L’année 2025, ô combien rock and roll, a connu un boom des conversions, baptêmes et autres rapprochements du catholicisme, notamment parmi les jeunes. En 2026, vu le tableau, l’engouement ne devrait pas faiblir. C’est le grand retour de la foi !
Il semble qu’un bon demi-siècle après Mai 68, qui a fêté la mort de Dieu (celui des chrétiens, pas celui des juifs), la jeunesse soit en recherche de spiritualité. Pour qui fréquente un peu TikTok, ce n’est plus une recherche, c’est une quête absolue d’absolu, de réponses à des questions parfois insolubles, le désir d’un autre monde, comme le chantait Jean-Louis Aubert de Téléphone.
Les parents ont profité de Mai 68, leurs enfants en ont pâti. C’est un peu réducteur, ça ne fait pas dans la nuance, mais globalement, c’est le schéma intergénérationnel. Dans ce contexte hyper anxiogène, avec une jeunesse déboussolée prise entre le repli et l’action, la dépression et la révolution, une nouvelle aspiration à la spiritualité se dessine.
L’Église, qui est toujours là, à la fois dans les têtes et dans le centre des villages, est prête, après moults changements – et attaques –, à accueillir des ouailles. Ceux qui ont besoin de liturgie peuvent la redécouvrir. D’autres n’ont pas besoin de ça dans leur rapport, intime, avec Dieu. Ils n’ont pas besoin de démonstration publique, mais le collectif, comme dirait l’autre, ça fait sens. Le dimanche matin, se retrouver ensemble, écouter, chanter, ça fait du bien, ça rappelle, qu’on nous pardonne ce parallèle, la liturgie communiste avec les manifs qui ne servaient pas forcément à changer les choses, mais à se retrouver ensemble, à communier.
Face à la hausse des baptêmes catholiques, Ruth Elkrief s’inquiète : « C’est très engagé, presque militant, affiché, parfois radical. »
Elle espère que ce « retour du religieux » reste dans le r cadre strict de la laïcité » et ne se transforme pas en « repli (identitaire)… pic.twitter.com/Ifi9cyZf95
— The News (@thenews_fr) March 28, 2026
Eh bien on y est. Ruth 666 a récemment pesté contre le renouveau catho, et elle a bien raison : la vraie guerre est spirituelle, c’est celle du bien contre le mal, de Dieu contre le Diable. On ne sait pas dans quel camp Ruth joue, mais ça ne semble pas être le nôtre. On l’accueillerait pourtant bien dans notre église, mais elle ne semble pas prête. Comme dirait le Christ, il faut d’abord faire un vrai travail sur soi, mais au-delà d’une psy, suffit pas de raconter sa vie ses malheurs.
Et maintenant passons à l’exercice pratique, en cette semaine de Pâques, la fête chrétienne la plus importante, loin devant Noël, qui est devenue la fête du commerce, des marchands du temple, ne l’oublions pas.
Nous sommes le Vendredi saint, c’est le jour où l’on fête, eh oui, c’est paradoxal, le procès aussi rapide que truqué du Christ, sa montée au Golgotha, le lieu de son exécution, et sa mort sur la croix. Franchement, ça doit être l’événement le plus connu du monde, bien avant la victoire du Brésil de Pelé en finale de la Coupe du monde 1970 ou celle de Mbappé et ses otes en 2018. Oui, on sait, mais là on s’adresse aux jeunes, on fait dans le trivial : on va droit au but.
Il y a seigneur et Seigneur
Le Vendredi saint, tous les cathos se remémorent la mort tragique du Christ, ce procès truqué ourdi par les autorités juives de l’époque, qui ont poussé l’occupant romain à assassiner le meilleur des hommes. C’était bien le Messie, la suite l’a prouvé. Donc il n’y en aura pas d’autre, enfin, pas de ce calibre.
Normalement, pour marquer sa solidarité avec le persécuté, un peu comme les Palestiniens aujourd’hui, on doit se priver de nourriture (terrestre). Ce n’est pas grand-chose, c’est une discipline. Mais c’est surtout un jour de mémoire, et de mémoire universelle : le mec est mort pour nous libérer, tous, du joug du Diable, c’est-à-dire des structures de pouvoir à l’intérieur et à l’extérieur de nous-mêmes.
C’est le début d’une révolution personnelle et collective, et ça, ça devrait plaire aux néochrétiens (on commence par là, après on dira néocathos s’ils progressent dans le game), qui sont assez remontés contre le pouvoir actuel, qu’il soit à Paris, Tel-Aviv, Bruxelles ou Washington. On en voit d’ailleurs les résultats, déplorables, partout sur terre.
Et maintenant, le psaume du jour, à partir de 4’16 :
« Mon Père, entre tes mains je remets mon esprit, en toi Seigneur j’ai mon refuge, garde-moi d’être humilié pour toujours, en tes mains je remets mon esprit, tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
Je suis la risée de mes adversaires, et même des mes voisins, je fais peur à mes amis, s’ils me voient dans la rue, ils me fuient [Ça, ça nous parle, chez E&R ! NDLR].
On m’ignore comme un mort oublié, comme une chose qu’on jette. j’entends les calomnies de la foule, ils s’accordent pour m’ôter la vie. Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis tu es mon Dieu, mes jours sont dans ta main, délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent.
Sur ton serviteur, que s’illumine ta face, sauve-moi par ton amour, soyez forts, prenez courage, vous tous, qui espérez le Seigneur. »


et
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