Harcelé et poursuivi, Alain Soral a fait le choix de l’exil pour poursuivre son combat. La liberté de parole qu’il a retrouvée en Russie fait désormais de lui l’une des voix les plus fortes de la résistance à la décadence de la France. Il nous donne ses premières impressions sur la Russie de Poutine, et cela est riche d’enseignements. Nous le remercions particulièrement d’avoir pris le temps de répondre à cet entretien.
Rivarol : Vous avez choisi de vous exiler en Russie en février. Quels événements ont précipité ce départ ?
Alain Soral : La décision, désormais imminente, du Canton de Vaud, par l’entremise de son procureur général vendu au lobby sioniste, de me jeter en prison, sans possibilité cette fois de mise sous bracelet, puisque en récidive, suite à ma condamnation dans l’affaire dite de la « grosse lesbienne »…
Dans le contexte de l’affrontement entre la Russie et les puissances atlantistes, votre exil apparaît comme un acte politique fort. Est-ce une manière de poursuivre votre combat sur un autre terrain ?
Oui. Être en prison c’est, de fait, être réduit au silence, et étant déjà condamné à la prison ferme en France et en Suisse, donc dans toute l’UE et l’espace Schengen par voie d’extradition, les pays où continuer le combat antisioniste et antiimpérialiste ne sont plus légion. La Russie, où je suis bien accueilli depuis la dizaine d’années où je m’y rends, me semblait donc toute désignée.
Comment les autorités russes vous ont-elles accueilli ? Bénéficiez-vous d’un véritable statut de réfugié politique ? Les procédures judiciaires engagées contre vous en France et en Suisse peuvent-elles avoir des conséquences en Russie ?
J’ai été bien accueilli en Russie, puisque je fais partie des 5 % des demandeurs éligibles au statut de réfugié politique. Quant aux procédures judiciaires engagées contre moi en France et en Suisse, pour complaire au lobby sioniste français, et qui ne sont, je le rappelle, que du délit d’opinion, elles ne peuvent avoir aucune conséquence en Russie. Ce qui ne fait pas de la Russie un pays anti-israélien ni révisionniste pour autant, la Russie restant toujours sur le logiciel antifasciste créé par Staline et en vigueur depuis l’après-Seconde Guerre mondiale. Il faut donc savoir doser !
Malgré votre départ, certains de vos adversaires semblent continuer à vous cibler. Avez-vous fait l’objet de menaces ou de pressions concernant votre sécurité ?
Je reçois toujours des menaces, via les réseaux sociaux, émanant toujours des mêmes, et qui me font savoir qu’ils peuvent m’atteindre partout, mais comment savoir si c’est à prendre plus au sérieux là-bas qu’ici ?
Quelle influence exercent aujourd’hui les lobbys communautaires et les réseaux sionistes en Russie ? Comment jugez-vous la position de la Russie face à Israël ?
Je pense, de ce que je comprends de la situation russe, que la communauté juive organisée, puisque c’est comme ça qu’il faut l’appeler, est toujours puissante en Russie sur le plan économique, comme elle est puissante, voire dominante partout, mais que Vladimir Poutine lui a fait comprendre, depuis qu’il est au pouvoir, qu’elle ne devait plus se mêler de politique, compte tenu de ses responsabilités dans l’épopée bolchevique comme dans la période Eltsine, ce qui est d’ailleurs assez paradoxal puisque l’une était communiste et l’autre hyper-capitaliste ! Une situation actuelle forcément ambiguë, puisque le pouvoir économique se traduit forcément, à terme, par du pouvoir politique…
Quant à Israël, n’oublions pas que les juifs russes constituent une partie importante de la population israélienne, même si certains de ces Russes ne sont pas vraiment juifs ! Et que la politique russe en tient forcément compte, ce qui ne fait pas de la politique officielle russe une politique anti-israélienne. Disons plutôt qu’elle est anti extrême-droite israélienne et plutôt pro-iranienne dans le cadre des BRICS...
Après plusieurs mois sur place, quel regard portez-vous sur le quotidien des Russes dans un pays engagé dans un conflit majeur ? Les sanctions occidentales ont-elles un impact visible sur la vie du pays ?
Les Russes sont un peuple habitué à vivre depuis des lustres, pour ne pas dire depuis toujours, dans des situations extrêmes, tant sur le plan climatique que politique, la situation actuelle n’est donc pas ressentie par eux comme particulièrement grave, comparée à d’autres époques bien plus tragiques.
Pour parler de Moscou, puisque je ne connais vraiment que Moscou pour l’instant, la guerre ne se fait pas du tout sentir, sauf pour ce qui est des télécommunications, parfois perturbées à cause de la guerre des drones, qui a d’ailleurs tendance à s’intensifier…
Quant à l’impact des sanctions sur le pays, il est certain qu’après plus de quatre ans de guerre, même si ça reste encore une opération spéciale, les conséquences économiques se font forcément sentir, notamment sur l’emploi, l’inflation et sans doute l’investissement, l’argent qui va à la guerre n’allant pas ailleurs. Mais il n’y a aucune pénurie. Il s’agit plutôt d’un frein porté au rythme de son développement et c’est sans doute le but principal que poursuit l’alliance atlantique…
Les Russes conservent-ils cette fascination pour l’Occident qui marquait les années 1990, ou observe-t-on aujourd’hui une rupture culturelle et psychologique ?
Je dirai les deux. Le soft power occidental reste très puissant au niveau de la vie pratique : musique, vêtements, etc. mais paradoxalement, il s’accompagne d’un fort sentiment patriotique russe. Comme si cette culture américaine était plus perçue, notamment par la jeunesse, comme une culture universelle plus qu’américaine.
