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Délaissant un Milieu démonétisé, Ploquin furète du côté d’Epstein

Frédéric Ploquin est un spécialiste des truands, de la truanderie, un genre littéraire assez populaire en France. On admire les grands braqueurs, et on voue aux gémonies les petits dealeurs-tueurs des cités, cette piétaille qui ne vit pas 30 ans, comme de vulgaires Néandertal. Le vieux croco, lui, comme Jacky Le Mat, meurt dans son lit, dans sa rivière : il a bouffé tous les autres.

Delormeau casse l’ambiance : « On est quand même en train de dire depuis tout à l’heure “oh il était gentil, il était doux, il achetait des carottes, des machins”, il a quand même tué des gens, c’était un voyou, c’était le parrain de la pègre, enfin y a un moment faut remettre les choses en place quand même, ça reste un criminel ! »

 

Il faut croire que la truande politique est devenue tendance, que les stars du Milieu ont été remplacées, oubliées, ensevelies. Plus personne ne sait qui tient la DZ Mafia (procès de Félix Bingui du clan concurrent Yoda en cours), les chefs sont loin (au Maghreb) ou changent tous les ans, avec la pression policière mais aussi les carrières courtes.

Les concurrents pour les points de deal s’entretuent en plein jour, en foirant souvent les contrats. Normal, quand on envoie des mineurs faire le sale boulot, des civils morflent à la place des soldats.

 

 

Jacky bien, Epstein, pas bien

En réalité, l’ère des grands voyous est passée, les Francis le belge, les Jacky Le Mat – l’Immortel et ses 22 balles dans le corps –, les Vaujour, les Mesrine. Les dinosaures ont laissé la place aux mammifères, qui se sont par contre multipliés, démocratisation du crime et misère sociale obligent.

Dans la cité, c’est le foot ou la kalach, en exagérant un peu. Face au manque de figures, et de grandes figures – même le grand public ne connaît pas l’histoire des Hornec, pourtant relatée dans l’excellent Truands de Schoendoerffer (2007) –, Ploquin se rabat sur la truande politique, plus en vue, plus en people, plus en droits d’auteur. Et moins risquée si on ne touche pas au politique... profond.

 

 

Il y va avec prudence, car on peut vite toucher les barbelés électrifiés, il suffit de prononcer « réseau », « juif », « Mossad » ou « sionisme » et tout s’arrête, adieu promo, veaux, vaches, cochons, poulets. Bonjour poulets, plutôt. Les amalgames sont si vite faits, dans la tête du grand public et des agents de surveillance des médias.

C’est marrant, la prostitution qui n’avait pas l’air de le gêner avec Le Mat est devenue quelque chose de pas bien avec Epstein. Avant, Ploquin semblait du côté des truands, là, il devient un enquêteur policier dans l’âme. Il faut sauver les pauvres mannequins.

« Je traite l’affaire Epstein comme une affaire criminelle, comme une affaire policière. J’ai retrouvé toutes les victimes, j’ai retrouvé la trace des prédateurs, et je raconte quelque chose qui n’est pas une affaire américaine, mais elle est bien une affaire française. »

Ça alors, les bras nous en tombent. Il y aurait une affaire Epstein en France ? Au pays des droits de la femme ? Mais c’est impensable, mon cher Watson. Expliquez-nous ça. Soudain, Ploquin se ressent une empathie avec les putes du réseau Epstein, ce qui n’était pas le cas avec les putes du réseau Le Mat, toutes proportions gardées. Delormeau, aujourd’hui en cure post-coke, avait raison de rappeler que les prostituées étaient le fonds de commerce de l’Immortel, sans oublier les contrats et le racket. Ce qui fait sourire Ploquin, pour qui la figure du boss est intouchable : on a affaire à une star, presque un saint.

Ploquin nous explique qu’il connaissait cette affaire de mœurs (et de politique, mais dont il ne parle curieusement pas) depuis les années 80. Que n’a-t-il pas fait de livre dessus avant tout le monde ! Aujourd’hui, Epstein mort, ou en cavale dans la baraque de Barak, tout le monde se lâche sur Epstein, avec plus ou moins de prudence, car on ne touche pas au lobby juif international comme ça, faut des bonbons, et des garanties !

