Ton analyse est fausse.
Le Venezuela est attaqué sur tous les fronts depuis plus de 17 ans : diabolisation médiatique, violence paramilitaire aux frontières, attaques de la finance internationale, blocus subtil sur des produits essentiels, agiotage à l’intérieur du pays, dissolution progressive du système d’alliances mis en place par Chavez (l’axe Cuba-Venezuela, le Brésil passé à droite, l’Argentine gouverné par un banquier), blocage institutionnel à l’assemblée nationale, menace permanente de coup d’Etat (comme en 2002 !), tensions au sein de l’armée, attaques permanentes des partis d’extrême-gauche, etc.
Alors c’est sûr, depuis la France, bien assis au chaud devant son ordinateur, il est facile de pointer du doigt un gouvernement et de dire : "Hé ! Chavez a oublié de développer l’économie !". La remarque est particulièrement naïve.
Une mise au point rapide s’impose ici, une vidéo explicative suivra :
1) Personne avant Chavez n’avait ne serait-ce qu’essayé de diversifier l’économie du Venezuela. Tout le monde s’en moquait et comme le pays donnait la quasi-intégralité des revenus pétroliers à l’Empire, l’élite du pays pouvait dormir tranquille sans risquer une quelconque diabolisation. C’est justement parce que Chavez a tenté de rendre son pays autosuffisant, indépendant, qu’il n’est plus de ce monde pour en parler et que le pays est attaqué continuellement depuis 17 ans. Donc en clair, en critiquant le chaos qui règne au Venezuela, tu ne te rends pas compte que tu critiques les effets de ce que justement tu sembles préconiser (l’indépendance). Le chaos est consubstantiel à la marche vers l’indépendance, sinon cela voudrait dire qu’il n’y a pas d’Empire imposant son ordre économique et politique. Toute la question est d’en comprendre les mécanismes pour pouvoir surmonter ce chaos. De ce point de vue, l’expérience contemporaine du Venezuela est très éclairante (et d’autres, à travers l’histoire...).
2) Contrairement à ce que l’on croit, dans le contexte extrêmement violent du Venezuela, Chavez a fait beaucoup, d’un point de vue social et économique. Je te renvoie vers le livre que j’ai écris à ce sujet, disponible chez Kontre Kulture.
3) Enfin, la vraie question est la question de la démocratie. Il aurait fallu 20 ou 30 ans de plus à Chavez pour obtenir des résultats durables. La démocratie bourgeoise est-elle la forme la plus pertinente pour qu’un pays brise ses chaînes ? À la fin de sa vie, Chavez donnait la réponse à cette question essentielle...