Les jeunes, le sexe et la mort
10 novembre 2012 03:42, par LostinHalbionLe cul entre deux chaises, Marion Sigaut nous apprendra donc que la révolution sexuelle a fait s’écrouler "les contraintes d’une morale dépassée". Paradoxalement on peut imaginer que si ces jeunes ont mis fin à leur jour, c’est précisément car ils étaient toujours sujets à cette même morale. Pourquoi en seraient-ils arrivés à une telle extrémité si ce "renversement des valeurs" était effectivement ancré dans les mentalités. De quel renversement de valeurs parle-on donc ici ?
Ce "phénomène" est-il vraiment nouveau ? On pourrait penser à la jeune fille du village, la "Marie-couche-toi-là" humiliée dans sa communauté, poussée au suicide elle aussi, par les ragots et les regards impudiques. La relation à l’intimité a-t-elle vraiment changée ? Envoyer une photo de soi dénudée, est-ce "pire" que d’offrir totalement son intimité, corps plus qu’âme si je puis dire ? Les menteurs professionnels et ceux qui abusent de la naïveté ne sont pas nés avec internet ni avec la "révolution sexuelle", prétendre le contraire serait stupide ou de mauvaise foi.
Ce discours concernant la décrépitude des valeurs dans la société perd parfois toute crédibilité. Ici j’ai l’impression qu’on en vient à observer une particule avec un télescope astronomique. Question d’échelle, les faits divers ne sont pas forcément l’illustration des soi-disant "phénomènes" dont les médias se délectent. Ne semble-t-il pas évident que ces jeunes ont été abusés, et que les seuls coupables sont ceux qui les ont fait chanter, avec comme moyen de pression la honte et comme "avantage" un don pour la manipulation, l’inconscience totale, la méchanceté bête ou la simple stupidité ?
Le nombre de photos parfois très intimes de filles uploadées par leurs ex-petit-amis ou autre est impressionnant. Les américains semblent adorer ça. Question de culture et de morale me dira-t-on. Le problème ne réside pas dans l’échange de telles photos, qui peut se faire dans l’intimité d’une relation quelle qu’elle soit, tant qu’elle reste basée sur la confiance. Mais là où l’individualisme règne, une fille est "disposable". On en dispose puis on la jette, en vrai et/ou dans la fosse aux cons. Illustration parfaite d’une société anglo-saxonne tournant à la bouffonnerie, où le problème n’est pas le laxisme légal ou moral mais au contraire l’incapacité des populations à faire preuve de responsabilité lorsqu’elles s’aventurent hors des domaines contrôlés par l’état. Des inconscient qu’on incite à être irresponsables, quelle bonne idée.
Alain Soral et E&R
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