Affaire Lyhanna : toute la chaîne judiciaire est mouillée
23 juin 18:45, par ANONYMEl’État, au niveau régional, a encore failli. Et la question qu’il faut bien se poser, c’est : est-ce qu’il a failli volontairement, ou involontairement ?
Il a failli administrativement à tous les niveaux...
Le pré-rapport de l’inspection générale de la justice (IGJ) sur le traitement de la plainte du 18 août 2025 qui, si elle avait été traitée, aurait peut-être évité la mort de Lyhanna, a été remis à Matignon.
La plainte déposée à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch, le 22 août 2025 a entraîné l’ouverture d’une enquête préliminaire.
Le directeur d’enquête a compris que le suspect avait un profil inquiétant mais il n’est pas compétent territorialement car le lieu des faits et le domicile de l’auteur relèvent du Tribunal judiciaire d’Auch (Unité du Gers), situé à 64 kilomètres.
Le soi-transmis de dessaisissement du parquet de Toulouse au bénéfice de celui d’Auch est signé le 28 octobre, avec cette seule mention : vous êtes compétent en raison du lieu d’infraction.
Le dossier arrive à Auch (par courrier) le 10 novembre.
L’inspection note qu’il aurait pu être communiqué en parallèle par voie numérique pour plus d’efficacité et relève que rien n’a été fait pour attirer l’attention du parquet d’Auch sur l’importance de l’affaire.
À Auch, le dossier n’est enregistré que le 2 décembre, soit 23 jours après sa réception.
Les agents responsables de ce retard reconnaissent l’avoir placé par erreur dans la pile non urgente.
Il faut attendre le 9 janvier 2026 pour qu’un procureur s’en saisisse et demande à la gendarmerie de Plaisance de poursuivre les investigations, ce qui est une erreur, puisque celle-ci s’est précisément dessaisie pour incompétence territoriale.
Le 22 janvier, la procédure arrive à Lectoure dans le Gers, (nouveau retard de 13 jours).
Le 23 janvier l’adjudant de Lectoure contacte le parquet d’Auch qui lui demande de réentendre ou faire réentendre à Plaisance la mère et le beau-père de la victime.
Il demande aussi les échanges téléphoniques entre le mis en cause et la victime, des informations sur l’environnement scolaire de l’adolescente et le versement au dossier d’une procédure similaire contre le suspect remontant à 2024 et classée sans suite.
Et ça s’arrête là…
Les actes d’enquête ne seront jamais réalisés et le suspect jamais entendu.
Le rapport note que le substitut s’en est remis à l’OPJ alors que la gravité des faits et le risque de réitération imposaient qu’il dirige l’enquête lui-même.
Alain Soral et E&R
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