La Seine, d’Apollinaire à La Douane
7 juillet 13:38, par carêmeC’est l’anti-gavroche, ce petit gros.
Gavroche qui a parfois faim, Hamza qui se gave.
Gavroche sans père ni mère. Hamza bien pourvu de parents complaisants.
Gavroche qui a reçu des raclées dans la petite enfance. Hamza que la police, les gogos, les bobos, le ministre et sa bande des quartiers Nord et Est flattent et dévergondent à tout va.
Gavroche agile comme un chat de gouttière. Hamza si pataud qu’il lui faut une chaise sur la trottinette pour y caler son popotin.
Gavroche qui mourra pour l’honneur. Hamza qui vivra pour endetter les autres.
Gavroche qui se protège des rats dans son éléphant en carton. Hamza qui fusille avec de l’eau sale.
Gavroche qui nous fait sourire. Hamza qui nous oblige à comparer.
Gavroche qu’on aime. Hamza qu’on voudrait bien voir ailleurs et même par-delà les mers.
"Un gamin d’Paris, c’est tout un poème. Dans aucun pays il n’y a le même..." chantait Mick Micheyl, célébrant la débrouillardise de nos minots et poulbots de jadis.
Aujourd’hui, un Hamza d’Paris c’est tout un carême. Si encore il était parisien. Mais partout en Europe des Hamza identiques.
Alain Soral et E&R
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