Quelle image la France conserve-t- elle auprès de la population russe ?
Une bonne image. La France est toujours synonyme de raffinement culturel et de talent artistique dans l’esprit des Russes qui font bien la différence entre la France, je dirais éternelle, et la France dégénérée de Macron. Malheureusement leurs références pour magnifier le pays remontent presque toutes aux années 1960 ! Ça va rarement, et à juste titre, au-delà des années 1980…
La Russie de Vladimir Poutine peut-elle réellement incarner une alternative civilisationnelle au modèle occidental ? Dispose-t-elle, selon vous, de la capacité et de la volonté de soutenir les mouvements de résistance nationale en Europe ?
Nous touchons là au vrai sujet. Même si Poutine porte ce combat par ses discours et sa personne, la Russie n’a ni l’envie ni les moyens de constituer un contre-empire, elle est fondamentalement dans une position défensive, dont elle aimerait d’ailleurs sortir…
Il ne faut donc pas que les mouvements de résistance nationale en demandent trop. La Russie actuelle est un pays libéral et moderne appuyé encore sur quelques fondamentaux traditionnels : différence des sexes, famille, patriotisme… mais nous ne sommes plus au temps de l’URSS où la Russie représentait une alternative globale et combattante à l’Occident capitaliste.
Selon vous, la guerre en Ukraine est-elle appelée à durer encore longtemps ? La Russie possède-t-elle les ressources politiques, économiques et militaires nécessaires pour en sortir à son avantage ?
C’est, je pense, le vrai sujet d’inquiétude. L’Occident, piloté par des États-Unis qui n’ont pas renoncé, malgré la présidence Trump, à leur politique impériale néo-conservatrice, ont désormais délégué à une Union européenne totalement soumise, une guerre d’usure et de long terme contre la Russie, qui se retrouve, de fait, dans un conflit qui dépasse de plus en plus une simple opération spéciale. Poutine se retrouve, de fait, pris dans le piège qu’il voulait éviter, et cette guerre, même s’ils la gagnent indéniablement sur le terrain, les Russes commencent à la perdre à un niveau supérieur, du fait même de ne pouvoir en sortir, d’être obligé d’y engager de plus en plus de moyens qu’ils ne peuvent pas engager ailleurs, notamment dans leur développement, avec face à eux une Union européenne qui met de plus en plus de moyens pour la faire durer, notamment avec la fourniture massive de drones qui ne partent pas que d’Ukraine, mais probablement aussi des pays baltes, et qui attaquent de plus en plus la Russie en profondeur, allant parfois jusqu’à paralyser Moscou au niveau des communications et du transport aérien…
Je pense malheureusement que, du fait de la volonté des élites occidentales, la Russie, qui est dès le début dans une position défensive face à l’Empire, ne va pas pouvoir échapper encore très longtemps, et ce malgré l’extrême retenue de Poutine, à la guerre totale, la vraie !
Alors qu’une crise économique et sociale semble se dessiner en Europe occidentale, quel scénario envisagez-vous pour la France dans les années à venir ?
Un scénario particulièrement noir fait de crise économique aggravée, due à nos élites traîtres, entraînant tensions sociales et identitaires extrêmes, dans un pays sans véritable contre-pouvoir organisé, et qui risque de déboucher sur une guerre sociale, civile et raciale. Un chaos programmé par ces mêmes élites traîtres prêtes à tout pour se maintenir au pouvoir en stérilisant tout combat politique cohérent contre elles...
Vos vidéos rencontrent depuis plusieurs mois un succès grandissant et vos analyses trouvent un large écho auprès du public. Cet exil a-t-il ravivé votre engagement intellectuel et militant ? Préparez-vous de nouveaux livres pour alimenter le combat des idées ?
Je pense que de plus en plus de gens, du fait de l’aggravation de la crise internationale et française, réalisent que mes analyses, qu’ils pensaient un peu monomaniaques et extrêmes, sont en réalité parfaitement mesurées.
Mon exil, qui me garantit une certaine sécurité, me permet en outre de les exprimer pleinement, ce qui était devenu impossible, sous peine d’incarcération immédiate non seulement en France, mais depuis peu en Suisse aussi.
Pour l’instant, les exigences de mon installation et ma nouvelle vie ne me permettent pas d’écrire, mais j’ai bien un livre en préparation, que je compte reprendre dès que possible, et qui va traiter des changements profonds qu’ont entraînés pour le monde les événements du 7 Octobre. Sujet ô combien dangereux mais ô combien déterminant pour comprendre une époque qui, à mon avis, s’approche à la fois de sa fin et de son paroxysme. Pour laisser place à quoi ? Bien malin qui peut le prédire !
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Soutien !
Alain Soral a besoin de vous. Il a besoin de ses équipes, de ses militants, et de tous les sympathisants qui veulent que le noble combat contre l’injustice se poursuive.
Ce soutien n’est pas que théorique, il est aussi matériel, puisque les justices française et suisse qui travaillent pour les puissances du mal veulent la fin de ce combat.
Survivre en pays étranger n’est jamais facile, et le président d’Égalité & Réconciliation n’a pas les moyens d’un Victor Hugo ou d’un de Gaulle !
Alors, participez à ce combat, devenu littéralement existentiel, dans un moment où la résistance devient mondiale contre les envahisseurs que tout le monde connaît.
C’est sur ce site que vous pouvez donner sans risque au dissident numéro un.
Les temps sont durs pour tout le monde, on le sait, mais ils sont encore plus durs pour ceux qui sont en première ligne !


et
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