Le nombre ne ment pas. Quand on regarde les chiffres de vente des livres politiques, deux choses : l’effondrement idéologique et commercial de la gauche, et la montée de la droite souverainiste.
Concrètement, Tondelier a vendu 4 000 exemplaires de son Demain, si tout va bien..., tandis que Bardella a vendu 230 000 ex de son Ce que je cherche, et 75 000 de son dernier, Ce que veulent les Français. Qu’ils aient été écrits par d’autres (Zemmour a 7 auteurs, pardon, archivistes) n’est pas un problème : tous les livres politiques sont écrits par des nègres (des personnes blanches qui savent écrire, pas des Noirs). Sauf chez Kontre Kulture.
Les figures de gauche, élues ou non, semblent avoir un peu plus de difficultés à émerger. « La seule qui vend, c’est Salomé Saqué [une journaliste du média Blast engagée contre l’extrême droite], mais son livre est à 5 euros », contre une vingtaine d’euros pour Jordan Bardella ou Nicolas Sarkozy, estime une éditrice qui préfère rester anonyme. « On ne voit personne qui rivaliserait avec ces personnalités. Regardez Marine Tondelier [secrétaire nationale des Écologistes], elle a vendu 4 000 exemplaires ». (France Info)
Deux remarques grossières : d’abord, si les HPG (hommes politiques de gauche) vendent peu (Mélenchon culmine à 17 000), c’est parce que leur public est globalement pauvre, ou pas riche. Ensuite, tout le monde connaît l’idéologie gauchiste car elle est au pouvoir depuis quatre décennies, et deux générations ont pu se faire une idée du désastre.
Pour résumer : on finance des millions de migrants payés sous le Smic, quand ils bossent, on paye l’impôt inflation quand on fait partie de cette classe moyenne dont le salaire réel a baissé, on paye très cher un chômage massif qui est la condition sine qua non de la rentabilité des grandes entreprises, qui, elles captent 200 milliards par an, non remboursables, à l’image des Corses qui, à une époque, bien sûr lointaine, empruntaient au Crédit Agricole mais ne remboursaient pas...
Si le livre de Sarkozy est un gag, celui du Villiers est plus programmatique, vu la bouteille du gonze par rapport au jeunot : Jordan a 30 ans, Philippe 46 de plus. L’effet Trump a revitalisé les chevaux de retour. Quand on réfléchit à 2027, si Macron tient jusque-là, pisté qu’il est par les deux gros mangeurs – Poutine et Trump –, on aura forcément un président souverainiste. Le fait que le PS tienne les institutions ne suffira pas : il est contesté de partout, et la candidature de Glucksmann est tout sauf populaire, tout sauf française, vu son passé géorgien...
Deux personnalités solides se détachent : Villepin à gauche, Villiers à droite. Naturellement, les petits malins vont (se) poser la question israélienne : de ce point de vue, Villepin est critique, Villiers relativement illisible. D’un côté il fait le chrétien sioniste...
Philippe de Villiers : « Israël, pour les islamistes, c’est la pointe diamantée de l’Occident », dans #Punchline pic.twitter.com/i1tfcN6xv8
— CNEWS (@CNEWS) December 15, 2025
De l’autre il en lâche une grosse sur Salomon.
Villepin, en tant que souverainiste de droite-gauche, commet une faute sur Trump, qu’il accuse de tous les maux, et surtout de s’attaquer à l’Europe. Ce faisant, Villepin défend l’UE, donc la supranationalité, ce qui n’est pas très souverainiste. À gauche se profile Hollande, qui revient dans le jeu. On en pense ce qu’on veut, mais il fait un carton chez les plus de 65 ans des petites villes de province.
"Jean-Luc Mélenchon attend une élection présidentielle qui ne vient pas"@fhollande dans #RTLMatin avec @ThomasSotto pic.twitter.com/KF8hjypVGm
— RTL France (@RTLFrance) January 20, 2025
Le retour des vieux : Villepin 72, Hollande 71 et Villiers 76
Le vote est-il en train de devenir l’apanage des plus âgés ? Au premier tour de la présidentielle de 2022, seuls trois jeunes sur cinq (18-24 ans) ont voté, contre près de 80 % des plus de 65 ans. Aux élections européennes de 2024, près de 60 % des 25-34 ans se sont abstenus (IPSOS). Ces chiffres confirment une tendance structurelle : les jeunes votent moins, et leur poids électoral s’amenuise mécaniquement face à une population vieillissante.
Sur les réseaux sociaux, une idée a surgi en 2022 : interdire aux plus de 80 ans de voter, au motif qu’ils défendraient avant tout leurs intérêts immédiats sans avoir à subir les effets des décisions politiques sur le long terme.
Si cette proposition peut légitimement choquer, sa radicalité traduit aussi un sentiment diffus de dépossession démocratique chez une partie de la jeunesse, qui voit les grands choix de société dictés par une majorité plus âgée.
On peut compter sur l’ancien président pour rafler le vote des (10 millions d’électeurs sur les 15 millions de plus de 65 ans) boomers déçus du macronisme, et savonner la planche à Mélenchon, contre qui il a une revanche à prendre. Le jeu français semble encore bloqué. Conclusion : notre seule chance, c’est une implosion de l’UE.


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