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Charlie sur Crans-Montana : y a-t-il des limites à l’abjection ?

Les moqueries sur Brigitte (son sexe, son passé, sa maternité, ses photos de classe, sa pointure, sa démarche, son boy, ses pièces jaunes, sa répression) ont fait le tour du monde. La question se pose de la permission : si la loi n’interdit pas la moquerie, la cruauté, en revanche, peut être attaquable. Cependant, la cruauté n’est pas un concept juridique en France. En Suisse, si.

 

Le club des juristes a détaillé la plainte et développé son argumentaire, dégainant l’article 135 du Code pénal suisse.

L’article 135 du Code pénal suisse prévoit que « celui qui aura fabriqué, importé ou pris en dépôt, mis en circulation, promu, exposé, offert, montré, rendu accessibles ou mis à disposition des enregistrements sonores ou visuels, des images, d’autres objets ou des représentations qui illustrent avec insistance des actes de cruauté envers des êtres humains ou des animaux portant gravement atteinte à la dignité humaine, sans présenter aucune valeur d’ordre culturel ou scientifique digne de protection, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire ». Selon les co-auteurs de la plainte, la matérialité de l’infraction serait parfaitement établie dès lors que la caricature de Salch illustre d’une part « avec insistance des actes de cruauté envers des êtres humains », à savoir les victimes gravement brûlées de l’incendie de Crans-Montana, et, de fait, porte « gravement atteinte à la dignité humaine de ces victimes », et d’autre part, que la caricature ne présente pas de valeur culturelle, artistique, scientifique ou informative digne de protection. Si l’infraction est retenue, les auteurs risquent une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire. Ces peines sont alourdies à cinq ans si les représentations concernent des mineurs.

 

Le dessinateur Salch a défrayé la chronique avec son trait (piqué à Reiser) sur les Brûlés qui font du ski, allusion aux Bronzés. Avant même que des familles de victimes aient réagi, les pros de l’indignation de la presse mainstream ont sorti leur boîte à grands mots.

Libé, qui aime pourtant choquer le bourgeois avec ses papiers cul (porno, homo et pédo), a fait son outrée en diffusant – prudemment – l’espèce de droit de réponse préventif de l’ex-DRH.

Le journal n’a à ce stade pas réagi aux critiques. Mais sur le réseau social X, Marika Bret, ancienne directrice des ressources humaines de l’hebdomadaire satirique, a souligné « qu’affirmer qu’un dessin de presse satirique – doit impérativement faire rire à gorge déployée, c’est une vue de l’esprit fantasmée ». Et de poursuivre : « Ne pas aimer le dessin (pas de souci) est une démarche bien différente que celle de faire semblant de ne pas le comprendre, se montrer plus bête qu’on ne l’est ou celle de le commenter en toute ignorance. »

Charlie fait ce qu’il a toujours fait, du Charlie, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Ce genre de dessin a deux objectifs : un, se marrer en petit comité ; deux, se faire une pub gratuite. C’est de la provo, c’est vieux comme le monde, et ça marche. Même nous on en parle ! Ce qui nous intéresse plus que cette polémique fabriquée, c’est de constater que la jurisprudence Charlie n’a profité qu’à Charlie, ce canard sioniste mainstream, pas à la dissidence, qui a pourtant des humoristes de qualité, que ce soit sur scène (Dieudonné, Gardin) ou sur papier (Zéon et Cie).

Charlie est libre de se moquer des victimes de Crans-Montana, et les familles sont libres d’attaquer le journal. Cela n’enlève pas que les vrais responsables de ce drame sont les deux propriétaires du Constellation, Moretti et Jessica, deux escrocs devenus des criminels. Plutôt que de se moquer des jeunes qui ont souffert (décliner les vannes sur les barbecues et le cannibalisme genre les Moretti vendaient à la sortie de la brochette de jeune, ou les crématoires avec la présence du personnel de Zaka en pyjama rayé, etc.), pourquoi ne pas viser plutôt Jessica, qui ressemble étrangement à la méchante des 101 Dalmatiens ?

 

 

On rappelle que Cruella est partie avec la caisse,
laissant les jeunes se débrouiller avec les flammes

 

Ah oui, dernière chose, l’issue de secours était fermée. Les sauveteurs ont retrouvé des grappes humaines carbonisées derrière.

