De tout temps, l’occupant, qu’il soit allemand, américain ou israélien, a eu des affidés en France. On les appelle plus généralement des collabos, mais leur degré d’implication dans la trahison nationale varie. Tout est une question de pourcentage, en fonction des tourments personnels.
Il peut y avoir des collabos à 50 %, c’est-à-dire qui se réservent un droit de retrait et de retournement. Mitterrand a été à la fois un collabo et un résistant. Disons qu’un collabo en poste pouvait, en 1943, donner quelques gages à la résistance en même temps qu’à l’avenir.
Ce jeu avec soi-même, parfois dangereux, n’empêche pas, à chaque époque, de voir naître des affidés. Certes, personne n’est obligé d’être patriote, mais l’empressement de certains à se mettre au service de l’occupant montre qu’il s’agit d’une tournure presque organique, d’une perversion de l’esprit.
Certains parleront de lâcheté, nous on préférera un gain rapide au prix d’un futur aléatoire. Collaborer, c’est miser sur l’instant présent, et faire fi d’un changement possible de régime. C’est troquer sa morale – ou son patriotisme – pour de sérieux avantages, sonnants et trébuchants. C’est vendre son patrimoine mental.
Chez nos journalistes ou politiques, la collaboration est plus ou moins avouée. Le parfum de Vichy et de ses démons flotte encore dans l’air. Il y a un complexe, que certains balayent d’une main. Nicolas Baverez en est. Dans Le Figaro du 7 mars 2026, il raconte sa guerre contre l’Iran et pour l’axe américano-israélien. On ne le traitera pas de Brasillach, plutôt de Baverezillach.
Sans trahir sa vigoureuse plume, nous avons isolé quatre jolis morceaux de sa prose vichyste version 2026, ou américano-israéliste. Avec ce qui va suivre, Nico a intérêt à ce que l’Amérique gagne, à la fois en Iran et en France.
Une guerre qui se doit d’être décisive, contrairement à celle de juin 2025, en éradiquant l’arsenal de terreur iranien et en faisant tomber ou transformant le régime des mollahs. Une guerre qui, du côté des États-Unis, ne peut être que courte compte tenu des tensions sur les stocks de missiles, de son coût qui atteint un milliard de dollars par jour, de la loi sur les pouvoirs de guerre de 1973 qui impose l’approbation du Congrès au-delà de 60 jours d’opérations, de l’hostilité des Américains qui ne sont que 27 % à l’approuver, des risques de stagflation mondiale liés à l’impact sur le marché des hydrocarbures et sur le trafic maritime.
C’est Israël qui incarne la rationalité et présente l’alignement le plus solide entre la vision de long terme de Benyamin Netanyahou, la planification de Tsahal et la mobilisation de la société autour de l’objectif de l’annihilation de la République islamique et du Hezbollah. Et ce quels que soient le coût et la durée de la guerre.
Les débuts de la campagne ont été remarquablement réussis, marqués par la décapitation du régime des mollahs, symbolisée par la mort du guide suprême, Ali Khamenei, la destruction des infrastructures militaires, la maîtrise du ciel et l’anéantissement de la marine, jusqu’au torpillage de la frégate Dena au large du Sri Lanka, les coups portés aux gardiens de la révolution.
La menace stratégique majeure que représente le régime des mollahs pour Israël, les monarchies du Golfe et les démocraties occidentales est pleinement confirmée. L’Iran demeure le premier pays ayant engagé un programme nucléaire non pas dans une logique de dissuasion mais avec pour objectif d’anéantir une autre nation, Israël, qui ne le menace en rien et se trouve éloigné de ses frontières. Les frappes massives de missiles balistiques et de drones comme leur exportation de la Russie au Venezuela constituent un risque stratégique inacceptable, y compris pour l’Europe dont il est désormais acquis que nombre de capitales sont à portée de tir. La guerre doit donc être menée jusqu’au bout, avec pour objectif l’éradication définitive de l’appareil de terreur de l’Iran, même si la République islamique devait facialement [1] survivre.
On aurait presque pu passer tout le quatrième paragraphe en noir, tant il est profond dans la collaboration. Mais c’est un choix, calculé on l’imagine, et on le respecte. Rendez-vous à la libération, Nico : les paroles s’envolent, les écrits restent. On la connaissait en latin mais on a peur de faire trop de fautes.
Dans un autre article, toujours sur Le Figaro (du 22 septembre 2025), à propos de la reconnaissance d’un État palestinien par Macron, Nico écrivait ceci :
Elle donne raison aux positions défendues par LFI et à sa stratégie insurrectionnelle, substituant la mémoire de Gaza à celle de la Shoah, légitimant la flambée d’antisémitisme, validant l’amalgame opéré entre le gouvernement de Benyamin Netanyahou, Israël et les Juifs de France, emportés dans la même condamnation, livrés à la haine et désignés comme cibles à l’opinion.
Dans ce même article, il regrettait que la force prime le droit. Aujourd’hui, il persiste et signe : « Seul le hard power compte et fait la décision ». La loi du plus fort, y a que ça de vrai. En économie, Nico, qui fait partie du Groupe Bilderberg et de l’Institut Montaigne, est partisan d’une thérapie de choc ultralibérale. La guerre, sans l’aimer, quoi.
« Nous sommes à portée de l’arsenal iranien ! »


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