Pour le monde entier, Leila a été l’incarnation féminine de la Palestine, aux côtés de Yasser Arafat. Toute sa vie elle aura espéré le retour des siens, chassés de chez eux, de leur terre, en 1947. Mais ils ne reviendront pas, du moins pas de son vivant.
Au Panthéon !
La pasionaria palestinienne, si chaleureuse, si solide aussi dans son combat, s’est donné la mort chez elle, en France, dans le Gard. Tombée en dépression, elle ne s’était pas remise du choc dû au génocide à Gaza à partir du 8 octobre 2023.
Le 9 octobre, au surlendemain de l’attaque du Hamas, elle se livrait sur France Inter à l’une de ses dernières interventions, conjointement avec Élie Barnavi. Elle comprendra que les accords d’Oslo (vieux de trente ans), qui auront servi aux Israéliens à endormir un temps la résistance armée palestinienne, étaient à jamais enterrés, comme la solution à deux États.
La gouvernance Barak-Sharon-Netanyahou, en revanche, troquera la fausse paix pour la lutte armée... contre tous les Palestiniens, progressivement, enclave après enclave, grâce à une stratégie de la tension permanente destinée à exacerber chez l’adversaire le camp de la guerre. Il suffira alors de s’appuyer sur ce « terrorisme » pour écraser la Palestine entière, du moins ce qu’il en reste.
Aujourd’hui, c’est au tour de la Cisjordanie d’entrevoir le cauchemar d’un futur à la Gaza, malgré les cris du pauvre Barrot, qui symbolise l’alignement hypocrite de la France sur la politique génocidaire israélienne. Pardon, terroriste, pas génocidaire : c’est interdit.
La première fois qu’elle avait été terrassée par la violence israélienne, c’est naturellement lors de la Nakba, au milieu de sa famille déportée, puis lors de sa visite du camp martyr de Chatila, au Liban, en 1982, aux côtés de Jean Genet. Elle a alors marché au milieu des centaines de cadavres dans les rues, massacre signé par les milices libanaises pro-israéliennes.
Mais à chaque fois, elle puisera dans ces tragédies la force de remonter, et de continuer, inlassablement, à représenter la Palestine, en France et en Europe. En France, c’était une icône. Il y a vingt ans, Ardisson la recevait dans Tout le monde en parle, et l’espoir était encore permis.
En 2005, Ardisson a déjà tourné casaque, c’est pour ça qu’il insiste sur le fait que les réfugiés palestiniens se retrouvent à attendre leur retour « dans des palaces », une idiotie que Leila reprendra immédiatement de volée, en parlant des « camps de tentes ». De même, il lui met le nez dans l’assiette du grand mufti de Jérusalem, qui a collaboré avec les nazis. Pourtant, ne dit-on pas que les ennemis de mes ennemis sont mes amis ?
En 2005, Ardisson doit la poursuite de son émission à BHL, qui le prend sous sa protection. C’en est fini de la liberté éditoriale de TLMP. De là ces questions insidieuses à cette grande dame, qui ne se démonte pas : elle a l’habitude du mensonge, de la trahison. Aujourd’hui, dans les médias mainstream français, tout le monde est israéliste, ou presque.
Quant à l’Europe, c’est la veulerie incarnée, du Barrot puissance 27 : des tonnes d’’indignation, avant de ramper devant les fous dangereux du Grand Israël. Il est vrai que Leyen, la patronne allemande de la Commission, s’inspire des « valeurs » du Talmud...
Il est temps que l’UE disparaisse et que la France renaisse de ses cendres. Cela viendra. Plus que d’autres, Leila mérite le Panthéon.


et
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