Simone Weil : une météorite dans le ciel de la pensée

Publié le : mercredi 20 juillet 2022
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Source : rebellion-sre.fr
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Note de la Rédaction

Article paru dans le numéro 95 de la revue "Rébellion".

Simone Weil est une météorite dans le ciel de la pensée. Professeur de philosophie, ouvrière, militante syndicale, combattante et mystique chrétienne, elle fut, le temps de sa courte vie, un esprit libre et indocile, si lumineux qu’aucun carcan doctrinal ne put le brider.

 

Au-dessus de tout parti idéologique, à rebours de quelque chapelle dogmatique que ce soit, Weil brille par son grand amour – à entendre au sens de quête – pour la vérité : « J’aimais mieux mourir que vivre sans elle. » (S. Weil, Autobiographie spirituelle). Cette vérité, qui a valeur de bien absolu, ne peut être conçue que comme transcendante, surnaturelle, et par là même anhistorique, approchée de plus ou moins près par les différentes civilisations. Passionnée par le génie de l’esprit grec, elle voit dans ses mythes et dans la philosophie antique une anticipation, une préfiguration de ce qui sera pour elle l’image culminante de la vérité : la figure du Christ.

« Le Christ aime qu’on lui préfère la vérité, car avant d’être le Christ il est la vérité. Si on se détourne de lui pour aller vers la vérité, on ne fera pas un long chemin sans tomber dans ses bras. » (Autobiographie spirituelle)

Si Simone rejette son judaïsme initial et le Dieu qu’elle présente comme cruel et vengeur dans l’Ancien Testament, elle finit par embrasser un christianisme d’amour qui, bien que n’ayant jamais été concrétisé par le baptême à cause de sa méfiance vis-à-vis de l’Eglise institutionnelle et censeure, l’a rendue chrétienne au sens étymologique du terme : disciple du Christ. Sa spiritualité est la confluence de ses influences qui, par absence de cloisonnement, se sont nourries mutuellement : elle réussit le pari de conjuguer la pensée grecque comme la sagesse orientale, l’inspiration marxiste et socialiste de ses débuts, et sa fascination profonde pour le Christ et son message, percevant l’ensemble comme autant de réverbérations de la vérité. Celles-ci n’en sont par ailleurs pas restées à de simples spéculations métaphysiques, mais ont résonné jusque dans son vécu : passée par l’usine pour endurer la condition ouvrière et donner corps à son engagement auprès des travailleurs, elle s’enrôlera dans la guerre d’Espagne en 1936 puis dans la résistance, tout en rencontrant le Christ au cours d’expériences mystiques.

Dans son recueil Attente de Dieu, Simone Weil raconte avoir été d’abord touchée par la beauté des chants d’une procession dans un village portugais, voyant l’essence populaire du christianisme : « Là j’ai eu soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que des esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer, et moi parmi les autres. »

Puis, lors d’une visite dans une chapelle à Assise, elle est submergée par une force qui la pousse à se mettre à genoux. Enfin, à la récitation du poème Amour de George Herbert, elle est saisie par la présence du Christ : « C’est au cours d’une de ces récitations que, comme je vous l’ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m’a prise. Dans mes raisonnements sur l’insolubilité du problème de Dieu, je n’avais pas prévu la possibilité de cela. »

Cette révélation, cette levée du voile suivant son étymologie latine revelare, est le geste de la vérité au sens grec et platonien du terme : la vérité, l’alètheia, est dévoilement ; elle transperce le voile des apparences. Dans l’expérience mystique, c’est Dieu qui transperce le voile et se manifeste sous le mode de l’amour ; mais un tel contact, s’il gagne le cœur, est un défi pour la raison. Comment l’intelligence peut-elle consentir à ce qui la dépasse ? Et comment, dès lors, penser ensemble un Dieu qui est absolutisation de l’amour, et le mal sur Terre ? Cette question parcourt la pensée weilienne.

Pour quiconque que la souffrance d’autrui affecte, l’écharde de la foi, épine tant conceptuelle que morale, est de faire coexister la perfection d’un Dieu-Bien et omnipotent, avec un monde chaotique qui, même né de Lui, ne connaît que son miroir inverse : un malheur qui s’abat indistinctement sur les bons comme sur les mauvais. Simone Weil concevait ce monde comme le règne de la pesanteur, cette force descendante qui dirige tout vers le bas. Pesanteur matérielle, pesanteur morale : tout ce qui se rapporte à de la bassesse, qu’il s’agisse de la force gravitationnelle qui précipite les corps au sol ou des vicissitudes de l’âme qui la pousse à dominer, à posséder, à se rapporter à soi. La pesanteur nous place à une distance infinie de Dieu : nous sommes infiniment loin de Dieu, parce qu’infiniment loin du Bien. Ici-bas, nous ne connaissons que le mal ; telle est, pour nous, la tragédie de la pesanteur, mais aussi, paradoxalement, notre plus grande chance. Nous sommes au point où le mal est extrême, « point où l’amour est tout juste possible » écrit Simone Weil dans La Pesanteur et la Grâce (PG). Mais cela ne débouche sur aucun pessimisme existentiel ; au contraire pour elle, il s’agit là d’une faveur : « C’est un grand privilège, car l’amour qui unit est proportionnel à la distance. » (PG)

