La RTBF, à partir d’images (contestées par beaucoup d’Algériens en commentaires) de la Sonuma, revient sur la situation sociale des travailleurs algériens dans les années 60 en région parisienne.
Pour info, le grand bidonville se situait à Nanterre, pas à Paris. Il sera rasé en 1972 pour laisser place à des cités. Il ne s’agissait pas seulement d’accès à un logement digne pour ces ouvriers non spécialisés et leurs familles, mais aussi de casser la solidarité algérienne, qui fournissait une implantation locale forte au FLN (après pas mal de purges).
Le commentaire de Jean Cau n’y va pas mollo :
« Ces gens-là sont vraiment comme le caillou dans les lentilles. Ils n’appartiennent absolument pas, ils ne sont mêlés d’aucune façon à la communauté française. À tel point que l’on voit des Algériens qui sont là depuis quinze ans et qui ne parlent pas un mot de français. Cela pose un tas de problèmes car ils sont complètement en exil, ils ne parlent pas notre langue, ils ne vivent pas mêlés dans nos quartiers, ils ne voient pas nos spectacles, ils n’entendent pas notre radio puisqu’ils parlent arabe. »
On dirait la parabole de l’huile et de l’eau de Charlot – ici narrée par Alain Peyrefitte – qui ravit Zemmour :
« Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut digérer d’un coup 10 millions d’Arabes, qui demain seront 20 milions, et après-demain 40 millions ? »
Il faut dire qu’à l’époque, cette première génération n’avait pas vocation à rester, l’objectif, le rêve, c’était de retourner au bled avec un pécule, ou une retraite. Mais les choses ne se sont pas passées comme ça.
Dix ans plus tard, le regroupement familial du duo Veil-Giscard allait rebattre les cartes. Les Algériens, face aux difficultés économiques de leur pays d’origine (une soviétisation loupée), étaient là pour rester. Le retour au bled, ce sera pour les vacances, chez pépé et mémé, jaddi et jaddah.
Le militant du FLN qui a accepté de parler en off au journaliste belge le dit : il attend que le contentieux entre la France et l’Algérie se résorbe, pour que les deux nations vivent en paix. Bon, soixante ans plus tard, c’est pas encore gagné. Mais ça a peut-être à voir avec Macron. Pourtant, on doit en être à la quatrième génération, comme on dit : les petits-enfants des Algériens arrivés dans les années 50 sont français, sur le papier. Ils ne rêvent pas de revenir au bled, vu l’état du pays. Concrètement, les diplômés ou les motivés préfèrent les pays du Golfe.
Sinon, comme beaucoup de jeunes Français de souche (non maghrébine, on précise), les petits-enfants des appelés du contingent qui ont fait la guerre d’Algérie de l’autre côté, se sont américanisés. De ce point de vue, ils se ressemblent. Cependant, la plupart des troisième génération vivent dans des HLM en banlieue. Pourquoi ? Y a-t-il un plafond de verre français – ou algérien… – pour les Franco-Algériens de France ? On dirait que la réponse ne se trouve plus dans la guerre d’Algérie.
Alors, la jeunesse réussira-t-elle le mélange huile-vinaigre dont parlait le Général ? Vous avez quatre heures. Ou quatre ans.


et
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