Les bombardements alliés en Normandie semblent avoir laissé des souvenirs très différents. Mes grands parents, normands des deux côtés de ma famille, ont toujours été formels sur les Américains : des brutes arrivant en pays conquis.
V. Reynouard parle des bombardements alliés (Américains, Anglais et Canadiens) mais il est un autre fait moins connu concernant l’attitude alliée après le débarquement. Si les Normands ont commencé par bien accueillir les GI’s, ils se sont vite aperçus de leur erreur. Il est aisé de retrouver les condamnations des tribunaux militaires américains en 1944 : les condamnations pour viols, meurtres sont sans commune mesure avec celles des tribunaux allemands pendant 4 ans d’occupation. Elles explosent littéralement. Et ce n’est pas être collabo de dire cela. C’est un fait.
Le soldat anglais, lui, tout comme le soldat allemand, avait reçu des ordres très stricts concernant l’attitude à adopter envers la population civile.
En revanche, unanimement, les destructions civiles occasionnées par ce "carpet bombing" n’était pas de nature à gêner en quoi que ce soit les Anglais et les membres du Commonwealth : le Havre détruit à 80% ; Rouen en avril 1944, joyau du gothique, martyrisé par des bombardiers canadiens, qu’on rendait ivres de scotch pour éviter la peur d’être descendu par la Flak ou la Luftwaffe. On pense d’ailleurs également à Monte Cassino, le monastère de Saint Benoit, vieux de plus de mille ans, détruit sur les ordres du sanguinaire Freyberg, général néo zélandais. La destruction du vénérable monastère ne servit qu’à aider les parachutistes allemands à verrouiller leur défense. On ne dut la sauvegarde des archives qu’à l’initiative d’un gradé allemand qui prit sur lui, contre les instructions de la SS, d’utiliser des camions allemands (et surtout de l’essence) pour évacuer ses trésors vers Rome. (Cf le livre de Rudolf Böhmler préfacé par le maréchal Juin)
A Rouen, suite à la semaine sanglante d’avril 1944, une affiche avait fleuri sur les murs de la vieille cité : en arrière fond, on y voyait le bûcher de Jeanne d’Arc dans la pose de la statue de M. Real del Sarte et dans le ciel des nuées de bombardiers ; juste en dessous cette phrase "Les assassins reviennent toujours sur les lieux de leur crime."
Merci à Reynouard pour ce beau témoignage à la mémoire des victimes oubliées