L’écart incommensurable qui nous sépare de Dieu donne la mesure de l’amour nécessaire pour s’unir : seul un amour incommensurable peut vaincre un éloignement infini. Plus on est loin, et plus il faut d’amour pour venir jusqu’à l’autre ; Dieu est celui qui a fait le premier pas, et qui n’a cessé de le faire, de son amour sans faille. C’est lui qui, dans la Création, « renonce à tout pour que nous soyons quelque chose » (PG), lui qui, dans l’incarnation, traverse l’épaisseur du temps et de l’espace pour s’abaisser jusqu’à nous. À nous, maintenant, de le recevoir, nous laissant toucher par son amour. Comment ? Simone Weil parle de l’attention, cette mise à disposition de nous-même offerte à la rencontre avec Dieu. Par l’attention, il s’agit d’accueillir Dieu en lui laissant l’espace nécessaire pour venir à notre rencontre. L’attention est comparable à une prière profonde qui n’est qu’attente, et qui exige de faire le vide en et autour de soi :

« L’attention est un effort, le plus grand des efforts peut-être, mais c’est un effort négatif. […] La pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer. […] Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus. » (PG)

Le vide que réclame l’attention n’est pas un vide privatif, pas une néantisation qui serait pure négation, mais un vide qui accueille la présence de Dieu. Il faut pouvoir endurer et accepter le vide, sans consolation, pour laisser Dieu venir le combler. Pour ce faire, Weil pense un dépouillement extrême, à la fois objectif et spirituel, qui passe par un renoncement aux biens matériels, avec pour seul vêtement intérieur celui de l’humilité : tel est le prix de la vérité. L’attention demande donc de faire taire l’ego : il faut accepter sa condition d’étant né de Dieu, et maintenu à l’existence par lui, pour intégrer le fait de n’être rien en dehors de l’intercession divine. Il faut consentir à n’être, par soi, strictement rien. Simone ira jusqu’à parler du « suicide du je », cet ego encombrant, source d’illusions et d’idolâtrie, qui s’aveugle sur ses capacités et s’en enorgueillit. Nous devons être capables de détruire le je pour être pleinement attentifs, autrement dit réceptifs, à la rencontre avec Dieu :

« Il faut reconnaître que rien dans le monde n’est le centre du monde, que le centre du monde est hors du monde, que nul ici-bas n’a le droit de dire je. Il faut renoncer en faveur de Dieu, par amour de Lui et de la vérité, à ce pouvoir illusoire qu’Il nous a accordé de penser à la première personne. Il nous l’a accordé pour qu’il nous soit possible d’y renoncer par amour. » (PG)

Il faut aimer la vérité jusqu’à se mettre à nu, jusqu’à s’anéantir soi-même. Mais cela nécessite de renoncer à ce qui, fatalement, nous commande en ce monde : la pesanteur. Comment déjouer la loi naturelle qui nous pousse à l’expression de notre puissance, à la domination, à l’égoïsme ? Comment renoncer à être, abandonnant tout, y compris soi-même, dans l’attention soutenue ? « Cela est contraire à toutes les lois de la nature : la grâce seule le peut », écrit Weil. Une seule force est capable de contrer l’implacable pesanteur : la grâce. La grâce est le mouvement ascendant qui lutte contre la descente de la pesanteur, la force qui, comme les plantes qui défient l’attraction terrestre, fait croître vers le haut. Mais cette élévation ne se fait que dans un second temps, qui suit un abaissement : la grâce est la montée, mais une montée qui ne passe que par l’amoindrissement. La pesanteur entraîne tout vers le bas : la grâce, elle, ne va vers le bas que pour grandir. « Abaisser quand on veut élever », écrit Simone, là réside le cœur du christianisme : la croix est le levier du monde. Elle est le point de renversement où Dieu tout puissant meurt en esclave ; où le Bien absolu, maculé du sang innocent, s’humilie dans la mort infâme. Mais, aussi incompressible que ce put l’être pour les juifs et les Grecs disait Saint-Paul, c’est précisément là que réside toute sa grandeur. À nous, maintenant, d’imiter la kénose divine ; mais cela, on ne le fait pas par nos propres moyens. Assumer le vide, aller à sa néantisation, ce n’est pas l’œuvre de la volonté ; c’est celle de la grâce qui nous pousse à nous « décréer » : la grâce, estime Simone, est un processus de décréation. Dans la Création, Dieu a renoncé à être tout pour que nous puissions être quelque chose : il a permis l’existence d’une réalité extérieure à la sienne, indépendante de Lui, et par là même indifférente au Bien. Dieu s’est retiré, et c’est ce qui explique le mal en ce monde. À nous maintenant de consentir au mouvement inverse, d’abdiquer, de « renoncer à être » écrit Simone, pour que Dieu soit tout.

