La violence se banalise à un point que le meurtre, comme celui de cette pauvre adolescente, devient, dans les journaux, un fait-divers comme un autre. Vingt ans auparavant, cela aurait été impensable, ce qui en dit long sur le glissement qui s’est opéré dans le pays et dans l’inconscient de la population.
Bon sang, mais comment peut-on ôter la vie à une fille, la larder de coups de couteau, uniquement parce qu’elle se refuse à vous ? Nous avons tous pris des râteaux étant plus jeunes, c’était dur, ça faisait mal, mais il fallait bien en passer par là. Et jamais l’idée ne serait venu à qui que ce soit de lever ne fût-ce que la main sur celle qui vous avait éconduit.
Cette génération ne supporte plus la frustration, tout lui est dû, elle voit les influenceurs à Dubaï mener grand train, pleins de pognons, se tapant des standards de beauté à tout va – quelle image cela lui donne-t-elle de la vie, de l’apprentissage, de la quête ? Le refus lui est devenu à ce point insupportable que tout objet qui l’incarne doit être piétiné, humilié, ou disparaître corps et biens.
Il est possible aussi que les affres de la pseudo-pandémie distillent lentement leurs effets. Les psychologues comme Marie-Estelle Dupont ont beaucoup alerté sur le fait que les traumatismes répétés infligés aux enfants ressortiraient rapidement. C’était il y a six ans, les enfants de l’époque sont devenus les adolescents d’aujourd’hui, et l’on peut légitimement se poser la question.
Pauvre gamine... C’est intolérable de perdre la vie si jeune pour une broutille pareille...
Alain Soral et E&R
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