Epstein ou le retour du diabolique
15 février 09:55, par SevAvec la déliquescence de la modernité techno-robotisée on pourrait croire que la bombe Esptein est le symptôme du début de l’effondrement, si ce n’est de la civilisation, en tout cas probablement d’un certain système.
Pour autant, l’Histoire nous rappelle que le diabolique et le satanisme ne sont pas vraiment nouveau. Sous Louis XIV, la longue affaire des empoisonneuses, des assassinats qui en découlèrent et des interminables procès suivis de peines de mort ont non seulement défrayé les chroniques mais modifier la société de l’époque.
La seule différence est qu’au 17ème l’on ne barguignait pas avec les peines : c’était la peine de mort pour la plupart et celles (et ceux !) qui y échappèrent avaient, comme aujourd’hui, quelques bonnes relations dans leur carnet de bals.
L’Onfray, le philosophe ruralo-saloneux, a écrit (entre autres !) La Passion de la méchanceté... rien d’original au pays de Sade. Dany-Robert Dufour, analyste plus abouti, vient de publier Sadique époque.
La cruauté, le sadisme ou le mal sont au coeur de l’humain et il est clair que la modernité qui a fait sauté le Surmoi à ouvert un boulevard aux pires pulsions. Il y a derrière tout ça quelque chose de Mandevillien... il n’est pas inutile de lire ou relire sa Fable des abeilles.
Car, malheureusement, à y bien regarder, oui le mal est nettement plus profitable que le bien. Si le Christ a été combattu puis assassiné c’est surtout parce ses "valeurs" et recommandations ne permettaient évidemment pas de s’enrichir sans limite. L’usure, qui est l’art de faire un "pognon de dingue" sur le dos des plus démunis ne date pas d’hier, on le sait que trop.
Qu’est qu’un "influenceur" aujourd’hui si ce n’est un "malin" qui sait séduire les plus creux de la cafetière pour leur vendre du vent quand ce n’est pas de la daube ? Pourquoi rit-on tous en voyant quelqu’un faire une chute spectaculaire alors que nous savons "en même temps" que la personne s’est souvent fait assez mal ? Parce qu’il y a quelque de sadique au coeur de chacun...
Notre civilisation dé-civilise méthodiquement. Elle tourne selon une Fable des abeilles globalisée. Il fallait en cacher l’horrible mécanisme pour la pérenniser... l’affaire Epstein a braqué subitement un projecteur cru sur la machinerie et ceux qui tiraient les câbles.
On assure ici et là que le Jeffrey n’était (n’est ?) pas très fufute... en tout cas, il était à coup sûr un fieffé sadique. L’homme, vraisemblablement, ne naît pas bon...
Alain Soral et E&R
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