Le premier navet français intégralement en IA
8 mai 10:34, par ScreenagerLorsque vous regardez aujourd’hui un film avec des effets spéciaux de partout, c’est d’une froideur crasse, il n’y a aucun esthétisme, on sent que c’est du facile – du vas-y que je te dégueule du numérique à tout-va. C’est à qui aura la plus grosse. Et en attendant, les scénarios tiennent sur trois lignes, la psychologie des personnages est inexistante, et on ressent un vide profond qui est un peu le vide de l’époque.
L’article parle de Jurassic Park, il faut savoir que pratiquement tout le film a été réalisé avec des animatronics sur-mesure (le T-Rex a été construit grandeur nature) et très peu de numérique, ce qui le rend si unique.
Pour le premier « Dents de la mer », dans le scénario original, le requin devait apparaître bien plus souvent, mais la mécanique tombait si souvent en panne que Spielberg a été contraint de changer ses plans, et c’est ce qui fit l’énorme succès du film et la peur qu’il a suscité : la suggestion.
L’idée sera d’ailleurs la même dans le premier Alien : afin de maintenir l’angoisse au plus haut niveau mais également pour des raisons de réalisme, Ridley Scott a fait en sorte que l’extra-terrestre apparaisse extrêmement peu. Le film est devenu tout de suite une référence.
Et à propos de la saga Alien, une anecdote concernant le second volet et qui prouve qu’à l’époque il fallait faire travailler ses méninges : dans le film, l’équipage est censé être attaqué par des milliers de bestioles ; en lisant le scénario de James Cameron à l’époque, la Fox a refusé net : le coût de milliers de costumes ferait exploser le budget ! Mais Cameron demanda à la direction seulement sept costumes d’extra-terrestres, assurant qu’il se débrouillerait avec ça. Et avec sa science du cadrage et du mouvement de caméra, lors des scènes d’attaques, on a l’impression effectivement d’un surnombre incroyable ; or, si vous vous amusez à faire des arrêts sur image, vous verrez qu’il n’y a toujours, à chaque séquence, pas plus de sept bestioles. Mais avec un montage dynamique (qui ne veut pas dire irregardable) et un réalisateur talentueux et inventif, le résultat est spectaculaire.
Tout cela pour dire qu’il y avait avant une inventivité incroyable malgré le manque de moyens. Je ne parle même pas des scènes de transformation des films « Le loup-garou de Londres » et de Hurlements ». Aujourd’hui, tout est faisable, mais cette surenchère ne peut qu’irrémédiablement blaser le spectateur.
Alain Soral et E&R
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