La trumpologie est le barbarisme qui consacre la fusion paradoxale entre Donald Trump et la psychologie. Or, il est évident que ce président n’a pas de psychologie. C’est ce qui rend la chose intéressante.
Il tente des coups, et les corrige plus ou moins bien : parfois ça passe, parfois ça casse. Réfléchir à un coup d’avance, pas plus, c’est de la cybernétique du pauvre. L’opération iranienne a été pensée jusqu’à une certain point : la reddition. Là, il va falloir changer de scénario. Au sommet du département d’État, ça commence à bouillonner autour du gros.
L'ÉQUIPE TRUMP SEMBLE PERDUE
Le 8 mars,le Secrétaire à la Défense déclare à CBS que « l'on est seulement au début » des frappes sur l'Iran.
Mais le 9 mars,le Président Trump dit à la presse que « la guerre en Iran est quasiment finie ».
Les 2 responsables ne sont donc pas d'accord… pic.twitter.com/BophB8mY8r— François Asselineau (@f_asselineau) March 9, 2026
Pourquoi du gros ? Eh bien voici les caricatures qui commencent à émerger sur X, pourtant réseau de son pote Elon...
On ne sait pas laquelle est la pire, mais l’ensemble n’augure rien de bon, pour celui qui avait les réseaux sociaux avec lui depuis 2016. Il semble que ce capital sympathie, ce capital confiance, soit bien entamé depuis l’Opération Errance à Téhéran. Le choc de la guerre démentielle israélo-américaine se fait ressentir dans le monde entier, on appelle ça donner un coup de pied dans le nid de guêpes.
Du coup, c'est où la terre promise ? pic.twitter.com/2QMj7mK8Nd
— Ahmed (@Pistach27) March 8, 2026
En Israël, les gens commencent à se barrer, déjà 300 000 en 2024-2025 selon l’invitée de Brunet, après la guerre des Douze Jours. Mais l’aéroport Ben Gourion (l’assassin de Kennedy) a un problème.
Aux abords de l'aéroport international Ben Gourion cette nuit !
Le simple fait de filmer et de diffuser cette vidéo est un acte de rébellion assumé par les citoyens israéliens qui s'exposent à une peine de prison.
70% des Américains et 80% des Israéliens désapprouvent cette… pic.twitter.com/6dVuJfPK52— Rémi Philiponet (@remi_philiponet) March 8, 2026
Entre autres effets secondaires, voici le déroulé d’un gars sur X, qui en plus est un libéral (au sens économique, pas politique). Ça s’appelle Jour 10, et c’est l’œuvre d’un certain Ryo.
JOUR 10 : Le banni, le yoyo pétrolier et la panne sèche mondiale
Bienvenue pour cette première mondiale, et rien que pour vous, voici le récapitulatif EXCLUSIF de notre 10e épisode, mais cette fois, en mode ASPHYXIE DIURNE ! Le soleil se couche sur un monde en pleine combustion spontanée. Les marchés ont passé la journée à faire des loopings vertigineux pour finir par s’écraser la gueule la première sur le bitume ! Le Moyen-Orient s’embrase joyeusement pendant que le reste de la planète imprime des tickets de rationnement. Alors chers abonnés, installez-vous bien avec votre tisane aux antidépresseurs pour savourer le compte rendu intégral de cette magnifique journée de destruction
LES COPAINS DE TÉHÉRAN
L’ALLIANCE DES BANNIS : Le Tsar Poutine se frotte les mains et envoie ses plus chaleureuses félicitations au nouveau monarque iranien. Le maître du Kremlin promet un soutien inébranlable face à l’agression occidentale et profite cyniquement de cette pagaille majestueuse pour refourguer son propre brut à des marchés asiatiques avec le sourire du boucher
L’EXIL SPORTIF : Cinq joueuses de l’équipe nationale iranienne de football prennent courageusement la tangente et demandent l’asile politique en Australie. Elles fuient la vengeance des mollahs après avoir snobé l’hymne national, prouvant que le courage a définitivement déserté les palais gouvernementaux pour aller chausser des crampons. Les foules fanatisées défilent dans les rues de Téhéran pour acclamer leur nouveau chef suprême sous une douce pluie d’explosifs
L’ASCENSEUR ÉMOTIONNEL ET LA DETTE POURRIE
LA PANIQUE DU BARIL : Le brut a piqué une crise de démence en frôlant les 120 dollars avant de se dégonfler pathétiquement sous la barre des 100 billets verts. Les pontes du G7 ont littéralement transpiré à grosses gouttes lors de leur visioconférence, promettant de vider leurs réserves stratégiques pour calmer la meute des spéculateurs. L’AIE, le FMI et la Banque mondiale organisent une prière collective face au spectre hideux de la stagflation.