« La création est un acte d’amour et elle est perpétuelle. À chaque instant notre existence est amour de Dieu pour nous. Mais Dieu ne peut aimer que soi-même. Son amour pour nous est amour pour soi à travers nous. Ainsi, lui qui nous donne l’être, il aime en nous le consentement à ne pas être. Notre existence n’est faite que de son attente, de notre consentement à ne pas exister. » (PG)

La mystique weilienne est une prouesse d’humilité, qui pense un don d’amour infini dont nous ne pouvons nous faire que le réceptacle. Dans la Création, Dieu a consenti par amour à se retirer, à renoncer à sa toute-puissance, tolérant un monde sous domination d’une mécanique implacable, à l’épreuve du mal : mais le mal ne peut atteindre le Bien pur. La lumière divine, faisceau de vérité, perce les couches qui nous en sépare pour descendre jusqu’à nous et infiltrer l’âme : à nous, en retour, de l’accueillir, de nous abandonner à la grâce, pour ne faire plus qu’un.

Camille Mordelynch

 

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Le 20 juillet 2022 à 08:32 par JL29
#2995572

Magnifique texte, je crois que finalement tout n’est pas perdu.

Le 20 juillet 2022 à 21:48 par Melchior
#2996007

Petit bemol : il n y aurait pas eu de Simone Weil sans un certain Blaise Pascal .

Le 20 juillet 2022 à 22:26 par Yo
#2996017

Et l’Eglise ne servirait pas la domination de l’homme sur l’homme… l’Eglise ment en prétextant que dieu est extérieur à nous…Ne pas pas le reconnaître, c’est encore faire une séparation entre ce qui nous unis tous.

merci pour cet article, amour et robustesse !

Le 20 juillet 2022 à 09:01 par Sev
#2995584

Je ne saurai trop conseiller aux lecteurs de livres stimulants, le petit ouvrage intitulé "Lettre à un religieux" de Simone Weil (petit format, 100 pages, Ed. Point Sagesse - 6 €) dans lequel elle expose ses doutes envers certains aspects de la religion chrétienne. Sa connaissance approfondie de la philosophie grecque transparait à toutes les pages et ses interrogations sont pertinentes.

Mais ce qui en ressort c’est que nous savons tous (en principe) à propos du christianisme... qu’il est la seule religion philosophique de la grâce. Le pardon, la main tendue, la joie d’aimer, l’accueil d’autrui et la frugalité ne sont proposés nulle part ailleurs.

Ce qui tend à démontrer in fine que le Christ était vraisemblablement un esprit philosophe humaniste pour de vrai et non un "religieux dogmatique" tel qu’on en trouve beaucoup aujourd’hui dans les trois monothéismes.

L’esprit du christ (Kritos en grec) n’était-il pas avant tout une synthèse de philosophie suméro-égyptienne-indouiste ? Ce qui est certain c’est que ce qu’on appelle le christianisme n’a pas grand chose à voir avec son avatar très discutable appellé catholicisme (universalisme militant) qui ressemble davantage à une excroissance politique avec un "chef de parti" à sa tête nommé Pape.

Le Christ n’a jamais demandé qu’on lui bâtisse des temples partout, il évoquait le "temple intérieur" (le cœur) et promulguait l’amour au sens réel d’aimer son prochain(e). Le catholicisme n’a-t-il pas été une sorte d’invention romaine à un moment où Rome partait en lambeaux, tiraillée entre trois concurrents ? le génie de Constantin ne fut-il pas d’avoir soutenu les chrétiens (les "gentils") parce qu’il avait parfaitement compris qu’une civilisation ne tient que si elle est fondée sur une spiritualité qui unit ? Le christianisme a joué ce rôle dans un empire qui entendait réunir le monde (déjà !).

L’invention du Vatican et sa série de papes fut d’une certaine manière le 2sd coup de génie de l’empereur qui savait vraisemblablement que le pouvoir c ’est aussi l’argent (nerf de la guerre) et que l’investissement d’un Pape présenté comme "le" représentant, l’intercesseur de Dieu sur terre saurait impressionner et donc contrôler les masses ? À creuser...

