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Le retour du magazine 20 ans (plus tard)

La presse est morte. Ce n’est pas de la faute des RS, qui sont vivants, réactifs et lucides, cela date de bien avant : la presse s’est suicidée par consanguinité, cupidité et déconnexion.

 

N’ayant plus suffisamment de lecteurs, elle ne tient plus que par les subventions, touchant des subsides contre une soumission aux commandements idéologiques de l’État. Si on est pour l’Ukraine contre la Russie, pour Israël contre les antisémites, pour l’oligarchie contre les Gilets jaunes, pour l’UE contre les paysans, pour les riches contre les pauvres, pour les LGBT contre les hétéros, pour les people contre les nobodys, alors on a droit à son guichet. Les autres (titres) devront survivre dans une jungle administrative et répressive à peine imaginable.

C’est ainsi qu’on a vu renaître le joyeux magazine 20 ans, mais retravaillé par la bien-pensance du jour, c’est-à-dire dévitalisé. Cela s’appelle 20 ans plus tard, cela s’adresse aux femmes de 40 ans qui sont libérées – libérées des contraintes du couple et de la famille –, comprendre qui cumulent job & zob. Elles ne sont pas mariées, n’ont pas ou peu d’enfants (un seul en général, et déconstruit si c’est un fils), sont évidemment féministes, et balancent entre l’homme déconstruit mais chiant et l’homme construit mais chiant. Alors on navigue de l’un à l’autre, on pleure après avoir été soumise et larguée par le salaud, puis on se console et se reconstruit avec le déconstruit, qu’on finit par jeter comme un pansement qui a fait son boulot. C’est le moment de placer un Camron.

 

 

On vous prépare un petit sujet tout chaud issu d’un spectacle féministe qui va scotcher tout le monde. On sait que dans deux domaines caractéristiques de l’humanité, il n’y a pas de limites : l’intelligence et la connerie. Là, ça concerne la connerie. On n’en dit pas plus, on essaye de récupérer la vidéo...

Retour à 20 ans plus tard. La chose est lancée par une certaine Delphine Plisson, qui s’y connaît en information puisqu’elle « a fondé il y a six ans maintenant, Maison Plisson, tout un concept d’alimentation générale et surtout une épicerie fine géniale, nichée sur le boulevard Beaumarchais en plein cœur de Paris », nous dit Beau Voyage.

Delphine a écrit un livre sur l’âge, mais elle raconte aussi à Ouest-France que ça ne comptera pas dans son trimestriel.

« En fait le plan B, c’est la mort, je ne le trouve pas génial. C’est une chance phénoménale de vieillir, d’accepter d’être davantage fatiguée, moins regardée. On est la première génération où avoir 50 ans pour une femme, c’est chouette. La ménopause est de moins en moins taboue, on a tout un tas d’activités qui nous permettent d’être en meilleure forme, de moins subir l’âge et puis d’avoir un meilleur moral. On n’est plus finie à 50 ans, on commence une nouvelle partie de notre vie où on est un peu plus alignée avec soi-même. » (Thème leader)

Les obèses américaines appellent ce concept la fat acceptance. À partir du moment où tu cesses de lutter, tu te laisses aller dans ton surpoids, et tout va mieux ! C’est ainsi que l’ancienne animatrice de Canal+ Maïtena Biraben a lancé une chaîne de télé sur les femmes et l’âge, donc les vioques, et toutes les stars ou ex-stars qui passent sur son divan nous expliquent à quel point vieillir est cool. On sent parfois une pointe de mensonge dans le discours, mais le but c’est de vendre du feelgood aux gens, avec tous les annonceurs derrière.

Vanessa Demouy : « Et c’est quoi l’étape d’après ? Soit je disparais, soit je renais. Et j’ai décidé de renaître. »

Maïtena Biraben : « Mais c’est hyper profond ! »

Le premier numéro de 150 pages, vendu 7,90 euros, met en couverture l’actrice Élodie Bouchez. On y trouve les signatures de Sophie Fontanel, Mélissa Theuriau, Sarah Poniatowski et Aurélie Valognes, pour des rubriques « point de vue », « allure » ou « bien-être ». « Nous bénéficions d’une tranche de vie bonus à partir de 40 ans, on est plus libres qu’auparavant », déclare Delphine Plisson. ((The media leader)

Ah, Élodie, qui revient à la mode après un trou de dix ans... Elle avait pourtant si bien commencé, les producteurs l’adoraient.

