Libéralisme et décence ordinaire

Par Jean-Claude Michéa

Publié le : mardi 11 décembre 2012
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Source : ragemag.fr
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Le libéralisme officiel affirme que la morale – comme la religion – est une affaire strictement privée (chacun étant donc libre de vivre « comme il l’entend », sous la seule condition qu’il « ne nuise pas à autrui »). Dans cette optique, chaque individu peut donc parfaitement, à titre personnel, préférer la loyauté et la générosité ou, à l’inverse, le cynisme et la trahison.

Cela ne change rien au fait que les différentes décisions politiques d’un État libéral (ou des institutions internationales correspondantes) ne doivent jamais se fonder sur une « idéologie » particulière (qu’elle soit morale, philosophique ou religieuse). Elles sont censées, au contraire, s’appuyer sur les seules analyses objectives élaborées par des « experts » supposés « neutres » et « indépendants » (au premier rang desquels figureront, naturellement, les économistes et les « techniciens » du droit).

Une politique libérale d’austérité, par exemple, ne sera jamais imposée au peuple comme un châtiment divin, comme la chance d’une vie plus « vertueuse » ou même comme la manifestation logique du droit du plus fort. Elle sera toujours présentée, au contraire, comme l’unique solution « réaliste » et « scientifique » (there is no other alternative) qu’appelle un problème économique précis – qu’il s’agisse de celui de la « dette » ou de celui de la sortie de l’euro.

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Sur le même sujet, chez Kontre Kulture :


"Le Libéralisme comme volonté et comme représentation" de Charles Robin
10 commentaires
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Le 11 décembre 2012 à 14:27 par le colonel
#281067

Je ne doute pas de la valeur du bouquin mais quand va-t-on cesser de produire sans cesse ses mélanges sémantiques ?

Le libéralisme ? pas grand chose de commun avec le néo-libéralisme, trop de contrainte chez le premier + créateur peu importe son milieu social= moteur de la société alors que le néo-liberalisme= société verticale et pyramidale aux mains des puissants !

Idem avec la mondialisation et le mondialisme ……

Le 11 décembre 2012 à 19:53 par machiavel1983
#281299

Jean claude Michéa parle de la logique libérale et le néolibéralisme en est le résultat.

Le 11 décembre 2012 à 15:00 par Yanis
#281085

(chacun étant donc libre de vivre « comme il l’entend », sous la seule condition qu’il « ne nuise pas à autrui »). Dans cette optique, chaque individu peut donc parfaitement, à titre personnel, préférer la loyauté et la générosité ou, à l’inverse, le cynisme et la trahison.

J’aime bien Michéa, mais ya une petite contradiction, le cynisme et la trahison ce fait souvent en nuisant à autrui.

Le 11 décembre 2012 à 16:40 par pseudonem
#281151

Ah çà fait toujours plaisir un article de Michéa, je les collectionne ! Le livre est super bon, je le conseille, c’est on ne peut plus clair, le libéralisme a eu le temps de maturer jusqu’à aujourd’hui car il date en fait de 1631 ! Et débute en France avec un certain Descartes où il sous-entend déjà cette bipolarité qui caractérise l’idéologie (la future alternance gauche-droite) en remarquant le rapport entre l’activité marchande et le climat de paix et de sécurité qu’elle apporte...

Le 11 décembre 2012 à 17:27 par antperi
#281183

Texte indigeste, sans doute très pertinent mais franchement, j’ai dû mal à m’extasier devant Michéa, intellectuel sans doute très intelligent mais chiant... Soral fait mieux, et ne tourne pas autour du pot ; c’est plus précis et plus clair ! Allez vivement la vidéo du mois ! :)

Le 11 décembre 2012 à 18:14 par machin
#281220

Si le libéralisme privatise les valeurs morales alors les valeurs morales conduisant la France sont les valeurs morales de ceux qui font la politique, c’est-à-dire nos dirigeants.

Le 11 décembre 2012 à 19:13 par Nichiren
#281272

toujours enrichissant de lire la pensée de Michea mais ici j’émets un désaccord :(c’est vers lafin) "De ce point de vue, l’idée progressiste – portée par le mythe paulinien d’un « homme nouveau » – selon laquelle la « morale du futur » n’aurait plus rien de commun avec celles du passé (c’était, par exemple, la conviction d’un Trotsky) n’est pas seulement meurtrière. (...)" Il fait un contre sens sur la pensée de Saint Paul , "l’homme nouveau" ne préfigure en rien la "morale du futur" il s’agit dune vision sacréeeschatologique verticale de mort et résurrection et non d’une vision horizontale sécularisée , Paul n’est pas l’ancêtre des hégélo- marxistes ! c’est trés à la mode de faire de Paul l’ancêtre de la modernité.

Le 11 décembre 2012 à 19:18 par ordekestion
#281274

Chouette un article de Michea. Un grand merci à E&R.

Le 11 décembre 2012 à 22:06 par gloopy
#281493

au même titre que Soral, Michéa est un homme important de notre époque pour qui veut élever son niveau de compréhension et de conscience.

Le 12 décembre 2012 à 22:25 par foma
#282321

Je rajouterais Emmanuel Todd et Christopher Lasch. Quatre auteurs pour se forger une grille de lecture puissante.