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Anastasie et Javotte défilent à Cannes

Qu’on soit homme ou femme, hétéro ou homo, humain ou animal, ce qu’on a tous vu à Cannes est très dur pour les yeux. Mais le pire dans ce défilé vulgaire des femmes du régime, ce ne sont pas les corps ou les visages, c’est la morgue, la certitude d’être admirées, aimées, enviées.

 

 

 

Un crachat dans la gueule des Français

La certitude d’être admirées... Le problème, c’est que c’est tout le contraire. Sur les réseaux sociaux, ça fait monter la colère d’un cran. Ces dames de la cour s’en rendent-elles compte ? On pense que non, parce qu’un jour, ça peut devenir dangereux. Et ne nous sortez pas le coup du vous nous mettez une cible dans le dos, puisque la provocation, elle vient de là-haut.

« Vous avez versé le premier sang », comme dirait Rambo. Toujours utile de citer Rambo, ce symbole de la justice d’en bas, qui n’est pour l’instant qu’un fantasme. Or, tout va vers une résolution, on a bien dit résolution : la montée des problèmes aura un pic. Les Grecs ont un mot savant pour ça mais on l’a oublié.

 

 

Cette preuve de déconnexion des élites, qui ne mesurent pas le danger de leur exhibition, pire que sexuelle – ils exhibent leur pouvoir, leur assurance, leur haine du peuple, au fond – fait partie d’un grand mouvement de déréalité, qui sévit au cinéma comme en politique, et c’est logique que ça se croise sur la Croisette.

Éric Neuhoff (nouvel espoir, en allemand) du Figaro explique cela vec un humour acéré dans son billet cannois du 19 mai 2026. Il y fait la liste des professions exercées par les héros des films en compète à Cannes : c’est sociologiquement bien vu. Pas un ouvrier, pas un ingénieur comme dirait Ridal dans les séries (de son vrai nom Dalri), pas un artisan, pas un agriculteur : que des artistes ou des branleurs !

Dans Histoires parallèles, Isabelle Huppert est romancière. Elle ne sort pas de chez elle. Le héros de Fatherland exerce le même métier, mais il a des excuses : c’est Thomas Mann en personne. La Léa Seydoux de Gentle Monster n’a pas d’autre choix que d’être pianiste. Pointer à l’usine, vous n’y pensez pas. Une sculptrice est au centre de Quelques jours à Nagi. Des réalisateurs sont scrutés à la loupe par Rodrigo Sorogoyen et Pedro Almodovar, comme si l’Espagne avait honte de ses toreros et de ses promoteurs immobiliers.

Sous le nom de Garance, Adèle Exarchopoulos joue une actrice. C’est une actrice qui boit. Cela a le mérite de l’occuper entre deux rôles. Évidemment, dans L’Inconnue, Niels Schneider est photographe. L’activité ne semble guère nourrir son homme : le comédien est maigre comme un clou. Il faut attendre Notre salut pour tomber sur un fonctionnaire. Enfin quelqu’un qui n’émarge pas aux intermittents du spectacle. Mauvaise pioche : il est collabo. À une époque, il s’agissait d’un job à plein temps. Nobody’s perfect (comment dit-on ça en allemand ?).

Tous ces membres de la cour, qui n’ont pas les mêmes lois que nous, tomberont ensemble car ils sont solidaires. Par exemple, Bruel va entraîner Bergé, un nom maudit, dans sa chute. Il vient d’annuler sa tournée au Québec, et cette idiote le défend en plateau.

 

 

Pendant ce temps, dans le réel, les Français de la classe moyenne et supérieure commencent à faire leurs courses chez Lidl ou Action, histoire de ne pas trop dépenser ; de plus en plus de locataires quittent leur logement à la cloche de bois (ils se sauvent quand la dette loyer devient trop importante) ; et le nombre de jeunes en surendettement qui passent par l’appli suédoise Klarna explose.