Relancer le marché du désir en berne

Voilà, on imagine que tout le monde a compris le projet. Conforter les femmes dans un monde imaginaire, dont elles définiraient les règles pour elles seules, au mépris des lois les plus élémentaires de la physique, du Orwell dans le texte : je me sens belle, donc je suis belle ; je suis jeune dans ma tête, donc je suis jeune ; je suis heureuse, c’est la plus belle période de ma vie car je suis réconciliée avec mon moi profond (ce qui signifie qu’elle était conne quand elle était jeune, mais ne creusons pas trop). Et on n’oublie pas les boîtes pour le chat.

C’est la définition du bonheur sans homme, du bonheur toute seule : et pourquoi pas ? Ce n’est bien sûr pas du tout parce que les hommes ne veulent pas ou plus de moi... En vérité, ce qui rebute les mecs, ce n’est pas l’âge, mais la mentalité. Une emmerdeuse féministe (pléonasme) se fermera toutes les portes. Inversement, une femme qui ne se fait pas de couleur peut être très attirante. Avec celle qui vient, on ne doit pas s’emmerder.

On a trouvé une lectrice pas très formatée, autant dire une emmerdeuse à l’ancienne, une Française rebelle, mais une vraie. Elle lit le dernier Elle.

« Nous allons donc feuilleter ce torchon et nous allons arracher toutes les pages qui ne servent à rien »

 

Elle, elle ne passera jamais chez Biraben : trop négative ! Elle déplaît aux annonceurs, aux tocardes post-féministes de 20 ans plus tard (on a un meilleur titre, plus « Biraben » : 20 kilos plus tard) et à toute l’équipe de déconstruction du mâle de Yann Barthès.

Voulez-vous en savoir plus ?

Le vrai 20 Ans par Isabelle Chazot

 
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21 commentaires

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  • #3620015
    Le 14 juin à 19:06 par Greg

    Oh non, pas elles !

    Quitte à mettre des dindes, autant qu’elles soient au moins agréables à l’oeil...

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  • #3620017
    Le 14 juin à 19:12 par Marc

    La "pisse vinaigre " de la fin m’a vraiment fait éclater de rire !

     

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    • #3620039
      Le 14 juin à 22:24 par Eric

      Une véritable soralienne.

    • #3620140
      Le 15 juin à 12:22 par Mouai

      Ouai enfin, on résume le pitch de la vidéo :

      Elle = magasine de mode

      bobonne devant sa caméra : je vais déchirer toutes les pages qui parlent de mode parce que je m’en fous moi de la mode

      quel intérêt de faire toute cette mise en scène si le parti-pris de départ décide déjà du sort du magasine ?

      Moi je me fiche de la chasse et de la pêche, je vais donc fissa acheter un magasine de chasse et de pêche et me filmer en train de déchirer les pages...

    • #3620148
      Le 15 juin à 13:19 par Anonyme

      Purée moi aussi.

      Ça fait longtemps que je n’ai pas ri comme ça.

    • #3620210
      Le 15 juin à 21:18 par Héhé

      Sauf que le magazine de chasse et de pêche ne prétend pas modifier la société en profondeur en rendant ses lecteurs superficiels et accros à une consommation de compensation.
      Il n’y a a priori pas de projet sociétal !

    • #3620279
      Le 16 juin à 09:31 par Fanny

      Son T-shirt annonce la couleur. :)
      Rien que pour ça, en effet, elle ne passera pas à la télé.

  • #3620023
    Le 14 juin à 20:31 par Kal

    La différence entre les hommes et les femmes 20 ans plus tard, c’est 20 kilos de ventre en plus pour les hommes et 20 kilos de fesses pour les femmes.

    Tu rajoutes un gilet par dessus la chemise pour les mâles bedonnants et un collant moulant la culotte de cheval pour les gonzesses.

    Et c’est finalement là que la différence entre les sexes est une réalité qui s’impose à tous.

    N’en déplaise aux LGBT !

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  • #3620035
    Le 14 juin à 21:25 par bougre

    Elle Magazine, 2,90 euros pour 4 recettes de cuisine trouvables gratuitement sur internet ça s’appelle de l’escroquerie.