Poussard prépare un livre dessus, Anizon un doc sur Netflix, Endeweld quelque chose sur Maxwell, Raufer a fait le sien, Karl zéro a rendu sa copie, copiée sur ses voisins, comme d’habitude, et on ne compte plus sur Amazon les merdes clonées écrites sous IA, avec des noms d’auteurs amerloques, ça fait plus classe, et plus sérieux. Imaginez un livre sur Esptein écrit par Pierre Poupard...

Maintenant c’est décidé, on va écrire notre Epstein, mais on hésite encore sur le titre : Proxy proxo, Epstein, Einstein du cul, Jeffrey, t’es pas frais, Je suis pas Me too et j’t’emmerde, Connasses, La Barak à barbaque, Exfiltration, Je suis juif et je n’aime pas le manioc.

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7 commentaires

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  • Delormeau... N’est-ce pas un de ceux qui défendaient agressivement l’obligation de l’injection mortelle coco vide ? Lui aussi est un criminel ! Les petits esclaves du système sont partout, toujours recyclés, toujours présents, toujours prébendés et contaminent toute la société, bientôt affamée, mais quiètement endormie en attendant son abattage...

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  • Une dé-civilisation suit des étapes. On en est approximativement à l’avant-dernière. J’évalue ça à l’aune de l’anomie générale. Aujourd’hui, la "banalité du mal" se vend très bien, les masses errantes au milieu des décombres veulent s’occuper. Frémir de terreur ou de dégoût devant son écran est plus sécurisé que de se bouger les fesses et rejoindre un authentique mouvement de résistants actifs. Les hommes de 44 ont disparu, aujourd’hui on nous fabrique les nouveaux héros... M’Bappé, Nadal, les (formidables) frères Lebrun, etc. Ajoutez-y les "stars" de la pop beuglante empaillettées ou moulées dans du skaï de SM et vous coagulez des foules compactes dans des "zéniths" et des stades.

    La littérature exigente est passé en mode furtif (faut aller sur le site de Juan Asensio pour débusquer du bien-écrit), remplacé par le polar/thriller. Des tas d’enquêteurs retraités ou pas se piquent d’écrire des histoires vraies de tueurs et de criminels plus ou moins ordinaires ou sadiques. Les foules aiment ça... comme lorsqu’elles s’amassaient autour de la guillotine devant un condamné qui se faisait dessus.

    On est en droit de se s’interroger sérieusement sur la nature profonde de l’engeance humaine... autant de fascination pour l’horreur laisse perplexe.

    Cela dit, la ringardisation intégrale de la figure du Père, méthodiquement et habilement transformé en menace systématique pour toutes les meufs et tous les enfants n’est pas hasardeux, on le sait.

    Les livres sur l’horreur absolue Epsteinienne commence à sortir mais pour le moment on raconte ça sans jamais évoquer le noyau nucléaire. Ça aussi on a tous pigé. Alors les merdias, fidèles à leur servilité orientée, noie le gros poisson repoussant avec des criminels d’antan... ça fait des polars ou des récits d’enquêtes qui rapportent gras. On se rappelle de l’affaire Ranucci et du "best seller" Le pull-over rouge....

    C’était aussi l’époque où un autre livre avait fait un sacré tabac en France : "La nuit des généraux". Adapté au cinéma, on découvrait avec stupéfaction que derrière la guerre classique, les esprits tordus, sadiques, malades se lâchaient dans les coulisses des villes en ruines.

    Si "Quotidien" invite ce Ploquin, c’est bien pour éviter que les masses de jeunes ne réalisent que la France est la plateforme de l’horreur pédo. Vendre du truand rapporte. Vendre du mossadique tuerait le système politique français.