Signe que les voitures restent en effet davantage au garage, les achats de carburant ont plongé de 30 % au cours des dix premiers jours de mai, a annoncé le premier ministre, Sébastien Lecornu, sur le réseau social X. Et pour cause : entre le 27 février, à la veille du déclenchement de l’attaque israélo-américaine sur l’Iran, et le 8 mai, le prix du SP-95 a bondi de 20 %, à 2,029 euros, et celui du gazole de 26 %, à 2,157 euros, selon les chiffres de l’Union française des industries pétrolières. (Le Monde)

S’adapter à l’oppression

Pour l’instant, tout l’édifice social tient, parce que les Français s’adaptent à la paupérisation généralisée. Ils restreignent leurs dépenses, leurs besoins, se chauffent moins, mangent moins (de viande), et augmentent la solidarité entre générations ou entre voisins. Mais ce premier édredon ne tiendra pas longtemps sous le choc. Conséquence, les commerces ferment, le chômage grandit, l’argent disparaît, et la pression fiscale – l’extorsion étatique – augmente comme jamais. Cet effet de ciseaux aura une fin, que l’on espère négociée.

Là-dessus, la morgue des affreuses reine et princesses du régime, les Ernotte (la marâtre), les Najat (Anastasie) et les Bergé (Javotte), a valeur de symbole, et de symbole fort : c’est la goutte d’eau. Nous sommes dans Cendrillon, persécutée par Anastasie et Javotte, avec la marâtre au-dessus. Finalement, ces contes sont très politiques.

« Au fil des années, le château tomba en ruines, et la fortune de la famille fut dilapidée pour satisfaire les caprices des deux belles-filles, pendant que Cendrillon, trompée et humiliée, se retrouva reléguée au rôle de servante dans sa propre maison... »

 

Si vous ne voyez pas le rapport avec la France d’aujourd’hui, alors on ne peut plus rien pour vous.

Dernière minute : non-lieu requis par le parquet pour le faux témoignage d’Aurore Bergé dans le scandale des crèches... Une goutte d’eau de plus !

Horreur à Cannes

 
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37 commentaires

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  • #3614749
    Le 20 mai à 16:45 par Chelon n’était pas chelou

    Il y a une belle chanson de Georges Chelon "nid d’amour" qui décrit (presque) l’état de la France d’aujourd’hui.
    Ou (presque) celui de l’Ukraine.
    Belle voix, beau texte, belle chanson (1968). Il fait partie de ces artistes français qui ont dû vivre, déjà dans les années 70, de leurs tournées, plutôt que du soutien du show business.

    Trop français, trop doués.

    Oui Cendrillon, c’est nous.

    Un bémol sur le gentil film de Cendrillon : trop de rats dans l’affaire. Les souris, les rats, ça ricane et c’est pas sympa ; ça prend tout ce qui traîne, ça paye en saletés. Je ne sais pas pourquoi Walt Disney les met en scène à ce point.
    Une souris dans un piège, ma foi c’est une mesure d’hygiène. Surtout, ne la libérons pas.

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  • #3614755
    Le 20 mai à 17:15 par ertalif

    "la montée des problèmes aura un pic. Les Grecs ont un mot savant pour ça mais on l’a oublié."
    L’acmé

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  • #3614761
    Le 20 mai à 17:54 par Rectificateur

    Pantabruel qui annule sa tournée au Québec.
    Dommage, on l’attendait...

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  • #3614763
    Le 20 mai à 18:12 par bjorn

    C’est bien le festival de Connes.

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  • #3614771
    Le 20 mai à 19:07 par Mich

    ’Scusez-moi de pas suivre l’indignation générale... Elles sont juste en train de révéler que l’Élysée c’est juste une mascarade, comme Cannes, comme Hollywood...
    Pour moi le message est clair...

     

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    • #3615615
      Le 25 mai à 10:16 par René

      La république est une mascarade. Qui donne libre cours aux apatrides tireurs de fils de marionnettes.
      Le suffrage universel est une escroquerie, particulièrement bien illustrée par le cas Macron.
      La démocratie est un mirage.