    Le reste du papier glacé n’est même pas utilisable pour se torcher, ni même pour faire une flambée Scandaleux !

     

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    • #3620209
      Le 15 juin à 21:10 par Héhé

      Exact, ce papier est bien trop lisse pour une utilisation de type "torchage".
      Il faudrait que l’imprimeur se résoude à passer au papier Moltonel. Ce qui aurait le double avantage d’être à la fois plus confortable et plus honnête.

  • #3620050
    Le 14 juin à 23:17 par CGJ

    Nietzsche a dit : " la femme est une surface qui mime la profondeur " ... Ceci expliquant cela...

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  • #3620119
    Le 15 juin à 09:38 par Sev

    Pas anecdotique du tout cet article ! Il est même d’une importance réelle car il met en évidence le fiasco indiscutable du féminisme classique comme néo.

    Nous vivons dans un pays de vieux - je sais, j’en fais partie maintenant ! - et quand on est une femme, c’est particulièrement pénible à divers niveaux. Celles qui font l’éloge de leur 50 piges n’échapperont pas aux conséquences de l’après 60 et plus. Ce n’est ni un drame ni une étape géniale de "la vie d’une femme"... c’est simplement une dégradation naturelle pas drôle qui finit pas vraiment dans les strass...

    Quand j’étais jeune, il y avait "Cosmopolitain", un hebdo pour meufs (déjà) préoccupées par les futilités des trucs sur la beauté féminine et du comment se comporter quand on est une femme "libérée" (on ne rit pas !). Evidemment, comme à peu près tout en France, cet hebdo pour clientes de salon de coiffure nous venait des "Stètes". Quand il y a une connerie à vendre aux européens, l’oncle Sam n’a pas son pareil et la France, colonisée intégralement par l’american way of (no)life, n’a de cesse d’imiter le ricain ordinaire qu’on lui vend via les supers prods hollywoodiennes où tout est falsifié mais tellement impressionnant...

    Le Grand Hospice Occidental de Limonov avait vu juste. La France est déjà pour les 2/3 un EHPAD pour fripés qui jouissent des derniers picaillons acquis grâce aux "30 glorieuses"... mais à présent nous barbotons pathétiquement dans la fosse des "30 désastreuses" et ça pue la pisse... comme dirait notre Dieudo national.

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  • #3620122
    Le 15 juin à 09:39 par Surnom

    On n’en pense ce que l’on veut, la seule révolution réussie à travers la planète est celle du féminisme. Aucun mouvement, parti ou groupe politique n’aura autant transformé la société, jusqu’à remettre en cause le genre naturel humain, c’est dire la pénétration dans les cerveaux des peuples concernés.
    Certains diront l’immigration, possible, mais une tel changement en profondeur de notre civilisation, c’est du jamais vu depuis l’âge de bronze...

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  • #3620129
    Le 15 juin à 11:16 par Palm Beach Post : "Cult !"

    bon, allez, Rocco en renfort !

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  • #3620169
    Le 15 juin à 16:10 par grandstef

    je me fait souvent cette réflexion,..
    il y’avais a l’époque un magazine sui s’appelait « jeune et jolie » pas besoin d’être très sarcastique ou inventif pour en trouver l’évolution

    passée 50, tu bouquine « vieille et moche.. »🤪
    la pente est moins raide, on se console avec le plus mal des autres.. humour 😉

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  • #3620271
    Le 16 juin à 08:25 par Shabb

    L’intérêt de vieillir c’est l’accumulation de l’expérience et de la connaissance, avec en contre partie un corps qui devient moins performant et/ou moins esthétique.

    Je suis beaucoup plus heureux à 40 piges et quelques que dans ma vingtaine (avec l’évolution de la société c’était pas gagné...)

    Combien de choses dites par mes parents que j’ai préféré nier ou ignorer se sont révélées vraies en en faisant moi-même l’expérience. Mais la vie c’est ça, faire des conneries malgré les avertissements des anciens, ressentir les choses en soi, le métier qui rentre, pour ensuite transmettre aux plus jeunes qui à leur tour prendront ce qu’ils voudront de ces conseils.

    Il faut tomber pour apprendre à marcher, et tenter de continuer à apprendre à marcher jusqu’à son dernier souffle.
    Prochain défi, finir sa vie sans devenir un vieux con et sans faire du jeunisme.

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