Il faut revenir au christianisme et non au catholicisme... c’est en tout cas ce que suggère sur le fond S. Weill. L’état d’esprit chrétien n’a que peu de choses en commun avec le dogmatisme rigide Vaticano-catho.

Le 20 juillet 2022 à 10:43 par Tic et Toc
#2995629

Toute véritable voie spirituelle ne peut être que personnelle et absolue. Le Christ demandait à ses proches de "faire des disciples" et ne désirait certainement pas convertir le monde entier. "Mon royaume N’EST PAS de ce monde."

Le 20 juillet 2022 à 10:43 par V
#2995631

Tout n’est pas que raison, et la grâce qui fut faite à Simone Weil lui a permis d’être touchée par les chants qui accompagnaient une procession catholique.

Le 20 juillet 2022 à 13:24 par Funes
#2995704

Pierre tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.

Le 21 juillet 2022 à 05:25 par el vago
#2996085

Le Christ dont vous parlez n’est pas Jésus Christ, Fils de Dieu incarné, c’est autre chose, c’est une version orientale du Christ qui a été développé bien après et qui se rattache en partie à la gnose chrétienne mais pas que.

Pour avoir parlé avec des gnostiques et autres rose-croix, j’ai toujours remarqué ce blocage autour du dogme. Il faut se libérer du dogme, le dogme sclérose la pensée patati patata. Le soucis est que le christianisme est une religion révélée, une religion qui tourne autour de la Vérité révélée et que cette Vérité vient jusqu’à s’incarner parmi nous. Cette vérité est un exotérisme, accessible à tous, donc pour les RC et les FM on repassera, comme c’est une vérité c’est donc aussi quelque chose qui peut malheureusement être détournée, subir des changements, des altérations. Et c’est pour cela que l’histoire de l’Eglise est faite de conciles qui viennent expliciter ces vérités et qu’on en vient tout bonnement à définir des dogmes pour défendre cette vérité, tout cela a toujours été fait sous l’action de l’Esprit Saint qui veille justement à ce que cette vérité se transmette dans le temps et ne soit corrompue. Si vous voulez qu’une vérité se perpétue, le dogme est en réalité incontournable, le dogme jalonne et doit être compris comme tel.

Le 22 juillet 2022 à 12:15 par paramesh
#2996713

une vérité ne peut être dogmatique car une vérité est avant tout lumineuse et s’impose naturellement et limpidement par elle même. pas besoin de flic en plus. le dogme ne protège pas la vérité mais la vision qu’a le dogmatique de la vérité. si le message du christ est universel, impossible pour lui d’être dogmatique puisque les hommes et les cultures sont différentes. il y a les religions dogmatiques (religions du livre, de la loi) dites révélées et il y a les religions mystiques fondées sur l’intuition et la contemplation (et donc purement ritualistes, rappelons qu’un rite est aussi rigide qu’un dogme, mais que lui, n’est qu’un outil de travail ) Si le message du christ est vraiment universel ou doit pouvoir l’aborder des deux côtés. et rappelons que le Christ n’a rien écrit et que les évangiles ont une génération de retard pour établir des dogmes sur ce qu’il aurait dit

Le 20 juillet 2022 à 09:32 par Snayche
#2995595

Nous sommes bien là pour comprendre et donc trouver au mieux la vérité des sens de la création divine. Ainsi il faut chercher les meilleures interprétations. Malgré Sa position éloignée sur son trône, Dieu est extrêmement proche par Son omniscience, et la pesanteur semble plutôt donc être l’invitation à s’abandonner dans le respect et l’amour pour Dieu et autrui. C’est d’ailleurs un des sens principaux du libre arbitre sur terre car l’amour le plus sincère et donc le plus noble est une question de choix entre le mieux et par conséquent inévitablement la haine ou l’indifférence présente dans notre monde.

Le 20 juillet 2022 à 09:32 par vegeta
#2995596

Un camarade pourrait me conseiller un livre de S. Weil pour débuter ? Merci

Le 20 juillet 2022 à 13:01 par Un anonyme de la famille a Édouard le clair
#2995695

Note sur la suppression générale des partis politiques Amicalement

Le 20 juillet 2022 à 13:45 par Jean
#2995708

@vegeta.

"La Pesanteur et la Grâce" constitue une remarquable initiation à son œuvre.

Excellente lecture.

Le 20 juillet 2022 à 13:49 par !
#2995711

« De la suppression des partis politiques »… comprendre le côté diabolique des partis politiques et le mal qu’ils font à l’intelligence et à la vérité.

