Décidément, il faudra ouvrir une rubrique 2P2M (deux poids, deux mesures) un jour, car ça commence à faire beaucoup. Dernier 2P2M en date, l’orchestre philharmonique d’Israël qui vient donner un concert à Paris, le tout en plein génocide des Palestiniens perpétré par les Israéliens.
Il est un peu plus de 20 heures quand la baguette de Lahav Shani – chef d’orchestre de l’Orchestre philharmonique d’Israël – se lève enfin. Le contexte pesait depuis des jours : appels au boycott, mobilisation de la CGT Spectacle, annonces d’actions par le collectif Palestine Action France. Dehors, des camions de police ; dedans, une salle pleine, sur le qui-vive. Dix minutes plus tard, la musique se heurte à un premier cri qui fend l’air – « Israël assassin », des tracts jaunes volent au-dessus des têtes, une sonnerie sourde vibre un instant. L’orchestre s’interrompt, puis reprend. (Le Figaro)
Le concert est évidemment perturbé par un militant propalestinien qui allume un fumigène, et se fait à moitié lyncher. C’est le monde à l’envers, quand on pense déjà aux massacres de civils palestiniens depuis deux ans, et aussi aux musiciens russes qui ont été interdits de concert en France. Nous sommes vraiment en territoire occupé, nouvelle démonstration, s’il en fallait, avec ce sujet de France Info, qui n’y trouve rien à redire.
Et pourtant, le lynchage du militant propalo, l’interview de Nuñez dont on se demande de quel gouvernement, israélien ou français, il est ministre de la Répression, et l’interview de Yonathan Arfi, du CRIF qui donne ses ordres à la pauvre république, c’est un vrai tir groupé. La république, c’est ce qui reste de la République après le passage du CRIF.
Tout ceci n’est guère encourageant pour la liberté et la justice. Pierre Solot, de la RTBF, s’est interrogé sur la validité du boycott des musiciens russes et israéliens.
À travers tous ces exemples, il faut comprendre qu’en France, les Israéliens ou les israélistes ont tous les droits. Parmi leurs devoirs, qui sont très légers, voire inexistants, on ne leur demande même pas d’aimer la France. C’est en option.
En in, la plupart disent qu’ils adorent notre pays ; en off, c’est une autre musique, beaucoup moins patriote, beaucoup plus communautaire, et parfois haineuse. Au moins Finky, avec son très décomplexé « la France mérite notre haine », a été honnête.
Conclusion logique : un orchestre portant les couleurs d’un Israël génocidaire a le droit de jouer à Paris, pas l’orchestre d’une Russie en guerre.
Message aux Russes : si vous voulez développer votre soft power, tuez majoritairement des civils ukrainiens, pas des soldats. Sinon, encore mieux, tuez des Palestiniens. Cela ouvre toutes les portes.
| Paris > La haine a échoué, la musique a triomphé. Malgré les fumigènes incendiaires, les tracts militants et les tentatives de sabotage des terroristes culturels pro-BDS, l’Orchestre Philharmonique d’Israël a joué à guichets fermés hier soir à la @philharmoniedeparis.… pic.twitter.com/iHOGY59Ed1
— (((SIMON WEINBERG))) (@SlMONWEINBERG) November 7, 2025
Quant à Lahav Shani et son orchestre, on aurait pu, sur l’idée des artistes non responsables des crimes de leurs gouvernements, les absoudre, mais le simple fait de jouer, debout, l’hymne israélien à la fin est une faute grave : ils sont complices !


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