En empilant les émissions de faits divers, de l’affaire Chanal à l’affaire Bruel, en passant par le Coral, Patrick Henry et Fourniret, on a compris une chose : si la justice est toujours lente, souvent inefficace, parfois injuste, c’est qu’elle est freinée. Sauf quand il s’agit de Soral ou Dieudonné, mais c’est un autre sujet.
Objectivement, la justice n’est pas contre les victimes ou les familles de victimes, même si elle se fout royalement de la piétaille (voir les proches des pauvres filles assassinées par Émile Louis) : elle préfère les oligarques, qu’elle cajole. Elle n’est pas non plus pour les criminels, sauf quand ils sont issus de l’oligarchie. Au fond, elle est contre elle-même.
Les lois qui régissent la justice entravent la justice, tout simplement. Cela explique sa lenteur, sa stérilité, sa compréhension du criminel (surtout s’il est d’en haut, ou protégé), son mépris de la victime (surtout si elle est d’en bas). Mais ce n’est pas aussi simple : qui a entravé la justice, et pourquoi ? La peur d’embastiller un innocent a-t-elle paralysé le glaive de la justice, ou est-ce plus profond, comme la politique du même nom ?
L’affaire Chanal, qui est une affaire de la justice – c’est elle qui aurait dû être sur le banc des accusés à sa place –, est à ce titre exemplaire. On a peine à croire à tout ce qui est décrit dans le sujet d’Hondelatte.
À chaque fois, on se dit, la justice a compris de ses erreurs, elle s’améliore affaire après affaire, mais en réalité, non. La seule différence avec les années 80-90, où les erreurs en série se sont amoncelées, c’est l’irruption de la preuve scientifique. Sans cela, peu de preuves, peu de culpabilités, peu de crimes reliés entre eux, peu de peines ou des peines ridicules (dix ans pour Chanal), beaucoup de souffrance dans les familles, même si la condamnation d’un criminel ne met pas un terme à cette souffrance.
Cette justice étant justice des hommes, et pas de Dieu, qui se situe à un autre niveau, si elle est paralysée, c’est qu’elle a été paralysée, ce n’est pas tombé du ciel. On sait qu’elle est pauvre, mais la pauvreté en effectifs et en budget n’explique pas tout : dans l’affaire Chanal, tout est une question d’intelligence, de relation entre les faits.
Ce n’est ni une question de fric ni de personnel. La preuve : un seul type peut venir à bout d’un tueur en série, voir Abgrall pour (Francis) Heaulme ou Jambert pour (Émile) Louis. De la même façon, un seul commissaire flanqué de son chauffeur a mis un terme au massacre du Bataclan, pendant que Valls interdisait aux militaires armés d’intervenir. Quand le Système merde, il n’y a plus que les héros.
Si les magistrats sont plus diplômés que les policiers et les gendarmes, ils ne sont pas beaucoup plus efficaces. Parfois, un type sort du lot, mais ceux-là font figure d’exception. Il y a par exemple Ployé chez les experts psychologues.
On a déjà parlé de Nedilko ici, lui aussi s’est battu contre sa hiérarchie pour résoudre des cold cases que le combo police-justice voulait refermer. Un cas typique des crimes qui n’étaient pas rapprochés, par paresse, mais aussi par la loi : on prenait les crimes un par un, tant pis pour les séries, qui auraient pu en résoudre un paquet d’un coup. Mais ça prend du temps, ça demande du courage, de l’intelligence, et surtout, du respect pour les familles de victimes.
Allez dans un commissariat, après un vol ou une agression, vous allez voir comment vous allez être reçus... Rien que ça donne une idée du problème. Là encore, ce n’est pas forcément un problème de fric ou d’effectifs, plutôt de niveau, de motivation, de vocation... Nedilko, considéré comme un emmerdeur par ses supérieurs, a été dégoûté par cette ambiance, cette stérilité.
« On m’a reproche d’insérer de l’humain dans le domaine juridique »
La justice a ses propres lois, qui l’entravent, mais aussi son environnement politique, qui l’enferme. Et freine des quatre fers quand il est concerné. On se demande si une justice faible n’est pas la condition sine qua non d’un pouvoir impuni. Pour Chanal, ce sera l’armée qui freinera. On se souvient de ce ministre de la Défense, André Giraud, qui osera déclarer, en 1988 : « Les disparus de Mourmelon, c’est une blague ridicule. » La suite est une catastrophe.
Le Canard enchaîné révèle, le 7 septembre 1988, que le SIRPA a commandé en 1987 à Jean-Noël Kapferer, professeur de marketing à HEC, une étude présentant « les disparitions de Mourmelon » comme une légende urbaine. La complexité de l’affaire, la dispersion et l’insuffisance des moyens (au moins onze juges d’instruction), des fautes et des négligences (pertes de scellés, expertises inutiles ou mal faites) ont rendu l’instruction extrêmement longue et chaotique. [...]
Le 26 janvier 2005, le tribunal de grande instance de Paris condamne l’État français pour faute lourde[8]. Le jugement stigmatise « l’inaptitude du service public de la justice à remplir sa mission » car une « série de fautes » commises par les juges d’instruction ainsi que par les enquêteurs « ont ralenti l’instruction des différentes affaires de disparitions inquiétantes » et ont conduit « à ce que demeurent inconnues les circonstances de l’enlèvement et du décès de plusieurs victimes. » [...]
Avec l’affaire des disparues de l’Yonne et le procès d’Outreau, cette affaire reste aujourd’hui l’un des exemples les plus médiatisés des défaillances de la justice française dans la résolution d’affaires complexes. (Wikipédia)
Depuis, ça n’a globalement pas changé : les défaillances ont juste changé de monture. On s’occupe des criminels en série, mais c’est politiquement que tout défaille. La justice a persécuté Dieudonné, Soral et les Gilets jaunes, tout en laissant en liberté Jack Lang, en relâchant Chanal !, et en blanchissant les flics qui avaient tabassé les Gilets jaunes. Ce n’est plus une justice, c’est un instrument politique répressif.
Et on ne parle pas des soignants antivax virés sans salaire, des agitateurs de drapeaux palestiniens qui ont vu débarquer les flics chez eux, défonçant la porte, réveillant en sursaut des enfants terrorisés. Il y a un problème profond avec la justice, en France. Les Français, échaudés, ne lui font plus confiance : le clandestin a plus de droits que le travailleur, le cambrioleur est plus protégé que le cambriolé. Badinter, les loges et les forces occultes ont fait beaucoup de mal à cette institution.
L’oligarchie s’est saisie du glaive de la justice pour l’abattre sur tout un pays, et le faire se tenir tranquille. La dérive est totale, insensée. Des familles se font verbaliser sur la plage par des CRS, une dame prend une amende car elle a acheté un produit non nécessaire (de la peinture !) pendant la tyrannie covidiste. Il faudra un jour faire le procès de ceux qui nous ont attaqués, de ceux qui nous ont accusés de tous les maux, tout en protégeant les vrais criminels. Des Nuremberg, il y en a des paquets à venir !


et
!