Le 20 juillet 2022 à 14:18 par AlBe
#2995726

En première lecture , je conseillerai son livre à la fois testamentaire puisqu’écrit dans sa dernière année de vie (1943) , synthétisant toutes ses croyances et historique ! puisqu’il répond à une demande du général De Gaulle pour participer à une réflexion en vue de la restauration de la France à la Libération, pas moins ! : "L’enracinement" . En deuxième lecture, ce livre : "La pesanteur et la grâce" dont Gustave Thibon qui l’éditera dira dans sa préface, en décembre 1990 : "Au crépuscule d’un siècle où l’accélération de l’histoire a fait surgir et s’écrouler tant d’idoles, ce livre apparait de plus en plus comme un message d’éternité adressé à l’homme éternel ; ce "néant capable de Dieu", esclave de la pesanteur et libéré par la grâce".

Le 20 juillet 2022 à 10:31 par V
#2995621

Très beau texte sur une très belle âme, précieuse , ardente.

Le 20 juillet 2022 à 11:16 par VIVACHAVEZ
#2995646

Une belle personne qu’il ne faut pas, mais ce n’est presque plus utile de le rappeler, confondre avec la tueuse de bébés....

Le 20 juillet 2022 à 11:32 par Ali
#2995655

Très beau texte sur un être à part. De l exclusivité du Christ - paix sur Lui - nous ne dirons rien, cela appartient aux chrétiens. Par contre, sur l origine du mal, un seul texte nous a informé de manière définitive et parfaitement claire : "le démiurge" de René Guénon.

Le 20 juillet 2022 à 19:01 par Geronimo
#2995900

La nature du mal, c est la nature ontologique de l’homme..Voir Hobbes ou Konrad Lorenz. Pas de Rousseau ou de Descartes la dedans.. Le Mal est structurellement humain.

Le 20 juillet 2022 à 20:17 par épiphanies kaliyugesques
#2995949

D’accord avec Ali, on est nombreux à avoir adoré s’imprégner de la limpidité intellectuelle de Guénon, cela dit j’ai arrêté de prêcher le nom de ce saint homme, trop d’ aveugles qui ont une poussé d’urticaire à son évocation. Pourtant Simone Veil était une gnostique elle aussi, mais ça aussi ça les dépasse. Autant l’un que l’autre ont dûent avoir à faire à tellement de bassesse morale à leur époque comparée à leur soucis de vérité malgrés les tenants de l’autorité morale... La France est certainement satanique depuis très longtemps, mais aucune lecture de Guénon n’engagera de près ou de loin vers une inversion du bien et du mal, mais vers un apaisement métaphysique au delà du dogmatisme. Le dernier et sûrement le seul a avoir donné une chance à la franc maçonnerie de sortir de sa contrefaçon spirituelle, avant de s’ expatrier pour aller au bout de son cheminement et pour pouvoir continuer d’enseigner aux plus grands quêteurs de son époque, quelque soit leur dogme religieux. À mon avis au niveau de la littérature métaphysique et de l’état des lieux pour la fin des temps en langue française, on ira jamais au delà. On peu donc effectivement dire qu’il n’a pas seulement porté la lumière, il en est toujours une porte d’accès.

Le 21 juillet 2022 à 06:00 par épiphanies kaliyugesques
#2996097

Hélas nous on a été éduqués par Simone Veil, et non par Simone Weil... Un V sépare donc le Salut ou la Déstruction d’un peuple et d’une nation.

Le 20 juillet 2022 à 14:11 par AlBe
#2995724

Bravo pour ce texte bien écrit et qui place idéalement le contexte de la philosophie de Simone Weil, notamment l’originalité de son cheminement christique. La nature humaine étant ce qu’elle est et l’individu ayant tendance à n’accueillir que celui qui fait partie du même clan ou de la même chapelle.. ( or qu’est ce qu’un esprit philosophe si ce n’est un esprit libre, autonome qui n’a pas besoin de chapelle ou de clan pour se définir et pour exister ?) il y a peu de chance qu’on me laisse évoquer le très bon article sur Simone Weil paru dans la revue Krisis [Philosophie ?] de Novembre 2021 dirigée par un autre intellectuel Alain de Benoist [Simone Weil, une météorite dans l’espace philosophique], encore moins un film long-métrage dédié à Simone Weil puisqu’il n’a pas été adoubé par les circuits officiels de la bien-pensance, pas plus par ceux de la "résistance" bien-pensante : [le besoin de vérité, de liberté et d’oxygène]. https://vimeo.com/ondemand/lebesoindeverite Autant dire que pris en étau entre les deux pièces de la même pièce [nature humaine], un lanceur d’alerte, résistant pionnier et observateur libre, dans les temps modernes , amoureux de la Vérité, a toutes les chances de finir comme Simone Weil, loin des honneurs et de la reconnaissance de son vivant ;il est d’ailleurs à regretter que ni De Gaulle qui déclarera "cette femme est folle"..ni Maurice Schumann ne se soit recueilli sur sa tombe à Ashford, après qu’elle ait pourtant apporté à la Résistance ce livre majeur [L’enracinement]….(Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain) heureusement Albert Camus parlera d’elle en évoquant une des plus grandes intelligences du 20éme siècle, ainsi que Gustave Thibon.

