Une cabane sur le toit du monde
2 novembre 2025 17:34, par LazebyL’autonomie absolue est nécessairement un choix de vie et pourquoi pas, mais elle ne saurait être une politique, celle-ci visant à organiser la vie sociale en commun malgré l’exigence d’autonomie propre à chacun.
Il me semble que de l’autonomie revendiquée en impératif absolu au " there is no society" de Margaret Thatcher il n’y a pas loin et cela donne politiquement au mieux les libertariens, soit des gens parmi d’autres qui courront éternellement après leur rêve de Robinson dans un monde de Robinson.
Les personnes en question dans ce film me paraissent n’être en fait qu’une manifestation particulière ou un avatar de l’hyperindividualisme occidental contemporain. Elles ont cessé de courir pour les autres pour mieux se chercher elles-mêmes, grand bien leur fasse mais cela ne regarde qu’elles.
Il reste bien sûr possible de saluer l’exploit individuel de vivre ainsi, avec l’avantage que cela ne coûte qu’à leur endroit (tant qu’ils ne se cassent pas une jambe ou une vertèbre) à la différence de tant d’autres exploits célébrés dans nos temples et nos arènes au mépris de ceux qui n’ont que le choix de survivre.
Le couplet désormais convenu par l’auteur sur le masculinisme me ferait plutôt sourire, moi qui ai connu les fermes communautaires ardéchoises des années soixante-dix. On y trouvait déjà des féministes pures et dures à la tâche mais relationnellement à fuir. J’ai donc fui (en vain, je le reconnais, elles étaient déjà partout).
Alain Soral et E&R
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