Les "révolutions de couleur" sont davantage le fait du National Endowment for Democracy que du USAID. Elles ont plus à voir avec le pillage de ressources par les grandes multinationales et l’élimination des gouvernements qui entravent ce pillage. Elles sont plus néoconservatrices que libérales, remontant à l’avènement des néocons, sous Ronald Reagan, ce symbole de la droite politique américaine. Économiquement, il a voulu appliquer la théorie désastreuse du "ruissellement" de M. Friedman en imposant un anti-New Deal à la Thatcher. Friedman présida la Société du Mont Pélerin, vouée aux intérêts oligarchiques et occupée à discréditer le consensus de l’après Deuxième Guerre mondiale en faveur de l’État-providence.
Manipulation et interférence électorale ne sont pas hors de question pour l’admin Reagan : on dirait même que l’accord sur les otages israéliens quelques jours après l’intronisation de Trump s’inspirait directement des techniques de l’administration Reagan, car on sait maintenant que c’est par un sale coup de l’équipe Reagan qu’il a pu remporter l’élection face à Jimmy Carter, alors que la crise des otages iraniens déjà réglée par l’admin Carter fut prolongée traîtreusement par l’équipe Reagan jusqu’à son intronisation...
Reagan était aussi un fervent lecteur sur le destin occulte des États-Unis. Son livre de chevet a déjà été The Secret Destiny of America de Manly P. Hall, un ouvrage tout à fait messianique dans sa glorification du panaméricanisme et de son modèle parfait et idéal de la démocratie franc-maçonnique universelle.
C’est durant les années Reagan, où le NED a été créé, que Richard Carlson, le père de Tucker, dirigea la branche de propagande médiatique de la CIA.
À la tête du NED on retrouvera Carl Gershman, qui fut aussi à la tête de l’ADL. Gershman est un néocon qui rejoignit le mouvement à la même époque qu’Elliott Abrams, et comme lui par intérêt pour la politique étrangère. Des néocons comme Abrams ont créé des dictateurs fascistes comme Pinochet, des écoles d’assassins comme l’École des Amériques et des escadrons de la mort anticommunistes. Abrams trempe dans le scandale d’Iran-Contra, dans lequel la CIA blanchissait l’argent de la vente d’armes et de la drogue pour financer la soi-disant lutte anticommuniste.
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