Le 20 juillet 2022 à 14:27 par david
#2995729

Elle et son frère sont des êtres exceptionnels

Le 22 juillet 2022 à 07:33 par Zieg Weil & No Pasaw’an !
#2996590

J’ai beaucoup aimé Goebbels et Eichmann, leur côté très terre-à-terre, des esprits espiègles, limite taquins... Évidement, Guy Lux, aussi...

Bon, je doigt vous laisser les z’ami.e.x.y.s, j’ai un séminaire sur la liberté d’expression à Kaboul, suivi d’un colloque sur les piscines à vagues à Pyongyang...

Bon chauffage à tout.e.x.y.z et Plus jamais Ça !

Le 20 juillet 2022 à 14:54 par Kassayé
#2995734

Article fort intéressant qui se rajoute à celui que j’ai lu hier dans Rivarol n°3527 sur Gustave Thibon, (1903-2001) celui qui fut surnommé à un certain moment le "philosophe de Vichy". Thibon fut aussi frère spirituel de S. Weil qui lui fut présenté en juin 1941 par le Père Joseph-Marie Perrin, dominicain qui reçut le 2 août 1999 le titre de Juste parmi les nations, en Israël. L’auteur de l’article de Rivarol écrit : Une communion spirituelle et morale totale unit ces deux êtres si différents l’un de l’autre ; le paysan ardéchois catholique et autodidacte et l’intellectuelle juive et parisienne d’origine bourgeoise, normalienne agrée. Simone Weil remit à Thibon en mai 1942 "la pleine propriété " de ses Cahiers. Thibon en tirera un recueil publié en 1947 chez Plon, " La Pesanteur et la Grâce ". Thibon dira d’elle : " En lisant ses cahiers, je sentis une parenté d’âme que jamais auparavant je n’avais expérimentée ; j’y trouvais tour à tour ce que j’avais pensé et ce que j’attendais."

Le 20 juillet 2022 à 15:43 par anonyme
#2995755

je connais assez bien Simone ( comte Sponville en parle très bien aussi)mais jamais assez puisque la pensée qui m’a le plus touché ( que je connaissais d’elle) est :" Mais Dieu ne peut aimer que soi-même. Son amour pour nous est amour pour soi à travers nous."....Ce qui me laisse finalement très perplexe sur ce dieu me disant que je pense qu’il y a autre chose par exemple des principes entre le zéro et l’infini ( proche du vide taoïste)qui sont aussi percutants et facteurs de la création et qui demandent amour pour les réconcilier....

Le 20 juillet 2022 à 22:53 par Yo
#2996025

Est-ce le malheur de l’homme de vouloir transmettre des messages divins pour qu’ils soient finalement mal interprétés ? Sommes-nous à la portée du sacré ? puisse la grâce nous atteindre…

Le 21 juillet 2022 à 14:50 par paramesh
#2996311

Simone Weil a une compréhension non dualiste de la divinité, ce qui est d’ailleurs normal pour une mystique ; Ce qui fait que de nombreux mystiques chrétiens ou musulmans ont été en délicatesse avec l’orthodoxie de leur religion officielle.

Le 22 juillet 2022 à 07:42 par Zieg Weil & No Pasaw’an !
#2996596

Ne nous voilons pas la face, les prisons sont pleines de mystiques...

Heureusement, grâce à la victoire des gentils en 1945, la Raison et l’Amour l’ont emporté sur la Haine, toutes les prisons de l’inhumanité et de l’injustice (à cause du capitalisme des sales blancs) s’ouvrent dans un effort commun de démocratie et de partage...

Oui Mesdames et Messieurs, le combat de Simone ne fait que commencer, l’Amour mystique et son Carnaval vaincrons les méchants-méchants !

Amen

Le 23 juillet 2022 à 05:04 par Ezra
#2997024

Tout comme une femme n’aime jamais qu’elle même à travers ses enfants.

Le 20 juillet 2022 à 17:35 par VaeVictis80
#2995825

Si Dieu nous a fait avec une individualité, et un "je", vouloir sa destruction est anathème. La mise de côté temporaide de l’individualité comme base de méditation est une chose, mais la vouloir comme mode de pensée dominant est dangereux, et très proche du kabbalisme (briser les kelipoth pour le tikkoun olam). C’est également assez proche du catharisme et des parfaits. J’avoue ne pas avoir lu d’ouvrage de Simone Weil, mais ce passage ne m’y incite pas.

