Les ménagères se mettaient un foulard, un fanchon, un fichu, pour des raisons très pratiques : se protéger de la pluie, du froid, des poussières, du soleil. Les élégantes se posaient un joli morceau de tulle pour protéger leur laque et leurs crêpages de chignon.
À la messe, il était convenable d’avoir la tête protégée d’un foulard ou d’un chapeau pour les femmes, l’inverse pour les hommes, alors beaucoup plus couverts de l’occiput que les dames, pour cause de calvitie ou par goût personnel. Lors des baptêmes et mariages, ces dames en profitaient pour rivaliser d’élégance, certainement pas de grise modestie.
Seules les religieuses et les infirmières portaient un voile très particulier, qu’on ne peut confondre avec un foulard, pour signaler leur engagement religieux ou sanitaire. Parfois une coiffe.
Le voile n’est pas un foulard, ni cette sorte de cagoule dissimulant cou et oreilles qu’on retrouve dans les banlieues.
Pour le cou, il existait des cache-nez, des capuchons, des chaperons, des cols et des renards, des étoles, des lavallières, des écharpes.
Le "voile islamique" peut aller se rhabiller. Très rationnel et utile dans le désert, il jure en France, par déficience, pauvreté de concept et incongruité, quel que soit le prétexte invoqué.