Vous vous rendez compte que vous êtes en train de bouleverser toute une industrie, finalement ? Parce que ce film-là, y a pas de comédiens, y a pas de réalisateur, tremble le monsieur de BFM TV.
Le premier navet 100 % IA !
Gott sei dank, on va pouvoir se débarrasser de la grande famille du cinéma français, qui l’a emmené au bord du gouffre comme Macron la France !
L’IA, c’est la comète qui va bientôt écraser toute cette espèce dinosaurienne, vouée à la disparition par sa propre faute, et c’est encore une fois une innovation technologique, venue du ciel, qui parachève un processus morbide.
Les économistes diront que les 300 000 personnes qui bossent dans ce secteur sont foutues, bientôt sur des cartons à la rue. Pas exactement : quand dans les années 80 le secteur de l’imprimerie et du graphisme a découvert la PAO, les ouvriers ont été obligés de se former aux nouvelles technologies. Pareil pour la presse avec l’apparition du Net au début des années 2000 : un petit malin dans son coin pouvait tout seul faire son quotidien, en numérique. C’est le retour non pas à l’individualisme, mais à la créativité.
Un Français signe le premier film 100 % IA
"Aujourd'hui, lorsqu'on a pris confiance avec l'IA et qu'on la maîtrise, ça devient confortable, et pour les créatifs il n'y a plus aucune limite"
💬@PHILIPPESHANGTI , Artiste photographe et réalisateur
🎙️@Fsorel pic.twitter.com/dIFYiHwRl5— BFM Tech (@bfmtech_) May 5, 2026
Il y a 33 ans, Spielberg intégrait de l’image numérique (et de l’animatronic) dans un film avec des humains de chair et d’os. Cela donna le choc Jurassic Park. Aujourd’hui, on doit en être au quinzième opus de la saga, c’est devenu n’importe quoi, les dinos jouent au poker en fumant des joints, le numérique a tout envahi, et le film a perdu de son intérêt.
Le problème premier du cinéma, c’est la paresse scénaristique. On voit sur Netflix que de plus en plus de films maison sont scénarisés par IA à partir des préférences des spectateurs, et cette manie algorithmique produit de la merde en série avec une impression nauséeuse de déjà-vu permanent. Finalement, Netflix fait du Luc Besson, le roi du hachis parmentier, sans le savoir.
On va vers deux cinémas opposés, irréconciliables : le petit film indépendant sans prétention, à la manivelle, et la méga prod numérisée. C’est entre les deux que le film moyen disparaît progressivement, comme la classe moyenne. D’ailleurs, dans une ville comme Paris, il n’y aura bientôt, au rythme où les prix grimpent, que du très riche et du très pauvre, un retour au Moyen Âge (oui, on sait, le Moyen Âge c’est pas ce qu’on raconte). Le cinéma subit lui aussi une brésilianisation.
On a regardé la bande-annonce du mec qui se prend pour la Warner : franchement, on préfère Final Fantasy (2001), où l’on n’a pas besoin de coller parfaitement au réel (ce n’est pas ça qui crée l’adhésion, l’identification), bien au contraire. La poésie, ce décalage au réel, c’est ce dont l’homme a besoin pour s’échapper de son enveloppe – de sa prison – qui parfois l’étouffe. Le même film en pâte à modeler ou avec les figurines Cowboy et Indien, ça marcherait aussi.
La fin du cinéma à la papa, qui aura tenu un bon siècle, c’est aussi celle de la transe collective, de la communion (c’était plus cool que d’aller à l’église) pour laisser place à une consommation individuelle. Et ce qui nous amuse, c’est qu’il risque d’y avoir, la nature humaine ayant horreur du vide, un transfert des salles obscures vers les salles de lumière, un reflux vers la spiritualité. On ne dit pas que les jeunes vont redécouvrir la messe en latin avec Frigide Barjot, mais les joies de la communion autrement, peut-être même en dehors de l’église, ou même dedans, si les Autres arrêtent d’y foutre le feu.
Tiens, Les Autres, une bonne idée de film, ça. Pas la peine d’aller sur Mars.


et
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