Corrections et remaniements.
Indiens, Turkestanais, Ukrainiens, Géorgiens, Arméniens, Azéris, Tatars, Bosniaques, Tchétchènes... nombreux sont les non-aryens ayant combattu aux cotés des Allemands. Le Troisième Reich a mis de côté ses théories raciales pour recruter des soldats appartenant à des peuples qu’il jugeait inférieurs.
Les pertes allemandes colossales sur le front de l’est en 1942-1943 expliquent cet enrôlement métissant les troupes du Reich : au tournant de la guerre, moment où l’Armée Rouge décime la Wehrmacht, la pureté ethnique au sein des armées du Reich passe au second plan. De plus, dans le cas des Indiens ou des populations soviétiques (Géorgiens, Turkestanais etc), il s’agit très souvent de soldats faits prisonniers par les Allemands et qui ont changé de camp. Comme dans le cas des soldats coréens enrôlés de force dans l’armée nippone, la combativité de ces supplétifs (notamment les SS bosniaques) a été faible voire quasiment inexistante.
En juin prochain (dans un mois jour pour jour) nous "célébrerons" les 75 ans du débarquement allié en Normandie. Fait peu connu : beaucoup d’Allemands présents en Normandie le Jour J étaient des Ostgruppen, c’est-à-dire des Soviétiques portant l’uniforme allemand, arrivés dans le secteur du futur débarquement à partir de 1942-1943, au moment où le recul allemand à l’est était en train de changer le cours de la guerre. Les populations civiles normandes ont constaté ce changement dans la composition ethnique de l’armée allemande avec l’arrivée de ces soldats, souvent appelés "Mongols" par des Normands surpris de voir la Wehrmacht changer ainsi de "visage" (pour certains Calvadosiens, ces supplétifs d’Asie centrale étaient des descendants de Tamerlan ou de Gengis Kahn).
Attention aux conclusions hâtives (« Vous avez vu ce ne sont pas des racistes les nazis, il y avait même des non-européens dans leurs armées »), car il s’agissait plus d’enrôlements de soldats pour combler des pertes que d’antiracisme pur. Du pragmatisme et rien d’autre. Dans le cas de la SS Legion Freies Indien, essentiellement composée de soldats indiens de l’empire britannique faits prisonniers par les troupes de Rommel, l’hostilité à la Grande-Bretagne était pratiquement l’unique point de convergence. Décoloniser l’Inde était une priorité pour Bose, pas pour le Troisième Reich.