Les États-Unis face à l’Iran : une défaite stratégique aux conséquences inattendues
1er juillet 07:37, par MauriceRéduire une relation géopolitique complexe à une simple rivalité entre deux ego. Or, Trump et Netanyahou ne sont pas des acteurs isolés ; ils sont pris dans des systèmes de contrepoids (Congrès américain, coalition gouvernementale israélienne, armée, services de renseignement, opinion publique, etc.). Aucun des deux n’a les moyens politiques de "sacrifier" l’autre unilatéralement.
rump est le président d’une superpuissance ; Netanyahou est le chef d’un État allié mais dépendant en partie du soutien américain. Le rapport de force est dissymétrique. Si "sacrifice" il devait y avoir, il serait bien plus probablement du côté israélien, mais encore faudrait-il que Trump ait intérêt à le faire – or, il n’a aucun intérêt stratégique à affaiblir un allié clé au Moyen-Orient,
Pour Donald Trump, l’urgence est électorale. Il doit avant tout gagner les midterms de novembre 2026 pour conserver le contrôle du Congrès . La guerre avec l’Iran est devenue un boulet politique pour sa base : elle fait grimper les prix de l’énergie (le carburant a dépassé les 4 dollars le gallon), et les électeurs républicains isolationnistes se sentent trahis par cette aventure militaire coûteuse . Des figures conservatrices influentes comme Tucker Carlson ont même quitté le parti pour cette raison . Trump doit donc désescalader et conclure un accord avec l’Iran avant novembre, quitte à brusquer son allié. Pour Benjamin Netanyahu, l’urgence est sécuritaire et politique. Il est lui aussi sous pression électorale en Israël. Pour lui, la guerre n’est pas un boulet, c’est une nécessité pour afficher une "victoire totale" contre l’Iran et le Hezbollah . Il a besoin de prolonger le conflit pour survivre politiquement. La "mise en scène" des midterms oblige Trump à agir pour son propre camp, quitte à "sacrifier" les intérêts politiques immédiats de Netanyahu sur l’autel d’un accord avec l’Iran. C’est une logique de "America First" poussée à son paroxysme. Après les midterms il est à parier que ça continuera quel que soit le résultat les US ne peuvent se permettre l’abandon d’un nœud stratégique qui mettrait en difficulté le monopole dollar.
Alain Soral et E&R
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