Il est des archives qui jurent furieusement avec le présent, montrant l’évolution à 180 degrés de personnalités politico-médiatiques. C’est le cas d’Aymeric Caron, député apparenté LFI, grand ami des animaux et désormais ennemi des juifs, selon le discours officiel.
Quand Caron était un des chiens du Système
Ce cas d’inversion est rare, on est plutôt des habitués de transitions dans l’autre sens, avec des Valls ou des Val qui retournent leur Palestine pour endosser l’uniforme de Tsahal. Pour un peu, ils iraient tuer des femmes et des enfants à Gaza.
Nous sommes sur le service public, le 22 février 2014, et le juge Ruquier, flanqué de ses deux assesseurs Caron & Polony, fait le procès d’Alain Soral à travers le témoin Taddeï, cuisiné par les deux commissaires politiques en plateau. Caron est le méchant flic, qui trouve des circonstances aggravantes au prévenu Soral, absent du plateau, à qui Polony trouve quelques circonstances atténuantes, notamment parce que son discours serait « délirant ». On sait que les malades mentaux, aujourd’hui on dirait les cerveaux malades, selon la célèbre expression de Liste Noire Cohen, ne peuvent être jugés. Ils doivent être enfermés.
Patrick Cohen : Mais moi je me suis contenté de poser la question à Taddeï ! [...] Est-ce que vous continuerez à inviter des gens [grimace] aussi discutables, aussi marginaux, aussi peu représentatifs que Dieudonné, Soral, Nabe, et j’ai cité encore Tariq Ramadan ? […] On est le reflet de la démocratie telle qu’elle est, de l’arc démocratique au sens large, du du du, de de de ce qu’est, on a un pluralisme, euh, aussi large que possible, enfin une diversité d’opinions aussi large que possible, mais après y a une responsabilité à véhiculer des thèses qui sont soit nauséabondes soit dangereuses ! » (La Nouvelle Édition, Canal+, le 18 mars 2013)
Pour la petite histoire, aujourd’hui, le petit juge rouge (de gauche) Caron est sur le banc des accusés du tribunal (permanent) du CRIF, qui semble tenir la Justice et l’Intérieur, tandis que Polony a été mise au cachot chez Marianne, remplacée par une sioniste de compétition. Karma ou pas karma, à vous de juger.
Sur le banc des accusés en 2014, Frédéric Taddeï, soupçonné de lien, sinon de complaisance, avec le Mal, c’est-à-dire Alain Soral. Il doit rendre gorge sur l’invitation du sociologue dans une émission consacrée à l’extrême droite, que nous avions longuement chroniquée à l’époque, en 2011.
L’antisémitisme étant, selon les autorités (sionistes), une maladie contagieuse, en invitant Soral, Taddeï doit alors se défendre de tout antisémitisme, avec le maigre bouclier de la liberté d’expression et l’épée en bois de l’équilibre des invités.
Effectivement, ce soir-là, sur Ce soir (ou jamais !), Soral faisait face à un parterre de juges. C’est la condition pour inviter dans un média mainstream un pestiféré (ou plutôt un prisonnier) des médias. Le grand public doit comprendre qu’une telle parole – jugée dangereuse pour le Système qui se cache derrière la cohésion sociale – doit être encadrée, vilipendée, voire abolie. Reconnaissons le courage de Taddeï qui doit se justifier pour une simple invitation, qui n’a d’ailleurs pas dégénéré en massacre sur le plateau. Même Clémentine n’a pas été violée.
Où l’on comprend que les gardiens de la parole fonctionnent sur l’amalgame et la contamination : qui a un jour invité Soral est par définition touché par le virus Soral – qui a contaminé un public restreint mais confiné – et peut contaminer à son tour un plus grand public. En faisant sortir le virus de sa cage, on prend le risque de rendre malade un plus grand public. Par malade, comprendre l’ouverture à une pensée différente, complexe et cohérente, la pensée officielle étant uniforme, simpliste et incohérente.
Le procès de Taddeï par Caron commence à 3’35.
« Pourquoi l’invitez-vous, pourquoi lui donnez-vous la parole alors qu’à ce moment-là, il ne représente finalement que lui-même, quasiment, et honnêtement, là, je crois que tout le monde va s’accorder pour dire que c’est quand même, pour le coup vraiment, un esprit malade, en ce qui le concerne, pour d’autres on peut discuter, quelqu’un qui est à moitié fou, euh, et vous le légitimez d’une certaine manière, c’est le débat d’ailleurs qu’on a avec le livre qu’il vient de publier avec Naulleau. »
« Mais en ce qui concerne par exemple Soral, pendant des années jusqu’à très récemment, le grand public ne le connaissait absolument pas, il ne représentait rien d’autre que lui-même et que ses propres délires, pourquoi à ce moment-là lui donner une parole, en faisant penser au téléspectateur que cette parole est aussi importante que celle des autres invités ? »
« Soral c’est pas un populiste, c’est bien au-delà de ça. Non, pas “peu importe” ! Tout le débat il est là : il est pas “peu importe”. C’est que Soral pour le coup c’est un antisémite, qui a été condamné par la justice, au moment où vous le recevez il a déjà été condamné, pour ses propos antisémites, etc., voilà, c’est un partisan de la thèse du grand complot... »
« Ils incarnent des idées de haine, des idées une fois de plus délirantes, on est dans du délire parce que je pense que votre rôle aussi c’est d’estimer quelle est la validité de la pensée de vos invités. »
Stop ! Cette dernière flèche est intéressante, dans la bouche du Caron millésime 2014 : il parle de la validité d’une pensée. Notre question est simple, enfantine : qui valide les pensées ? Caron lui-même, qui semble le faire au profit d’un Système de pensées fermé à certaines pensées, ou d’une entité supérieure, une haute autorité de la pensée qui serait pour le coup très nébuleuse, et dont Caron serait le défenseur ?
Caron est-il devenu un cerveau malade ?
Encore un moment de pure saloperie offert par la serial menteuse @CarolineFourest sur le plateau de @24hPujadas @LCI.
Fourest, imposture XXL dont la malhonnêteté légendaire ferait passer Madoff pour un honnête homme, multiplie une fois de plus propagande israélienne et insultes,… https://t.co/YMKcqx1qgz
— Aymeric Caron (@CaronAymericoff) October 15, 2025
Aram est désormais égérie d’Elnet, groupe de lobbying de l’extrême-droite israélienne, caché ici sous le logo « Agir Ensemble », dont elle reprend comme d’habitude la propagande (ici, l’instrumentalisation de l’assassinat de Samuel Paty, qu’elle relie aux attaques terroristes du… pic.twitter.com/v3eGWAdMkk
— Aymeric Caron (@CaronAymericoff) October 18, 2025
Le service public de l’audiovisuel continue à inviter un soutien de la colonisation, de l’apartheid, et du génocide à Gaza, par ailleurs ancien du Betar, pour donner son avis très objectif sur le Proche-Orient. https://t.co/vZQo4DWcBh
— Aymeric Caron (@CaronAymericoff) October 13, 2025
Onze ans plus tard, Caron est-il (re)devenu normal ou est-il devenu fou (et antisémite), comme il accusait Soral de l’être en 2014 ?
S’il y a une mesure de la validité d’une pensée, c’est bien sa cohérence, c’est-à-dire sa durée dans le temps. Visiblement, la sienne n’a pas tenu dix ans.


et
!





