Il y a deux Jean-Michel Aphatie : le bon, et le mauvais, l’honnête, et le malhonnête, à moins qu’il ne soit une combinaison involontaire des deux.
Il nous explique que Soral et Dieudonné sont des gros vilains, mais il est capable, devant un des nombreux commissaires politiques israélistes de la télé (un Patrick Liste Noire Cohen, un Gilles-William Ta Gueule Goldnadel, au choix), de leur mettre dans la gueule que ces deux personnalités ont droit à la parole, dans les médias mainstream. Nous avons tous nos paradoxes.
Duhamel : Je suis pas partisan de lui [Zemmour] interdire les invitations.
Aphatie : On le fait pour d’autres.
Duhamel : Vous pensez à qui ?
Aphatie : Dieudonné et Soral (...) Deux poids, deux mesures.
(BFMTV, le 19 septembre 2025)
Probablement a-t-il un reliquat de déontologie journalistique, après s’être roulé dans la boue des médias mainstream, les pires usines à bien-pensance radioactive : RTL, Canal+, Europe 1, France info, LCI, TMC, Libération, L’Express, Le Monde... Quand on passe par cette broyeuse, normalement, il ne reste rien de l’honnêteté et de la déontologie. Eh bien chez lui, si. Un tour de force que nous soulignons, ce qui ne fait pas de Jean-Mich un dissident, loin de là. Les grosses payes ont leur avantage, en nature par exemple.
Parlons bien, parlons peu. Jean-Mich fait sa chronique sur TMC sur un sujet qui terrorise tous les franco-trouillards encartés, les israélistes de terre, sauf les israélistes de sang, qui trouvent ça normal de dire du bien d’Israël. Les premiers doivent apprendre des phrases par cœur, on appelle ça des éléments de langage : « Israël a le droit de se défendre », « ce n’est pas un génocide à Gaza », « le Hamas est un parti terroriste », « il s’appelait Samuel Goldenblut, il aimait la vie », « le régime des mollahs », « la théocratie rétrograde de Téhéran » et autres fadaises.
Jean-Mich se livre donc à l’exercice d’équilibrisme sur un fil tendu entre la chaîne et le CRIF, un fil à la fois barbelé et électrifié. À la moindre erreur, la moindre défaillance, c’est la chute. On l’écoute.
« D’abord Israël est une démocratie, y en a pas dans la région, c’est ce qui fait que l’Occident a toujours défendu Israël, a toujours dit que Israël devait vivre dans des frontières sûres et reconnues, on a défendu cet État créée en 1948 et tous les pays qui environnent Israël sont des dictatures, des régimes autoritaires, et Israël c’est très différent.
Et la deuxième caractéristique d’Israël, de l’État d’Israël quand il est créé, en 1948, on voit là David Ben Gourion qui a été le premier Premier ministre d’Israël, c’est un État laïc. Il l’est encore aujourd’hui mais c’est là-dessus que l’évolution la plus problématique doit être contestée. Le mouvement sioniste a toujours été laïc, parce que être juif on l’est de mille manières. »
Quand Jean-Mich parle de démocratie en Israël, on pense aux bombes démocratiques qui tombent sur des écoles, des hôpitaux, à Gaza comme à Téhéran...
Dans sa tirade, il y a une erreur fondamentale : l’État laïc. Dans un pays juif avec des surhommes et des sous-hommes, preuve d’une société d’apartheid ? On veut bien que l’entité israélienne au début se soit inspirée d’un sionisme socialiste, mais quatre-vingts ans plus tard, cet État « laïc » a accouché d’une société horriblement raciste et meurtrière, qui détruit les États voisins, et pas parce qu’ils seraient des dictatures : parce qu’Israël veut toute la terre.
À ce tarif, on préfère les fameux régimes autoritaires !


et
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