Le 21 juillet 2022 à 18:05 par Patmos2B
#2996383

Parceque il faut mourrir à ce monde et revivre de l’Esprit : Être à l’image du Christ. Tout le monde n’a pas vocation à vivre en ermite, mais nous sommes dans monde mais pas de ce monde. Nous sommes fait pour l’éternité.

Le 21 juillet 2022 à 18:51 par Sankara
#2996408

Simone Weil a fait l’expérience du travail en usine, de l’esclavage capitaliste et de Guernica... Mais elle n’a pas connu l’union charnelle avec l’Autre, et n’a pas eu d’enfant ! L’observation attentive d’un petit humain joyeux dans son ardeur insatiable à découvrir le monde et son impatience à se tenir debout, vaut bien une expérience mystique... Tandis que Macron nous piétine, qu’Ursula continue de nous dépecer et que gronde la guerre en Ukraine, la présence lumineuse d’une petite fille d’un an, c’est comme un pied de nez aux forces lucifériennes... Cependant il faudra peut-être envisager la fuite en Egypte, car il est hors de question que l’enfant subisse un viol vaccinal...

Le 22 juillet 2022 à 18:15 par VaeVictis80
#2996865

@Sankara Je souscris à vos propos, je me suis d’autant plus rapproché de la foi à chaque enfant que j’ai eu. Je me dis parfois que ces gens qui cherchent la vérité pour eux-mêmes sont peut-être les plus égoïstes qui soient. Après tout, la plus sainte des femmes était une maman.

Le 20 juillet 2022 à 17:37 par Pierre le Romain
#2995832

Merci pour ce très beau résumé de la pensée de cette admirable et véritable chercheuse de (LA) Vérité qu’était Simone Weil.

Votre article qui n’arrive pas maintenant par hasard (le hasard n’existe pas) me touche évidemment profondément puisque je fais personnellement référence à deux reprises à Simone Weil dans ma Profession de Foi de candidat Anarchiste Chrétien qui est un appel à l’édification d’une 6ème république véritablement Fraternelle, et que je vous invite à consulter.

Si je peux me permettre, il y manque cependant pour moi 2 choses essentielles dans la compréhension de sa personnalité et donc de sa pensée qui était véritablement Catholique (universelle)  :
- d’une part son attirance profonde pour le Catharisme qui est un dualisme
- et d’autre part et surtout le fait qu’elle était une Mathématicienne (son frère était un grand mathématicien) qui a témoigné de son aversion profonde pour l’algèbre (les équations) et de son intuition (qui s’avère exacte) que la compréhension de la Vérité passe par la Mathématique fondamentale et l’Analogie.

L’AnaLOGIE, s’oppose RADICALEMENT à l’explication Aristotélicienne de la logique car on n’est PAS DU TOUT dans le même LOGOS. On ne peut pas à la fois se réclamer d’Aristote (un hypocrite) et du Christ ! C’est complètement stupide !

La Mathématique fondamentale et l’Analogie, comme je l’ai archi-démontré (cf https://clefs-du-royaume.fr), c’est LA Clef de LA Science qui ouvre la porte du Royaume des Cieux. Alors, comme Simone, entrons maintenant toutes et tous par la Mathématique dans la Vérité et dans l’Amour du Christ ! (car sinon...)

Merci encore, Camille, avec mes amitiés fraternelles Pierre, Le RoMain

Le 21 juillet 2022 à 22:22 par Blablabla
#2996485

@Pierre le Romain Bonjour, permettez moi de vous proposer une réflexion en toute humilité, nous sommes après tout, tous ici en quête de savoir. La démonstration, un concept que vous semblez suffisement maîtriser pour produire votre commentaire par exemple, vient directement d’Aristote. Pouvez vous m’expliquer cette contradiction évidente de forme et de fond ?

Le 21 juillet 2022 à 23:27 par Marie-Jeanne
#2996500

Là on est sur de la bonne.

Le 22 juillet 2022 à 08:10 par Blablabla
#2996604

@Marie-Jeanne De la bonne ?.. Les jeux de mots et d’esprit... J’adore ! À la vôtre Marie-Jeanne !

Le 20 juillet 2022 à 18:13 par Déclassé social
#2995866

Elle a un côté Spinoza ou je me trompe ?