Crans-Montana, la piste noire

 
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32 commentaires

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  • #3588194
    Le 17 janvier à 04:33 par Patriote lambda

    Bord.. de merde , est-il si difficile de répertorier les millers de bars en France , de cibler les propriétaires , et par l’intermédiaire de ceux qui s’occuppent de la sécurité (administration) , créer une application ,qui envérraient automatiquement un mail chaque semaine en leur demandant si leur portes de sortie est bien conforme (ouverte) à la législation.
    Le jour ou ce genre de drame arrive , tu leur fais comprendre que bon avocat ou pas , tu vas prendre des années de taule et que ta fortune personnelle ira aux familles des morst et bléssés.

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  • #3588198

    Désolé, mais quand je vois un gribouillage comme ça, j’appelle pas ça un dessin, et le mec qui se fait appeler Salch, n’est clairement pas dessinateur (en plus le comparer à Reiser, c’est carrément insultant pour le métier). C’est encore plus mauvais que du Joann Sfar, c’est dire !
    Il se serait torché le cul sur une feuille de papier Canson, ça aurait au moins une valeur artistique, culturelle et scientifique digne de protection.

    La connasse qui dit qu’un dessin satirique n’est pas supposé faire rire... en voilà un bon de gag.

    Quand à la chialerie de la mère Thénardier Jessica, ça a juste le mérite de ne pas être devant le mur des lamentations.

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  • #3588205

    Personne dans ces commentaires somme toute bienveillants pour le papier hygiénique Charlie Hebdo, pour se dire que s’il était un proche des jeunes brûlés, le dessin ne le ferait pas rire du tout.
    C’est à cela qu’on mesure la déchéance d’une société.

     

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    • Remarque peu judicieuse puisque vous vous doutez bien, commentaires explicites ou pas, que beaucoup de gens sont dans votre cas et pensent la même chose que vous. L’empathie est un sentiment répandu malgré ce qui est mis en avant par les mérdias.

  • #3588209

    @ UBAIA

    l’Humour de lâches est une abjection, le contraire de ce que pratique Dieudonné condamné non pour le genre satirique qu’il pratique mais à cause de la cible qu’il privilégie.

    Il est facile de se moquer des affligés tout en épargnant les puissants.

    Pourquoi ne pas avoir fait un dessin sur les propriétaires du Bar ?

    Avant de prêter une prise de position à Dieudo il conviendrait de lui demander son avis sur le sujet.

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  • Le jour où on verra les couilles de la mère Macrelle pendre en page de couverture, je serai Charlie.

    Ce n’est pas demain la veille !

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  • Charlie Hebdo quel torchon !!!! Ont-ils par exemple un dessin satirique sur les morts de la plage australienne ? Je leur demande hein, pour que tout le monde puisse rigoler ou du moins autre chose, vu les propos de cette chef du personnel ?
    En plus elle représente quoi, elle s’occupait des congés et des payes. Il est où l’ex rédacteur en chef ?

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  • #3588277

    2 questions :
    Pourquoi les normes de sécurité n’ont elles pas été respectées ?
    Pourquoi des subventions à un journal qui serait en faillite sans les subventions ?

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  • #3588341

    "Les brulés font du ski" : C’est de la liberté d’expression.
    Il faut juste veiller à ne pas écrire "La grosse" en début de phrase ... et s’assurer que les victimes ne soient pas des lumières éclairant le soleil.

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  • #3588524

    Pourquoi les sorties de secours du Constellation étaient-elles fermées ? Les gérants d’établissements nocturnes les ferment au mépris de la loi sur la prévention anti-incendie parce qu’il arrive que des jeunes, sì l’entrée est payante, fassent entrer leurs amis gratuitement. Pour prévenir ce risque, il faut placer un « videur » à chaque sortie de secours. À Crans, ce n’était pas le cas puisque , semble-t-il, l’entrée était libre. Alors était-ce pour éviter qu’en fin de soirée des clients se tirent sans payer leurs consommations ? Il arrive que des types arrivent en Ferrari ( louée pour la soirée ?) pour impressionner les filles puis cherchent à quitter les lieux sans payer l’addition ( leur jéroboam) ou que le serveur doive les poursuivre pour obtenir le paiement des consommations. Il n’y a parfois pas plus radin qu’un riche ! Regardez Kamprad, l’ancien patron d’Ikea, qui allait s’acheter au supermarché du coin des boissons plutôt que de se servir dans le mini-frigo bar de sa chambre d’hôtel !

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  • #3589112

    Et l’hypothèse zéro victime, pour dire que la Suisse a besoin de l’UE car elle n’aurait pas assez d’hôpitaux ?

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