Egalité et Réconciliation
https://egaliteetreconciliation.fr/
Evènements

Les brèves de Faits & Documents

Recasage – Gastronomie – « Fils de »

Recasage

Réuni le 27 mai 2026, le Conseil des ministres a officiellement confirmé la nomination d’Emmanuel Moulin (secrétaire général de la présidence de la République du 15 avril 2025 au 4 mai 2026) à la tête de la Banque de France. Il est entré en fonction le 2 juin 2026 pour une durée de six ans.

Emmanuel Moulin a présidé le Club Opinions, fondé par Michel Rocard à Sciences Po Paris en 1986. Parmi ses membres figuraient d’autres jeunes rocardiens comme l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, l’ancien secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler ou l’éphémère directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Georges-François Leclerc, recasé préfet de Paris. De 2009 à 2012, Emmanuel Moulin fut l’un des principaux conseillers économiques de Nicolas Sarkozy, qu’il déclare admirer. Ancien administrateur suppléant à la Banque mondiale à Washington, Moulin a notamment travaillé pour le géant financier américain Citigroup, la société franco-britannique Eurotunnel et la banque italienne Mediobanca (qui conseilla l’État français dans la privatisation – voulue par Emmanuel Macron – de l’aéroport de Nice).

*

Gastronomie

Le film Les Goûteuses d’Hitler de Silvio Soldini, sorti en salles le 20 mai 2026, est adapté du roman Le assaggiatrici de l’Italienne Rosella Postorino, publié en 2018 et traduit en France chez Albin Michel sous le titre La Goûteuse d’Hitler. Il s’inspire des révélations tardives de l’Allemande Margot Woelk (1917-2014) qui a déclaré au Berliner Zeitung en 2012, à l’âge de 95 ans, avoir fait partie, de 1942 à 1945, d’un groupe d’une quinzaine de femmes chargées de goûter les repas du chancelier allemand afin de lui éviter un hypothétique empoisonnement.

L’historien allemand Sven Felix Kellerhoff a pourtant remis en cause ce témoignage, estimant qu’Hitler n’avait pas recours à des goûteuses extérieures. Selon lui, en raison des problèmes digestifs du Führer, ses repas étaient préparés par son cuisinier personnel dans une zone hautement sécurisée (Sperrkreis 1) du quartier général d’Hitler (le Wolfsschanze près de Ketrzyn en Pologne).

*

« Fils de »

Le 79e Festival de Cannes a laissé cette année une large place à la « mémoire » de la Seconde Guerre mondiale : Moulin de Laszlo Nemes, La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, La Troisième Nuit de Daniel Auteuil, Le Bois de Klara de Volker Schlöndorff ou encore Fatherland de Pawel Pawlikowski.

Le film Notre salut, écrit et réalisé par Emmanuel Marre, a remporté le prix du scénario. Le personnage principal incarné par Swann Arlaud est largement inspiré de l’arrière-grand-père d’Emmanuel Marre, Henri Marre, inspecteur au Commissariat à la lutte contre le chômage de Limoges dans les années 1940 : « Mon arrière-grand-père a été fonctionnaire à Vichy. Après la défaite, il a écrit des traités de théorie politique et son premier ouvrage s’appelait Notre Salut, édité à compte d’auteur par Fernand Sorlot, l’éditeur qui avait publié Mein Kampf. […] Une de mes tantes avait conservé une correspondance de guerre entre mon arrière-grand-père et mon arrière-grand-mère. […] Ce qui m’intéressait, c’est : comment les régimes fascistes créent des espaces pour que les névroses individuelles s’engouffrent et se mettent à leur service ? »

Emmanuel Marre a tenté, inévitablement, de conclure la remise de sa palme par un discours politique : « Nous avons essayé de nous demander comment euh… la violence, comment le besoin de dominer, comment le besoin de se rassurer en excluant l’autre, comment ces espèces de petits chefs qui ne savent pas aimer, qui ne savent pas partager, qui ne savent pas juste regarder un autre comme un être humain… Eh bien ces gens-là qui jouent au petit chef, au patron, aux pères de famille, eh bien aujourd’hui, quand ils sont à la tête d’un État, ou d’une entreprise, ou de n’importe quoi, ils excluent, ils bombardent, ils génocident. Plus jamais ça. Non vraiment, plus jamais ça. »

Swann Arlaud n’a pas été primé pour son interprétation. Il est le petit-fils du scénariste suisse Rodolphe-Maurice Arlaud (qui signait ses articles « Jean Pelleautier » dans Combat) et du comédien Max Vialle, le fils du chef décorateur Yan Arlaud et de la directrice de casting et metteuse en scène de théâtre Tatiana Vialle, le beau-fils du chef opérateur Bruno Nuytten.

 

Pour être informé de l’actualité française et internationale,
abonnez-vous à Faits & Documents

Les précédentes brèves de Faits& Documents