     

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    • Je partage ton analyse mais comment se révolter dans un monde où l’apathie est devenue la norme , où le culte de soi l’emporte sur toute autre considération ?
      On ne peut se révolter que seul et loin du tumulte ambiant —les réseaux sociaux…
      Il n’y a plus de révolte collective possible, ni même souhaitable —car le système excelle dans l’art de manipuler les masses.

    • @Sev Christian Combaz a rappelé avec justesse que toute cette littérature sur des tueurs et des criminels plus ou moins ordinaires ou sadiques a inondé le marché du livre dans les années 80.

      Au départ, les gens n’étaient pas accrocs à ces récits de tueurs en série, de psychopathes qu’un détective s’échine à retrouver pendant que les cadavres et les morts violentes s’accumulent.

      Comme le cinéma, il y a eu une colonisation des esprits ; les américains nous ont volontiers transmis leur culture faite de violence, de coups bas et d’hyper-spectacularisation.

      Ce n’est pas à vous que je vais apprendre combien le cinéma français des années 30 aux années 70 fut fabuleux, et que dire du cinéma italien, pour ne citer que lui… Or, tout cela a été balayé méthodiquement ; les films américains racontaient tantôt les serials killer, tantôt un héros qui tirait à lui seul plus de coups de flingue qu’une armée dans un combat de douze jours. L’ultraviolence pouvait nous rebuter : aujourd’hui, nous nous y sommes accoutumés car notre société est devenue aussi violente que la société ricaine.

      Et aujourd’hui, vous allez dans une librairie, qu’avez-vous pour les jeunes ? Soit du polar, soit de la dark romance ; en résumé, soit de la violence, soit du cul. Voilà ce qu’apprécient le peu de gamins qui lisent encore. Je dis gamin, mais il semblerait que certains adultes soient également accrocs à cette littérature.

      Derrière tout cela, c’est toujours le même plan qui est suivi, et les mêmes ombres à la manœuvre…

      @100 L’art de manipuler les masses n’est pas d’hier, il faut, hélas composer avec… La révolte, effectivement, est d’abord intérieure ; cependant, viendra un temps où un basculement surviendra et il faudra bien choisir un camp… Et ce sera le moment d’extérioriser tout ce que vous êtes et ce que ce monde, toujours en mouvement, vous a appris.

    • Les hommes de 44 ont disparu...

      Lesquels ?

      Ceux qui s’étaient engagés avant le 6 juin ou les profiteurs de la résistance qui, lorsqu’il n’y avait plus de danger, ont commencé des belles carrières ?

    • RÉPONSE à 100

      Vous posez la question centrale... et je serai bien en peine de vous répondre car j’ai également constaté l’anomie générale. L’effet "stratégie du choc", parfaitement bien expliqué par Naomie Klein (2007 !) a "remarquablement" bien fonctionné. Le covidélire a englué pour longtemps les esprits... malheureusement.

      Ce qui m’apparait le plus probable c’est que ceux qui ont compris que les révoltes d’antan sont vouées au fiasco optent pour le retrait (la retirada, comme on dit dans ma région). Les jeunes quittent le pays, on peut les comprendre, nous ferions la même chose si nous avions encore la vie entière devant nous. Les vieux friqués se sont installés dans des coins confortables et ont les moyens de leur "bunkerisation". Les autres, nous quoi, devons réfléchir avec ce qu’on a et ce qu’il nous est permis de faire... J’y pense personnellement quotidiennement. AS, qui a dû se replier en Russie, nous a déjà un peu expliqué les difficultés normales qui s’imposent quand on change toute son existence à partir d’ un certain âge.

      Le peuple français n’est pas le seul à demeuré collé en sidération et en anomie, nos voisins "zeuropéens" sont dans le même état. Voyez les grecs à qui le système à tout pris. Ils ont dû agir à l’urgence, partir vers les campagnes, se regrouper en famille ou quitter leur pays pour les plus jeunes.

      Hormis un "miracle" pour la France, je ne vois pas comment agir autrement...

  • Hum, dans le Film série noir (avec Dewaere) Poupard c’est Franck et pas Pierre !

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