Théodoric : une page oubliée de l’Empire romain
23 novembre 2025 16:32, par ProtégeonslaPalestine
Pourquoi sommes-nous chrétiens est une fresque ambitieuse où Laurent Guyénot retrace l’histoire des idées et des luttes politiques qui ont jalonné l’épopée de la chrétienté. Mêlant académisme historiographique, questionnement personnel sur la nécessité d’éradiquer le paganisme pour propager la foi chrétienne, et narration des tractations et vicissitudes politiques qui accompagnent le cheminement du christianisme en Occident, ce travail titanesque, donc méritoire, présente à mon sens un défaut de méthodologie : monsieur Guyénot offre un parcours des tribulations qui ont permis d’établir le christianisme, sans même définir ce qu’est le christianisme.
Des prolégomènes posant la définition du terme chrétiens n’auraient pas été superflus : interroger le sens du vocable « chrétiens », à la lumière des faits d’histoire, aurait permis de mettre à jour une vérité : le christianisme n’existe pas.
Les querelles christologiques qui ont parsemé l’histoire de la chrétienté, suscitant pogroms, anathèmes, mises au ban pour hérésie, guerres de factions, excommunications, et remodelages des contours impériaux, tendent à prouver l’interdépendance entre la chrétienté et l’institution papale, les diktats conciliaires et le pouvoir dynastique : cette versatilité de la chrétienté au fil des siècles est illustrée par les défis interprétatifs que les controverses sur la nature de Jésus ont posées au canon de l’Église.
Ainsi, l’apollinarisme (qui prédiquait un Jésus à la fois humain / mortel et divin), la christologie antiochienne de Diodore de Tarse (qui postulait la nature humaine de Jésus et l’essence divine du Verbe), le nestorianisme qui contestait que Marie soit mère de Dieu puisqu’elle avait enfanté d’un homme, l’arianisme qui remettait en cause le dogme d’une divinité trinitaire, furent autant de marqueurs de divergences herméneutiques sur l’essence de Dieu et la substance de Jésus : les chrétientés se sont affrontées dans des guerres impitoyables menant jusqu’au schisme protestant, se disputant la candidature à l’ordre des vérités et de l’orthodoxie. Pourquoi sommes-nous chrétiens reste, par conséquent, une question subsidiaire à qu’est-ce qu’être chrétien.
Conclusion : Si j’étais né juif, je ferais comme Véronique Lévy et deviendrais chrétien. Si j’étais né chrétien, je deviendrais marcioniste et orthodoxe. Si j’étais né musulman, je serai sunnite et respectueux du Nouveau Testament. Pour en sortir, je prie Dieu, le Suprême, l’Indivisible.
Alain Soral et E&R
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