  • #3614782
    Le 20 mai à 20:06 par bougre

    Javotte et Anastasie les deux belle-soeurs jalouses de Cendrillon sont décrites par Charles Perault et les frères Grimm comme orgueilleuses et arrogantes, obsédées par la beauté et prêtes à toutes les manœuvres pour séduire le prince, jusqu’à se mutiler pour enfiler la pantoufle de verre, mais leurs caractères et rôles évoluent selon les époques et les sociétés, jusqu’à notre période d’inversion systémique qui les rendent belles et attirantes par l’intelligence artificielle sur le site ’Mode and Déco’.

    La beauté du diable ou l’amour du faux en deux clics.

     

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    • #3614838
      Le 21 mai à 05:37 par lala

      Pantoufle de VAIR.
      C’était au 18e siècle une pantoufle (quelque chose en tissu, souple) en fourrure de vair (un genre de vison).
      Impossible de bouger, a fortiori de danser avec du verre aux pieds.
      Les grands pieds de ces demi-sœurs ne pouvaient que déchirer les petites pantoufles.
      Il y avait un goût à l’époque pour les charpentes délicates féminines, le teint rose et blanc, la peau et les traits fins qui situaient la noblesse, laquelle n’était pas astreinte aux durs labeurs qui musclent et font bronzer.

  • #3614817
    Le 21 mai à 01:12 par Grobert amer

    Lecornu doit probablement son patronyme à un alchimiste voire à un vrai mage Satanist, au moyen-âge avec un patronyme pareil on n’arrivait même pas à avoir un commerce de changeur et encore moins une place de capitaine du Guet...
    Quand je vois Le cornu je dis :"vade rétro Satanas" !!!

     

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    • #3614867
      Le 21 mai à 07:51 par Toutatis

      L’expression correcte est : "Vade retro Satana".

      Pas de "S" à la fin car c’est un vocatif de la déclinaison latine.

      Toutatis

  • #3614847
    Le 21 mai à 06:22 par Screenager

    On a coupé la tête de Marie-Antoinette pour moins que ça. Et je ne sais même pas si j’exagère.

    Avec la paupérisation galopante, que ces gourdes aillent faire les putes sur le tapis rouge, fallait oser.

    Pourquoi pas, remarquez, puisqu’on a un président de la république qui chante La Bohème comme un mec bourré lors d’un karaoké à 4 heures du matin.

    Pendant ce temps, les commerçants acceptent la nouvelle loi fiscale qui va les achever, et les français qui ont encore le privilège d’avoir un travail contractent des crédits ou rognent sur le peu de plaisirs qu’il leur reste sans sourciller.

    Ils attendent Bardella, Attal ou Mélenchon comme sauveur, soit un énième pantin qui s’occupera d’achever la destruction du pays.

    Espérons un sursaut, bien que les perspectives soient sombres...

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  • #3614912
    Le 21 mai à 13:25 par beato

    A l’école on apprenait les intrigues de cour à Versailles . Désormais les égéries des médias et autres starlettes de la politique ont remplacé les marquises , dans cet exhibitionnime vulgaire et sans grâce .

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  • #3614932
    Le 21 mai à 16:44 par Naim

    Si au cinéma, les personnages fictifs tiennent des métiers parasitaires, romanciers à la sauce actuelle (opposés aux vrais romanciers : Balzac, Dostoïevski etc), enseignants, voire tout simplement homosexuels (oui c’est un métier que d’être homosexuel maintenant), aux parlements des dits démocraties occidentales, on ne trouve pas la moindre trace d’un métier professionnel ni d’ouvriers ou d’ingénieurs ou de paysans. Ce sont des avocats, des comptables, des gens très liés aux intérêts des oligarques. Il y a même des chômeurs comme Bardella ou Mélenchon son alter égo, qui ne savent rien faire de leurs mains mais dont la carrière tient en un mot : parlementariste.

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