Quand les forces de gauche conjuguent leurs talents pour abattre un nuisible, nuisible à leurs yeux, c’est-à-dire à leurs intérêts, elles finissent toujours par l’hitlériser. C’est l’extrême faiblesse de la gauche idéologique, considérer que si on ne pense pas comme elle – soit de traviole – on tombe forcément dans le IIIe Reich.
C’est ce qui arrive à notre confrère (eh oui) Pascal Praud, qui est passé avec surprise et une certaine chance du commentaire foot au commentaire politique. Peu à peu, ses idées ont fissuré sa carapace déontologique, et le journaliste a fini par faire, à force, son coming out droitiste avec L’Heure des pros. L’horreur, en un mot. Pour la presse de gauche, qui appuie toujours du mauvais côté, c’est donc un extrême droitiste, donc un hitlérien. Le donc est nécessaire ici, chaînon chelou de la mécanique des amalgames.
Caricaturé par les humoristes, et de belle manière, Pascal n’en poursuit pas moins son chemin, ponctué de records d’audience, quand les chaînes bien-pensantes se cassent la gueule les unes après les autres. Quel changement quand on se souvient de la médiocrité due au gauchisme infantile de i>télévision !
CNews est certes une chaîne d’opinions, on ne souscrit pas à toutes, mais elle a le mérite d’exister, de lancer des débats interdits, donc de faire vivre la démocratie. Eh bien cette extension du pluralisme ne plaît pas à la gauche, qui voudrait contrôler tout le camembert journalistique. Quoi, mon monopole sur l’info est attaqué ? Appelez la police, les renforts, la LICRA, SOS Racisme, les jeunes, les people, les féministes et toutes les bonnes âmes qui ne supportent pas la concurrence victimaire !
Le nouveau Hitler ou le nouveau Netanyahou ?
Davet & Lhomme, les deux grands journalistes à l’origine des scoops en carton du Monde (voir leur découverte de l’arnaque du covid avec des années de retard), ont donc ciblé sur ordre (il peut être inconscient) le pauvre Pascal, qui n’aura plus que le suicide (professionnel) pour s’en sortir. À moins qu’il ne s’excuse, en direct, comme Dieudonné, et qu’il (re)prenne des chroniqueurs de gauche limités du bulbe. Et ça pullule. L’intro est sans pitié : on est passé de SOS Racisme à la Waffen SS !
Un Pascal Praud peut en cacher un autre. À moins que l’on assiste à une sorte de mue cathodique… La première séquence remonte au 6 octobre 2001. Alors reporter au service des sports de TF1, « Praud Pascal », comme s’amusent à l’appeler les commentateurs Thierry Roland (1937-2012) et Jean-Michel Larqué, assiste à l’envahissement du terrain du Stade de France par des spectateurs du match France-Algérie. Marseillaise sifflée, match arrêté… Commentaire de Praud en direct : « Il ne faut pas dramatiser. C’est une poignée de quelques spectateurs (…). La grande majorité du public, beaucoup de jeunes Français originaires d’Algérie, avait envie de chanter les deux hymnes, ensemble. »
À l’époque, donc, « Praud Pascal » fraternise.
Vingt-cinq ans plus tard, Pascal Praud attise.
Les deux dernières phrases font froid dans le dos, et puis cette rime en ise, l’audace stylistique faite Lhomme. Pascal a-t-il été piqué par une araignée allemande qui injecte un venin maléfique venu des années 30 ? Davet & Lhomme racontent que peu à peu, les chroniqueurs de gauche ont été purgés, sauf Jakubowicz, et ils font semblant de se demander pourquoi !
L’heure des pronazis
Exit Joffrin. Disparu, aussi, Gérard Leclerc, journaliste respecté et mesuré, mort en août 2023. L’année d’après, Olivier Dartigolles, ex-élu communiste, quitte à son tour l’émission. « Il était devenu un punching-ball », déplore l’avocat Alain Jakubowicz, autre chroniqueur historique. L’ex-président de la Licra est un cas dans ce casting détonnant. N’est-il pas le seul à refuser d’être rémunéré ? Le seul, aussi, à dire à l’antenne qu’il s’agit d’« une télé d’extrême droite », quitte à se faire réprimander ensuite, ou encore à dénoncer le traitement bienveillant réservé à Jean-Marie Le Pen au moment de son décès, en janvier 2025. « Il y a une forme de réhabilitation de l’homme qui m’est très désagréable ; un salaud mort reste un salaud », assure au Monde l’avocat. Sans compter les louanges permanentes adressées à Donald Trump, « un dingue dangereux », selon ce même Jakubowicz.
On va aider Navet & Pomme à comprendre, eux qui font semblant : Jaku est le bouclier, ou le commissaire politique, de Pascalou, voilà tout. Aujourd’hui, l’extrême droite est tolérée à la télé parce qu’Israël a basculé dans la folie pure, celle d’une extrême droite militaro-religieuse nettement plus dangereuse que l’extrême droite française, qui ne tue pas les femmes et les enfants, elle. Et les hommes non plus, d’ailleurs. On emprunte une dernière fois au papier du Monde pour une précision :
Alors, l’avocat a temporairement claqué la porte, il y a quelques mois, prévenant par SMS son compagnon d’antenne, l’ex-secrétaire d’État socialiste André Vallini. « Je ne supporte plus cette chaîne et la radicalisation de ses intervenants », lui écrit-il, déplorant « l’orientation donnée à la ligne éditoriale » de CNews. Depuis, Alain Jakubowicz a refait quelques apparitions, par amitié pour Praud, dit-il, mais le cœur, selon lui, n’y est plus.
Ah, c’est dur d’aller à reculons en télé défendre Israël en n’étant pas de tout cœur avec les vilains sionards d’extrême droite en plateau !
Imaginez maintenant un instant un Pascal Praud qui ferait l’apologie du Hamas, de la Palestine, de la résistance armée à Gaza. Combien de temps, selon vous, pourrait-il rester à l’antenne ? Tout le reste est de la littérature. Vous avez quatre secondes, pas quatre heures.
Pascal et la censure journalistique de la gauche (à partir de 6’36)


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