Les moqueries sur Brigitte (son sexe, son passé, sa maternité, ses photos de classe, sa pointure, sa démarche, son boy, ses pièces jaunes, sa répression) ont fait le tour du monde. La question se pose de la permission : si la loi n’interdit pas la moquerie, la cruauté, en revanche, peut être attaquable. Cependant, la cruauté n’est pas un concept juridique en France. En Suisse, si.
Le club des juristes a détaillé la plainte et développé son argumentaire, dégainant l’article 135 du Code pénal suisse.
L’article 135 du Code pénal suisse prévoit que « celui qui aura fabriqué, importé ou pris en dépôt, mis en circulation, promu, exposé, offert, montré, rendu accessibles ou mis à disposition des enregistrements sonores ou visuels, des images, d’autres objets ou des représentations qui illustrent avec insistance des actes de cruauté envers des êtres humains ou des animaux portant gravement atteinte à la dignité humaine, sans présenter aucune valeur d’ordre culturel ou scientifique digne de protection, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire ». Selon les co-auteurs de la plainte, la matérialité de l’infraction serait parfaitement établie dès lors que la caricature de Salch illustre d’une part « avec insistance des actes de cruauté envers des êtres humains », à savoir les victimes gravement brûlées de l’incendie de Crans-Montana, et, de fait, porte « gravement atteinte à la dignité humaine de ces victimes », et d’autre part, que la caricature ne présente pas de valeur culturelle, artistique, scientifique ou informative digne de protection. Si l’infraction est retenue, les auteurs risquent une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire. Ces peines sont alourdies à cinq ans si les représentations concernent des mineurs.
Le dessin du jour, par #Salch pic.twitter.com/YbmVqpO3X2
— Charlie Hebdo (@Charlie_Hebdo_) January 9, 2026
Le dessinateur Salch a défrayé la chronique avec son trait (piqué à Reiser) sur les Brûlés qui font du ski, allusion aux Bronzés. Avant même que des familles de victimes aient réagi, les pros de l’indignation de la presse mainstream ont sorti leur boîte à grands mots.
Libé, qui aime pourtant choquer le bourgeois avec ses papiers cul (porno, homo et pédo), a fait son outrée en diffusant – prudemment – l’espèce de droit de réponse préventif de l’ex-DRH.
Le journal n’a à ce stade pas réagi aux critiques. Mais sur le réseau social X, Marika Bret, ancienne directrice des ressources humaines de l’hebdomadaire satirique, a souligné « qu’affirmer qu’un dessin de presse satirique – doit impérativement faire rire à gorge déployée, c’est une vue de l’esprit fantasmée ». Et de poursuivre : « Ne pas aimer le dessin (pas de souci) est une démarche bien différente que celle de faire semblant de ne pas le comprendre, se montrer plus bête qu’on ne l’est ou celle de le commenter en toute ignorance. »
Charlie fait ce qu’il a toujours fait, du Charlie, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Ce genre de dessin a deux objectifs : un, se marrer en petit comité ; deux, se faire une pub gratuite. C’est de la provo, c’est vieux comme le monde, et ça marche. Même nous on en parle ! Ce qui nous intéresse plus que cette polémique fabriquée, c’est de constater que la jurisprudence Charlie n’a profité qu’à Charlie, ce canard sioniste mainstream, pas à la dissidence, qui a pourtant des humoristes de qualité, que ce soit sur scène (Dieudonné, Gardin) ou sur papier (Zéon et Cie).
Charlie est libre de se moquer des victimes de Crans-Montana, et les familles sont libres d’attaquer le journal. Cela n’enlève pas que les vrais responsables de ce drame sont les deux propriétaires du Constellation, Moretti et Jessica, deux escrocs devenus des criminels. Plutôt que de se moquer des jeunes qui ont souffert (décliner les vannes sur les barbecues et le cannibalisme genre les Moretti vendaient à la sortie de la brochette de jeune, ou les crématoires avec la présence du personnel de Zaka en pyjama rayé, etc.), pourquoi ne pas viser plutôt Jessica, qui ressemble étrangement à la méchante des 101 Dalmatiens ?
On rappelle que Cruella est partie avec la caisse,
laissant les jeunes se débrouiller avec les flammes
Ah oui, dernière chose, l’issue de secours était fermée. Les sauveteurs ont retrouvé des grappes humaines carbonisées derrière.


et
!








