Répondre à un commentaire
Bonjour,
Je fête mes 20 ans de carrière, beaucoup de commentaire haineux sur ce site à notre égard. Pour moi le métier d’enseignant n’a pas été une façon ou une volonté de pérenniser le système mais une sorte de promotion sociale : bon élève en fac, sans aucun carnet d’adresse, j’avais le choix entre finir à l’usine ou devant une bande d’adolescent. Tout comme d’autres fonctionnaires (police, gendarmerie...) nous avons dû subir les dérives du système et les réformes idiotes. Pour beaucoup d’entre nous ce métier a été une façon de valoriser la méritocratie et le travail des citoyens, mais les temps changent. Une remarque : les élèves étaient surpris quand je leur ai dit que la moitié de la salle des profs votait extreme droite (oui oui, discrètement mais sûrement). Si la plupart d’entre nous avons été des bons suppots du système, force est de constater que les temps changent, même les syndicats les plus gauchistes commencent à revenir en arrière au sujet de thème clivants comme l’écriture inclusive (en fait je pense que le gauchisme d’une manière général est en train de mourir et s’accroche comme il peut à ce qui pourrait encore le sauver : féminisme, lgbtisme, mouvement woke...quand un noyé voit sa mort proche il se rattache à un fétu de paille en éspérant flotter mais il sait très bien que le sort en est jeté cf le succès du compte de sardine rousseau). Paradoxalement j’ai plutôt l’impression que l’on pourrait tirer quelque chose d’intéressant de ce ministère le jour ou on le purgera de ses employés gauchistes : les 800 000 fonctionnaires qui le composent ne servent pas seulement à faire des pièces de théâtres inclusives ou à organiser des voyages à auschwitz (cf sketch hilarant de Dieudonné) mais aussi à scolariser très tôt les enfants en bas âge (ben oui une institutrice avec 20 gosses coute moins cher qu’une garderie, c’est une exclusivité française qui semble couter cher mais qui en fait rapporte beaucoup). Une anecdote parmi d’autres pour illustrer ce phénomène, un collègue en seine saint dénis a vu tout son lycée débrailler suite à des agressions et "incivilités" internes, la police est venue pour... dire au prof de reprendre le travail car les vols et dégradations avaient triplés. Je rejoins donc en partie le point de vue du, très bon comme toujours, article, d’ER mais il est important de faire la part des choses. Oui la mort des profs entrainera avec elle la mort du système et s’est paradoxalement ce qui va, en partie, nous sauver