EL CANDIDADO

Publié le : samedi 21 avril 2012
Commentaires : 28
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Complainte Nervalienne

Je suis le Prolétaire, -le Peuple,- le Présidé,
Le Souverain déchu au suffrage aboli,
Ma seule France est morte ; -et je dois décider
Qui, sur son Tertre noir, sera son Pissenlit !


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Je suis le Sans-patrie, l’Agent, le Sarkozy
Le coq du CAC quarante, le crack du Pentagone
L’athlète en talonnettes de la Bourgeoisie
La Caste corrompue qui pue dans l’Hexagone.


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Je suis le Faux-François, l’Élu du Consistoire
Sur ma Triste Figure suppurent des émonctoires.
Cette putridité ne nous dit rien de bon :
Début de la basse-dynastie des Bubons ?


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Je suis le Bayrou, le Pastou, le Notable
Le bourgeois d’Aquitaine à l’accent aboli,
Le bedeau qui s’ébroue devant la Sainte-Table
Le chantre de la Bourse et du Centre amolli.


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Je suis la Gro Eva, la mal nommée Joly !
Je mets, Juge inflexible ennemie des frontières,
La France en examen, en centrale nucléaire ;
Contre Elle, de mon vieux cor je sonne l’Hallali !


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Je suis le Mélenchon, l’ex-Sénateur lippu
Le général de Gauche familier des banquètes
Qui dit qu’il peut, et put, faire payer les repus
( Afin de mieux servir l’Intérêt de la Dette. )


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Je suis, carguée d’opprobre, la Marine nationale,
Voguant le vent en poupe et Marianne à la proue
Soulevée par le plus légitime courroux
Mouillerai-je un jour au vieux Port quinquennal ?


$


Dans ce naufrage inéluctable s’embarquer
Sur le croiseur de la Marine semble une issue.
D’autres dédaignerons le vote comme laquais…
N’importe ! Mais il faut qu’une chose soit sue :


Rien, jamais, n’est sorti uniquement de l’Urne
Susceptible de changer quoi que ce fut,
C’est n’est qu’après une révolution diurne
Qu’un vote put changer le Sens de ce qui fut.


Félix Niesche

Retrouvez El Candidado et autres écrits de Félix dans EX-FRANCE, bientôt disponible sur KontreKulture.com.

28 commentaires
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Le 22 avril 2012 à 18:00 par Guillaume Morel
#140143

Niesche à L’Académie Française, et que ça saute !

Le 22 avril 2012 à 18:41 par promethee
#140173

vive la poesie vive la langue française et vive felix Niesche

Le 22 avril 2012 à 22:03 par gigicapi
#140259

un talent indeniable !tres belle plume !!

Le 23 avril 2012 à 05:11 par leeloo
#140397

Pour conduire cette France malade de ses politiciens, il ne nous reste plus qu’à choisir entre deux syndromes ; un "Gille de la tourette" ou un "bègue"

Merci Félix pour ce poétique électrochoc . . .

Le 23 avril 2012 à 05:15 par MagnaVeritas
#140400

Voilà un poème bien inspiré (de El Desdichado ; les Chimères sont l’un des meilleurs corpus de poèmes de la langue française, à mon sens).

Pour le coup, admettre que ça change des poèmes nabiens ne sera pas difficile.

Le 24 avril 2012 à 00:03 par dams
#141241

"Sarközy de Nagy-Bocsa" quand même un vrai nom de prolo ... C’est comme François, avec un prénom pareil, peut-on être "socialiste".

Le 24 avril 2012 à 17:39 par X.
#141657

Je te pique ton commentaire ! Il me fait bien marrer ! :)

Le 25 avril 2012 à 00:20 par Ali de Montmartre
#141995

jour d’élection pour Félix

De méprisables desseins dès demain sur nos cous Voilà la promesse sûre d’un système entrainé. D’un candidat l’autre, ce choix pour sûr biaisé : Telle une catin, on nous vole nos coeurs et nos sous. Vile Europe, vante la paix et la prosperité Et vends ceci, brade cela, avantage tes pairs Chantant démocratie et nous laissent dans la misère. Voilà le vote : de la peste et du choléra, Résistance illégale et honneur à prix bas. Tous palestiniens ! Nous buvons une eau sale ! Nos corps criblés de dettes. On s’amuse dans la salle ! Spectacles répétés. Occupations sondagières. De l’ennui point n’en faut, du vulgaire, du vulgaire ! A nos rêves formatés répondront docilement, En nous charcutant les uns les autres promptement. Nos maîtres usuriers , experts en dissimulation, de nos destins d’enfer, feront fructifier, De nos vies, nos rêves, nos morts, leur argent, leurs actions. Tous palestiniens ! Est-ce une sotte conclusion ? A y regarder bien, tout cela fut prédit. D’un répit heureux d’une insouciance à Paris, Je vois désormais clair, j’ai vécu à crédit. Le mien bien sûr ! De croire aux vertus cardinales, habitaient mon semblable si différent et pourtant. De gloutons usuriers dansant aux bacchanales sur nos corps écrasés, ils chanteront leurs victoires ! Des âges les plus profonds, ils pratiquent l’âme des couards, De mille manières subtiles, nous feront nous haïr, En inventant ce jeu nommé démocratie, Ils rongent et corrompent nos libertés, ce débri. Votons et votons. Pour un peu plus encore, Enfoncer dans nos têtes, le rêve du créditeur : "Ta vie, mon ami, ne vaut que par mon prix. Ecoute, parle, pense et ne jure que par moi. Amuse la galerie et surtout ne te plains pas. Tu as le choix consenti entre moi et moi."

Le 25 avril 2012 à 11:18 par X.
#142172

Merci Félix Niesche !

Le 26 avril 2012 à 21:34 par Tata Mirèse
#143167

Merci, très belle complainte ! Ca fait du bien de la lire, vraiment.

Le 28 avril 2012 à 21:47 par samra
#144179

Félix Niesche à l’académie française !!!