Guerre USA/Iran : le constat d’échec israélien

Israël est sur la corde raide : le « chicken game » que les USA de Trump a déclenché depuis 2016 contre l’Iran tourne sérieusement à l’avantage de ce dernier avec en toile de fond l’effondrement du tringle Tel-Aviv-Riyad-Abou Dhabi.
Le site web DEBKAfile, proche des sources de renseignement israéliennes, a fait paraître, vendredi 2 août, un article où il prétend tenir de sources sûres que Riyad aurait entamé des contacts avec Téhéran dans le sillage d’Abou Dhabi, lequel a envoyé une haute délégation militaire mardi 30 juillet en Iran, après six ans de guerre ouverte.
« Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont entamé des pourparlers secrets avec Téhéran, après avoir attendu en vain pendant deux mois pour que les États-Unis s’attaquent militairement l’Iran en réponse aux raids visant les pétroliers et les installations pétrolières saoudo-émiratis », affirme DEBKAfile en allusion à la frappe au drone d’Ansarallah le 14 mai dernier contre le pipeline est-ouest en Arabie ou encore aux actes de sabotage particulièrement suspects contre les pétroliers à Fujaïrah et en mer d’Oman, actes de sabotage qui selon les observateurs ont été autant d’opération false flag [sous faux drapeau, NdlR] destinées à justifier une guerre contre l’Iran.
Le site se réfère à « ces sources anonymes » pour rapporter que les « monarchies du golfe Persique, surtout les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont finalement conclu que les objectifs de l’administration Trump ne concordent pas avec les leurs ».
Dans ce droit fil, un responsable à Abou Dhabi aurait même déclaré à DEBKA : « La puissance de dissuasion américaine est trop limitée face à l’Iran et Washington en est à chercher à négocier avec l’Iran. Alors nous n’avons aucun intérêt à participer à une coalition américaine qui dit avoir pour mission d’assurer la sécurité maritime dans le Golfe [Persique, NDLR], mais dont le pouvoir de dissuasion est extrêmement limité. »
Et DEBKA de faire un royal constat d’échec :
« L’appel de Donald Trump à créer une coalition navale dans le Golfe [Persique, NDLR] a été soit rejeté, soit ignoré par la plupart des États invités à rejoindre cette coalition. En ce sens, le prince héritier d’Abou Dhabi, le cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane (MBZ), a été le premier à se distancier des politiques de Donald Trump en faveur d’une initiative indépendante. »
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Retrouvez les articles de fond de Youssef Hindi, sur E&R :
Les États-Unis, Israël et la Russie sur l’échiquier géopolitique – Partie I : guerre à la Maison-Blanche et crise iranienne
Les États-Unis, Israël et la Russie sur l’échiquier géopolitique – Partie II : décryptage des relations russo-israéliennes
Les États-Unis, Israël et la Russie sur l’échiquier géopolitique – Partie III : fracture dans le système impérial judéo-américain
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