LE MASSACRE DES TRADERS : Cette volatilité hystérique a copieusement plumé les algorithmes des hedge funds londoniens avec la délicatesse d’un abattoir industriel. Les portefeuilles d’AHL Evolution et de Systematica se font rincer à l’eau de Javel. La bourse américaine sauve les meubles in extremis avec un Nasdaq repassant timidement dans le vert, pendant que les marchés européens pataugent allègrement dans une mare de sang financier
LE NAUFRAGE DES MONNAIES : JPMorgan retourne sa veste avec une maestria absolue et parie massivement sur le dollar face au naufrage économique du reste de la planète. L’Égypte laisse sa monnaie s’effondrer brutalement de 5% pour mendier les faveurs du FMI. Bahreïn de son côté, voit la valeur de sa dette souveraine se faire pulvériser par les marchés après l’attaque de son unique raffinerie.
LE DÉLUGE D’ACIER ET L’URANIUM INTACT
LA PLUIE DE PHOSPHORE : L’aviation israélienne arrose le sud du Liban avec des friandises au phosphore blanc, piétinant joyeusement les conventions internationales pour offrir un bronzage instantané et définitif à ses cibles. Téhéran jure solennellement de balancer exclusivement des suppositoires d’une tonne minimum pour ses prochaines représailles. Le Koweït pleure deux soldats morts et pointe un doigt accusateur vers la charmante République islamique
LES RUINES ET L’ATOME : L’AIEA confirme avec un flegme glaçant que les 400 kilos d’uranium iranien se portent à merveille malgré les bombardements intensifs sur Ispahan. Les monuments historiques inestimables de l’ère safavide tombent en ruines sous les bombes, transformant des siècles d’histoire persane en vulgaire puzzle pour archéologues dépressifs pendant que les centrifugeuses continuent de tourner à plein régime
LA SOIF DU GOLFE : Les monarchies pétrolières paniquent totalement pour leurs usines de dessalement d’eau de mer. Deux installations vitales viennent de se faire allumer dans des frappes de représailles. Les Émirats et l’Arabie saoudite réalisent avec effroi que la guerre moderne va tout simplement les obliger à siroter du sable bouillant sous 50 degrés à l’ombre
L’ASPHYXIE LOGISTIQUE ET LE MODE SURVIE
LE RACKET MARITIME : Les tarifs du fret maritime explosent les compteurs pour atteindre des sommets vertigineux à plus de 53.000 dollars par jour. La gigantesque cargaison du port de Fujairah aux Émirats reste bloquée à quai après une visite surprise de drones kamikazes. L’Union européenne panique et envisage de déplacer son armada navale vers le détroit d’Ormuz, pendant que le Pakistan envoie carrément sa marine de poche pour escorter ses cargos en pleine paranoïa
LE RETOUR À LA BOUGIE : Le monde entier bascule en mode survie absolue. Le Pakistan ferme ses écoles et impose la semaine de quatre jours à ses fonctionnaires. Le Bangladesh supprime brutalement ses jours fériés pour gratter quelques mégawatts. Le gouvernement britannique supplie ses citoyens de laisser la voiture au garage. En Allemagne, le chancelier Merz bricole une rustine tarifaire d’urgence face à la grogne d’un peuple terrorisé par sa facture de chauffage
LE PORTE-AVIONS FANTÔME : Londres dément fermement les hallucinations en mondiovision de Donald Trump. Le gouvernement britannique refuse catégoriquement d’envoyer son fleuron naval, le fameux HMS Prince of Wales, dans ce bourbier radioactif. Les stratèges américains devront faire le sale boulot tout seuls comme des grands
L’ONDE DE CHOC LOCALE : L’apocalypse s’invite directement en Europe avec une explosion d’origine criminelle soufflant une synagogue en plein cœur de Liège. Le parquet fédéral lance une enquête pour terrorisme, prouvant magistralement que la bêtise humaine et la haine s’exportent encore beaucoup mieux que le chocolat !
LE MOT DE LA FIN
Le crépuscule enveloppe notre magnifique champ de ruines et la journée s’achève sur un sublime constat d’échec global. Conservez précieusement mon conseil d’investissement matinal. Liquidez massivement vos portefeuilles boursiers et transformez vos livrets A en combustible pour vous chauffer sur cette fin d’hiver. L’élevage de chameaux de course et la taille de silex artisanal demeurent les seules valeurs sûres de notre nouvelle économie post-apocalyptique Attachez fermement vos ceintures, le grand huit de la misère absolue entame seulement sa première boucle
On rappelle que la cybernétique, en langage vulgaire, c’est un peu l’étude des systèmes qui produisent des effets qu’on essaye de maîtriser en jouant sur la correction de la cause par l’effet, ou le retour de l’effet sur la cause... Ce sont des (servo)mécanismes de régulation(s). Si c’est encore pas clair, on dira que c’est la méthode pour pas trop se planter dans ses actions.
