La Chine, pour ceux qui n’y ont pas mis les pieds, comme nous, c’est une autre planète, un vaisseau spatial immense qui s’est posé en Asie, et dont l’ombre plane sur le monde.
On sait qu’ils sont là, on sait qu’ils vont tout bouleverser, on sait que notre vie va être frappée, et on attend ça en tremblant. Serrons très fort notre niveau de vie, avant qu’on nous l’arrache. Puisse la classe moyenne chinoise devenir assez riche avec des salaires corrects pour ne pas nous plomber !
Contrairement aux États-Unis qui parlent ou font guerre du matin au soir, la puissance chinoise n’a pas besoin de la violence pour s’imposer, elle s’impose naturellement, par la paix, le commerce, la route, le rail. Même Elon, qui était du voyage dans la valise de Trump, est soufflé.
— Elon Musk (@elonmusk) May 18, 2026
Politiquement, la Chine est vraiment redevenue l’Empire du Milieu, au centre du monde. Le barycentre s’est déplacé de Washington à Pékin, et le récent voyage de Trump, coincé par ses satanés Iraniens à Ormuz, est plus celui d’un quémandeur que d’un patron.
On dira ce qu’on veut du communisme chinois, qui a régné d’une main de fer de 1949 à 2001 (ou 1979 avec l’arrivée de Deng), date de l’entrée de la Chine dans l’OMC, mais malgré deux énormes trous noirs, le Grand Bond en avant de 1958 et la Révolution culturelle de 1966, il a remis ce géant asiatique sur pieds. Depuis, il ne fait que grandir. Et personne ne sait si sa croissance a une limite.
Juste après le passage de Trump, Xi a reçu Poutine. Le Figaro nous explique que Poutine a peur du rapprochement sino-américain (avec l’espoir d’un « G2 » proposé vicieusement par Trump), ce qui reste encore à prouver. Pour l’instant, le « partenariat sans limite » entre les deux grands est toujours d’actualité. Dans la même phrase ou presque, après « l’anxiété de Moscou face au rapprochement sino-américain », le journaliste rappelle que les deux hommes se sont rencontrés plus de quarante fois... Il y a pire, comme amitié fragile. Le China Daily écrit :
« Grâce à la direction stratégique de la diplomatie des chefs d’État, les relations Chine-Russie démontrent un haut niveau de confiance mutuelle et ont résisté aux fracas internationaux pour servir de stabilisateur de l’ordre de l’après-guerre. »
Heureusement, au Figaro, il y a encore Renaud Girard qui voit clair dans le Grand Jeu : c’est juste du bon sens, mais les médias mainstream l’ont abandonné depuis longtemps, pour se glisser dans la file des mendiants de la soupe oligarchique qui, chez nous, est israélo-américaine. Mauvais choix : le brouet immonde donne envie de vomir.
Diplomatiquement, la Chine est apparue au monde entier comme le seul des trois grands empires contemporains à respecter le droit international, au contraire de la Russie et de l’Amérique, qui se lancent dans des guerres sans prendre la peine de consulter le Conseil de sécurité de l’ONU. La plupart des pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et d’Amérique latine estiment que le droit international est devenu un instrument aux mains des puissants – qui ne le respectent que quand ça les chante – pour imposer leur vision aux faibles (exemple de la petite Serbie obligée d’abandonner sa province sécessionniste du Kosovo en 1999). La Chine a considérablement augmenté son prestige auprès de ces pays, en condamnant sans appel la guerre préventive israélo-américaine contre l’Iran.
Si la Chine n’a pas livré officiellement d’armes à l’Iran, ce qui est littéralement vrai, elle lui a fourni, avec son système Beidou, de quoi frapper plus précisément les intérêts US dans le Golfe. Et ça a tout changé, par rapport à 2025.
Militairement, la Chine a prouvé au monde entier l’efficacité de son propre système de navigation et de positionnement par satellites, dénommé Beidou (littéralement, en mandarin, la « Louche du Nord », l’équivalent de notre Grande Ourse). Le système chinois actuel Beidou-3, rival du GPS américain ou du Galileo européen, et reposant sur un ensemble d’une trentaine de satellites, opérationnel depuis 2020, offre une précision inférieure à 20 cm dans sa version militaire. Lors de la première guerre médique israélo-américaine, dite « guerre de douze jours » (juin 2025), les brouillages GPS effectués par les armées israélienne et américaine avaient considérablement déréglé les systèmes civils et militaires de repérage iraniens. Le passage à Beidou par les militaires iraniens lors de la dernière guerre, celle interrompue par le cessez-le-feu (provisoire ?) du 8 avril 2026, leur a offert une profondeur opérationnelle nouvelle et la capacité d’atteindre avec précision pas moins de seize bases militaires américaines dans la région. L’Iran avait acheté le système Beidou en 2021, mais il ne l’avait jamais encore utilisé. Depuis cette date, les Chinois ont massivement modernisé les infrastructures de l’Iran.
Là, on est loin du paysan chinois pieds nus millésime 1950 avec son sourire naïf, son chapeau de paille et son petit livre rouge à la main. La liste des gains chinois depuis l’accumulation des erreurs américaines est longue comme un jour sans riz. Et tout n’est pas que militaire dans cette affaire.
Financièrement, à la faveur de cette guerre, le yuan a progressé comme moyen de paiement international dans le golfe Persique. Il est bien sûr encore très loin du dollar, qui demeure la première monnaie de réserve et d’échange du monde. Mais la stratégie américaine de faire du dollar une arme (par le biais des sanctions, appuyées sur la prétendue extraterritorialité du droit américain) va à terme se retourner contre les États-Unis et profiter à la Chine.
Avant ce grand bouleversement, il fallait avoir un copain homo, juif, ou noir, pour être bien vu par la socioculture. Aujourd’hui, il nous faut un pote chinois. Nous, on a le vendeur de thés du coin, ça devrait le faire. Montebourg, lui, est devenu pote de Xi.
MADE IN MONTEBOURG - “Les Chinois ont montré à Donald Trump qu’ils étaient les patrons”, estime l’ancien ministre de l’Économie pic.twitter.com/xXU72db0wf
— BFM (@BFMTV) May 15, 2026
L’occupation chinoise vue par Jean Yanne et racontée par Heidi (1974)


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