Le 20 juillet 2022 à 19:44 par La nuque roide
#2995920

« Mais Dieu ne peut aimer que soi-même. » écrit Simone Weil. Pas sûr. Dieu incréé, à qui appartient dé lors l’Éternité, crée son fils en son sein, celui qui dit à l’adresse de rabbins voulant le prendre en défaut : « avant qu’Abraham fut je suis. ». Jean, chapitre 8, verset 58. De cet amour de Dieu pour son fils et de cet amour du fils pour Dieu va naître la troisième personne de la Trinité : le Saint Esprit. Ce n’est pas moi qui le dit, ça, c’est la théologie des Pères de l’Église chrétienne. Dieu est 3 personnes en non pas une personne, mais en Lui, Dieu, de fait, avant la création du fils, Dieu est pour sûr une personne, puis 2, puis 3, d’où la Trinité, qui n’est pas un mystère mais plutôt l’histoire de Dieu avant la création du monde, de l’univers, de quelque soit la « chose » créée.

Dieu ne veut pas s’imposer à chacun de nous, car Il attend, avec amour, et patience, que chacun de nous aille vers lui de son plein gré, avec raison, avec conscience, avec amour, avec volonté.

Alors oui, Dieu ne peut pas qu’aimer que Lui-même, en cela Dieu est Amour, voilà pourquoi Il nous a créé à son image et à sa ressemblance, pour que nous soyons des dieux, sinon qu’à la différence de lui incréé, nous, nous sommes voués à devenir des dieux crées par le Dieu incréé.

En cela Dieu nous aime, Dieu aime chacun de nous, sans pour autant s’aimer lui-même à travers nous.

Et il est bien possible, que, pour créer la « chose » créée, Dieu se soit dépossédé, de sa substance, et celui qui nous explique cela n’est autre que Jésus lequel nous invite à manger son corps et boire son sang.

Car Dieu n’a pas créé à partir de rien mais à partir de lui, faisant don de sa personne, faisant don de sa substance.

Voilà pourquoi aussi, n’ayant pas vu Dieu, ou refusant de le voir, par orgueil, par vanité, par égo, Lucifer porteur de la Lumière Divine a pu se prendre pour Dieu, et ainsi devenir le diable, le Malin, le prince de ce monde comme dit Jésus.

Le 20 juillet 2022 à 20:47 par Anne
#2995965

Nuque roide, vous écrivez : Dieu ne veut pas s’imposer à chacun de nous, car Il attend, avec amour, et patience, que chacun de nous aille vers lui de son plein gré, avec raison, avec conscience, avec amour, avec volonté.

Je n’ai pas vécu les choses ainsi. Un jour, Dieu est venu, pour moi. Il vient, Il te capte, Il t"emmène, Il te prend. Et la route devient différente. Pourquoi certains sont-ils captés et d’autres pas ? Mon abbé dit "Il faut d’abord croire".

Ai-je toujours cru ? Sans doute, pourtant, j’étais si loin de LUI.

C’était juste pour témoigner que Dieu n’attend pas.

Le 20 juillet 2022 à 19:59 par Paul82
#2995934

Une très grande dame qui nous a quitté trop tot.

Le 20 juillet 2022 à 23:35 par VIVACHAVEZ
#2996039

"Une très grande dame qui nous a quitté trop tot."

En effet. Et le très petit homme David Rockefeller nous a quittés à....101 ans.

Le 21 juillet 2022 à 06:44 par PL
#2996110

Le 16 mai 1942, ses parents avaient obtenu de pouvoir s’enfuir à New-York avec leurs deux enfants Simone et Alex, mais elle a considéré que c’était de la lâcheté d’abandonner son pays en guerre, et elle a décidé de revenir vivre en France par solidarité avec les autres Français. En France pendant l’occupation elle a participé à la Révolution nationale dans sa dimension du revivalisme des cultures régionales, en publiant dans une revue occitaniste un article sur la littérature et l’amour chez les troubadours.

Son frère Alex Weil, normalien aussi, est le malencontreux promoteur de la réforme de l’enseignement des mathématiques de la fin des années 1960 appelé Mathématique moderne.

Le 23 juillet 2022 à 18:12 par kabouli
#2997444

Son frère se prénomme ANDRE et non Alex. Simone Weil fut aussi non pas partisane de Pétain mais compréhensive envers l’action des français qui voulait souffler...il ne semble pas qu’elle est manifestée quelque sympathies pour son action.

Le 21 juillet 2022 à 17:03 par fd
#2996359

Ce qu’elle exprime, c’est le retour du Christ dans le monde éthérique, ’sur les nuées’ pour reprendre l’expression consacrée ; la deuxième venue. Voire R Steiner sur cette question fondamentale de Christologie, vu que tout un tas de sectes prêchent un retour physique. L’Eglise et ses mystiques, voyants, initiés n’a jamais soutenu ça et est super claire là-dessus. Les sectes juives comme celle de Zabatai Zvi prêchent un messie, qui n’est autre que l’Anti-Christ. Vladimir Solovieff, le philossphe Russe a écrit une nouvelle sur le sujet.