Par exemple, Trump lance l’opération Lion baillant ou une connerie dans le genre, il envoie le paquet en aéronavale, les Israéliens (qui selon Hegseth et Rubio voulaient de toute façon attaquer) embrayent avec leurs F-15 et leurs F-35, une flotte de 200 zingues, et à l’arrivée, malgré une défense antiaérienne iranienne foireuse (de fabrication chinoise, fallait prendre du S-400), ce sont les bases US dans les pays du Golfe qui se font pilonner par du lourd. Les Américains n’avaient pas pensé à ça. Certes, il semble qu’elles avaient été en partie évacuées, mais quid des installations ?
AAAB : All Americains Are Bastards ?
Une autre drone Shahed-136 sur la base navale américaine à Bahreïn. Ce qui est encore plus fascinant, c’est de voir les habitants applaudir les frappes. On dirait que le soutien américain dans la région diminue.
Another Shahed-136 strike on the US naval base in Bahrain.
What's more fascinating are the locals cheering on the strikes. Guess the US support in the region is reducing. pic.twitter.com/2KuuJVBVG8
— Spetsnaℤ 007 (@Alex_Oloyede2) February 28, 2026
#Iran - La frappe iranienne sur le QG de la 5e flotte US à Bahreïn est hautement stratégique.
Cette base est la seule capable de recharger les navires en missiles Tomahawk. La réplique la plus proche pour recharger des missiles Tomahawk se trouve à Diego Garcia… à 3 jours de… pic.twitter.com/XMZLDGDU3J— Dr Qube (@ai_qube_fr) February 28, 2026
Les pays du Golfe n’entrent pas en guerre contre l’Iran – pour l’instant – car les Iraniens ne visent pas les civils et les touristes, mais les bases militaires US, sans oublier les installations militaires israéliennes, évidemment. Comme la plupart des systèmes antiaériens américains sont captés par les frères israéliens, il ne reste rien pour les cousins arabes, qui malgré les accords d’Abraham (LOL, il faut être naïf) comprennent que l’Amérique s’est foutue de leur gueule, avec tout le fric qu’ils ont dépensé en armement d’attaque, et qui ne sert à rien ou presque. Sauf à l’Amérique, qui récupère ses pétrodollars ainsi, grâce à la menace iranienne depuis 1979...
Le dôme de fer, soit l’armée US en réalité, s’arrête aux frontières d’Israël, si on en croit ce concept élastique.
Du coup (on a droit à un du coup par article), on se rend compte à la Maison-Blanche qu’on n’a pas de plan B, que les Iraniens sont moins cons que les sous-hommes qu’on avait présentés à la presse, ceux qui tuent les bébés et mangent les petites filles.
DERNIÈRE MINUTE : Journaliste : « Vous avez suggéré que l’Iran aurait obtenu un Tomahawk et aurait bombardé sa propre école primaire le premier jour de la guerre. Pourquoi êtes‑vous le seul à dire cela ? »
Trump : « Parce que je n’en sais tout simplement pas assez à… https://t.co/EaFHMHKtXN pic.twitter.com/ZjVRMmKWwG
— Trump Fact News (@Trump_Fact_News) March 9, 2026
Les petites filles, désormais au nombre de 175, ce sont les Américains qui les ont assassinées, et Trump a maintenant du sang sur les mains. Il est en train de se les essuyer sur Kushner et ses potes, en disant que c’est eux qui l’ont poussé à la déconne.
Trump affirme avoir bombardé l’Iran sur les conseils de Jared Kushner, Steve Witkoff et Pete Hegseth.
BREAKING : Trump says he bombed Iran on the counsel of Jared Kushner, Steve Witkoff and Pete Hegseth. pic.twitter.com/oQkMsrorrg
— Sulaiman Ahmed (@ShaykhSulaiman) March 10, 2026
On dirait de la cour de récré et en vérité, on n’en est pas loin. Trump est en slip, politiquement, et ses menaces de ramener l’Iran à l’âge de pierre n’y changeront rien. Il est dans l’engrenage qu’il a lui-même enclenché, et pour en sortir, va falloir laisser encore plus d’habits. Et si derrière, sans l’Amérique, Israël balance sa bombe atomique, genre on finit le boulot (à la Korsia) et on rentre à la maison, le sort des juifs dans le monde deviendra très problématique.
C’est là où l’on comprend que peut-être, Netanyahou n’en a rien à foutre des juifs de la diaspora, qu’il est prêt à les sacrifier dans l’Armageddon. Tout cela nous rappelle les années 30, non ? Des temps obscurs réactualisés par l’État israélien, qui était censé être un sanctuaire pour les juifs persécutés, et qui devient un sanctuaire de juifs persécuteurs. Yahvé serait-il en train de se venger sur son propre peuple ? Tiens, on va demander à Youssef Hindi.


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