C’était pas le moment de tuer la mère de sa fille et de s’enfuir en Algérie, si c’est bien lui qui a fait le coup. Karim, compagnon de Manon qui tenait un hara, s’est soudain sauvé en Algérie début avril avec sa fille de 15 mois. Un mandat d’arrêt international a été lancé par la France, et la police algérienne l’a appréhendé. Sa défense : Manon est vivante, mais cachée. Le niveau...
🔴 L'enquête sur la disparition de Manon Relandeau progresse. Le compagnon de l'agricultrice de 31 ans disparue fin mars a été interpellé lundi 27 avril, en Algérie, en compagnie de leur bébé. Le parquet de Nantes a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement. #JT20H pic.twitter.com/OaDEFv8Fyo
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) April 28, 2026
On ne va pas faire du people émotionnel ici ni du racisme anti-algérien primaire par amalgame, ce n’est pas le but. Juste replacer ce fait divers macabre (on imagine que Manon est morte, sinon les autorités françaises n’auraient pas lancé leur procédure) dans un contexte politique très spécial.
Inutile de revenir pendant trois heures sur le passé commun entre les deux pays, source de tensions, de rapprochements et d’exaspérations. Pour résumer, l’Algérie réclame des réparations à la France pour l’occupation de 1830 à 1962, pour des crimes de guerre et des tortures. En réalité, le pays n’existait pas avant 1830, mais il a été colonisé et structuré par la France, c’est là un point de confusion. La France a donné son nom et des frontières à l’Algérie, puis ce pays est devenu indépendant après huit ans de lutte de 1954 à 1962.
Depuis, les régimes plus ou moins militaires se succèdent, et malgré sa révolution, le peuple algérien n’est pas libre, sinon sa jeunesse n’irait pas émigrer en Europe, et surtout en France, juste par plaisir. L’avenir économique du pays est sombre (il dépend trop du gaz), malgré les ressources naturelles, et la démographie galopante n’arrange rien. Le pays déborde d’énergies et de blocages, ce n’est pas pour rien qu’il a connu sa révolution de Gilets jaunes, le Hirak, pendant deux ans (2019-2021).
Malgré tous les contentieux, Français et Algériens se mélangent, plus ou moins bien, sur le sol français. Une partie des millions d’immigrés algériens depuis 1962 est venue trouver du travail et fonder famille en France, c’est l’immigration de travail (années 60) suivie du regroupement familial (années 70). Aujourd’hui, c’est moins le cas, la France étant vue comme un refuge pour beaucoup de jeunes Algériens.
Les accords de 1968 entre les deux pays garantissent des droits spéciaux – une forme de réparations – aux Algériens en France, qui sont aujourd’hui mal vus par les identitaires français. La montée du RN et le durcissement de la droite Retailleau remettent ce statut en question. En gros, la droite nationale veut moins d’Algériens en France, qui forment une communauté parfois fermée à la communauté nationale. Est-ce par racisme, contentieux dû à la guerre, incompatibilité de cultures (le halal), différentiel économique ? En réalité plusieurs niveaux se mélangent.
Un état des lieux de la population carcérale dressé par le ministère de la Justice au 1er octobre 2021 révélait que les Algériens dans les établissements pénitentiaires français représentaient déjà 3 726 individus, soit 4,5 % des 82 932 personnes écrouées en France, toutes nationalités confondues. Les ressortissants d’Algérie sont ainsi la première nationalité parmi les détenus étrangers, au nombre de 18 568 en 2021. Des Algériens plus nombreux, à eux seuls, que l’ensemble des détenus issus de l’Union européenne et du Royaume-Uni dans nos établissements pénitentiaires. Leur proportion parmi les détenus étrangers atteint les 20 %. (Le Figaro)
Les faits divers viennent jeter un peu plus d’huile sur le feu quand il s’agit d’Algériens en France, de Franco-Algériens, ou de Français de fraîche date (la droite dure les appelle Français de papier). Récemment le pouvoir français s’est démené pour faire sortir l’écrivain Boualem Sansal de prison, en en faisant un héraut de la liberté, et aussi pour se venger du pouvoir algérien qui fait pression sur les Macron, on se demande bien comment...
Une fois libéré des geôles algériennes (en novembre 2025), Sansal est reçu en grande pompe à l’Académie française le 29 janvier 2026, le 13 mars il change d’éditeur (il quitte Grasset pour Fayard, qui paye mieux) et voilà qu’il déclare quitter la France qui l’emmerde pour la Belgique ou la Suisse !
Voilà qui confirme que ce clochard de Boualem Sansal est un corrompu qui n’obéit qu’à celui qui paye le +.
Gallimard lui a demandé quand il comptait quitter son appart prêté à son retour d’Algérie et Sansal, vexé, a signé un contrat d’1 million avec Bolloré pour se venger 🤣 https://t.co/RbQkWacfMX pic.twitter.com/2qjL9BBTxo
— moonbee (@BMoon_bee) April 27, 2026
Alger ricane : Paris cocufié à son tour
🚨📚 : Boualem Sansal intronisé à l’Académie Royale de Belgique🇧🇪 et jure fidélité à sa nouvelle patrie.
▶️Après avoir gentiment fait exploser le milieu littéraire français, trahi l’Algérie🇩🇿, planté son fidèle éditeur Gallimard📚, empoché 1 million d’euros💰 chez Bolloré… il… pic.twitter.com/5fBs1XeFNm
— 🇵🇸🇫🇷VoVI-V 🌏⚡️💥🍀1⃣7⃣-– Follow me 🇫🇷 (@ForVovi) April 28, 2026
Les identitaires algérophobes sont en PLS (Pierre Cassen a attrapé une migraine), même si la motivation de Boualem semble être plus fiscale qu’idéologique. Alors, quand un Karim fait disparaître une Manon, après l’avoir battue, puisqu’elle allait déposer plainte pour violences, ça sent la grosse goutte d’eau !
La guerre d’Algérie ? Un feu mal éteint que les autorités algériennes – très controversées chez elles – ressortent par démagogie à chaque élection, et que la droite française ressort elle aussi régulièrement, parce que c’est vendeur.
Cependant, derrière l’écran de chicanes, la vitesse à laquelle la police algérienne a chopé le Karim en question montre que la collaboration entre les deux pays, que ce soit de police ou de renseignement, reste étroite. C’est comme le couple : il n’y a pas de relation simple. On s’aime, on se déteste, on se tape dessus, France-Algérie c’est chien et chat.
Pascal Praud en guerre contre l’Algérie


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