes. On les reconnaît à leur barbes.
Pour le reste, je suis convaincu que l’abatteur pourrait répéter « Au nom de Bob l’éponge et de Maître Yoda » : l’effet serait le même. J’apprécie qu’au lieu de fantasmer la supposée barbarie de l’Autre on explique et on montre. Vivre suppose de tuer, c’est une loi universelle. Manger une plante implique de l’empêcher de poursuivre sa vie. Avoir conscience de la préciosité de ces vies, même si elles prennent une autre forme que la nôtre, et exprimer cette conscience au travers d’un rituel au moment d’infliger la mort, est un signe d’extraction de notre nature animale première pour tendre vers notre humanité toujours perfectible. Dans le chamanisme on remercie le gibier de se laisser tuer pour assurer la subsistance du chasseur.
L’idéal serait que les animaux fussent élevés comme présenté dans cette vidéo, et non plus traités en simples marchandises. La Marchandise, cette « vieille ennemie » dont parle Debord. Mais n’a-t-on pas entamé le siècle dernier par l’industrialisation des boucheries d’humains sous la pression d’un Capital toujours plus avide de sacrifices ? Le Moloch jamais n’est repu. Alors les animaux...